Le premier président

November 20th, 2009 by Jean-Pierre Rousseau

Feu sur le premier président du Conseil européen ! Herman van Rompuy est à peine désigné que la presse rivalise de traits d’esprit (?!) pour le dézinguer : personnalité falote, “anesthésiant”, inconnu au bataillon, ne fera pas d’ombre à Sarkozy ou Merkel, etc…

On peut quand même trouver des journalistes qui ne tombent pas dans le panneau. Dans Ouest-France par exemple : Qui est Herman van Rompuy ?

Moi non plus je ne connais pas le nouveau président du Conseil européen. Je l’ai observé, avec intérêt mais sans plus, depuis qu’il est premier ministre du Royaume de Belgique, je constate simplement qu’il est parvenu en douze mois à sortir le pays du marasme politique dans lequel il était plongé depuis 2007 et à surmonter la crise économique.

Comme le faisait remarquer un expert - Nicolas Sarkozy ! - hier soir après la désignation de Van Rompuy: “Si vous vous imaginez que (le nouveau président) manque de détermination et d’esprit de décision, vous risquez d’avoir des surprises…”.

Je pense, en effet, que, comme souvent (cf.mon billet d’hier !) il ne faut pas se fier aux apparences. HvR est un faux modeste, un faux austère. L’humour à froid dont il fait preuve dans ses réponses aux journalistes, son air de ne pas y toucher - il n’était pas candidat paraît-il à ce poste ! à d’autres…- ne sont pas ceux d’un aimable amateur.

La fonction est nouvelle. La décision a été prise par la totalité des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union en un temps record. Et si, pour une fois, on se réjouissait de ce message positif adressé par l’Europe au reste du monde et aux peuples européens eux-mêmes ? Et si, pour une fois, on faisait crédit au nouveau Président, à la nouvelle ministre des affaires étrangères, à la future Commission ?

Je sais, je suis d’une incorrigible naïveté !

Pudeur

November 19th, 2009 by Jean-Pierre Rousseau

Un blog est un journal, plus ou moins intime. Qu’on évoque un sujet, une tranche de vie, une idée, on révèle toujours un peu de soi-même.

Je parlais, dimanche dernier, avec une dame que je vois très souvent aux concerts de l’OPL, nous sommes rejoints par une amie aussi chère qu’exubérante… qui lui fait l’apologie de mon blog en des termes excessifs. J’en étais gêné. L’interpellée s’étonne : “Vous publiez un blog, me dit-elle, mais c’est étonnant venant de quelqu’un qui nous semble si réservé”…

L’adjectif était lâché : réservé. Hautain, froid, distant, indifférent, de quels qualificatifs ne m’a-t-on pas taxé depuis toujours ! Si je réponds que je suis timide, je fais immanquablement rire ou sourire, “vous si à l’aise pour prendre la parole en public, serrer les mains etc…” .

Une chose est d’assumer les charges de son métier et d’essayer de le faire bien. Une autre est d’être ce qu’on est profondément et qu’on réserve aux intimes.

Cela doit s’appeler la pudeur. Un mot, une notion bien galvaudés à notre époque d’étalage des sentiments, de voyeurisme médiatique, de bling bling généralisé.

La pudeur, ce n’est pas l’indifférence ou l’égoïsme. C’est, en tous cas pour moi, une marque de respect de l’autre, des autres, une volonté de ne pas s’imposer, de ne pas s’immiscer. Et, en retour, une capacité d’écouter, de recevoir, de comprendre l’autre tel qu’il est, et pas tel qu’on voudrait le voir.

Oui, je ne me livre pas facilement, je ne déballe pas mes émotions, “mes amours, mes emmerdes” (pour paraphraser Aznavour) sur la place publique. Quand on me parle, pour me dire souvent des choses très intimes, très personnelles, je ne répète pas, je ne commente pas, je n’étale pas. Peut-être est-ce pour cela que j’ai souvent été pris pour confident (confidence = confiance) ?

Je reconnais que cette réserve, cette distance, peuvent être intimidantes, et constituer un obstacle à la communication, à l’échange avec autrui. Y compris pour mes proches.

Maître Jacques

November 18th, 2009 by Jean-Pierre Rousseau

Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des coïncidences.

Dans le supplément Radio/TV du Monde du week-end dernier, je lis une interview de Jacques Santamaria, qui a adapté le roman de Modiano Un cirque passe pour un film de télévision signé Alain Nahum - Des gens qui passent - diffusé ce vendredi soir sur France 2 ( \”Du pur Modiano et du pur cinéma\”).

Avant-hier, je recevais une lettre du même Jacques Santamaria. Il ne m’en voudra pas de la dévoiler ici, tout amateur qu’il est comme moi de journaux et correspondances.

“Bien cher Jean-Pierre,

Un blog dans un vrai livre (*) ! La revanche de Gutenberg ! Pour quelqu’un comme moi qui n’approche pas à moins de trois mètres d’un ordinateur, que Facebook terrifie, que l’écriture SMS révulse, que le mail tétanise, c’est une victoire ! De surcroît, venant de toi et imaginant ton sourire malicieux, je suis comblé ! Je me suis plongé dans cette lecture. Les journaux intimes, les correspondances, genres littéraires à part entière, m’ont toujours été chers. Alors le tien, tu imagines ! …..Rien ne semble t’échapper, mais le plus réjouissant est que tu n’es jamais dupe…..Nombre de tes chroniques m’ont ému, celles où tu parles de toi, de ton enfance, de nos disparus. Je nous découvre un destin parallèle lorsque tu évoques ton père. J’ai aimé ce que tu dis de la Belgique, de Kathleen Ferrier, de Robert Soetens, de Georges Pompidou, des crooners (à ce sujet procure-toi vite les mythiques enregistrements de Tony Bennett avec Bill Evans de 75 et 76, enfin réédités en double CD). Bien d’autres billets m’ont réjoui, et en particulier tes chroniques gastronomiques ! (J’ai failli m’étrangler à propos du Nabulione, mais t’approuve sans réserve pour l’Auberge de la Butte et le Drouant de Westermann). Bref tous ces textes sont habités de ta chaleureuse présence d’honnête homme du XXIème siècle et c’est plus que réconfortant !…..

A cette lettre étaient joints plusieurs DVD (“le produit de mes années 2007/2009″) dont mon ami Jacques est tour à tour scénariste, adaptateur ou réalisateur, notamment une série qui a rencontré un succès public inespéré.

Mais, dans ce cadeau, un DVD me touche plus particulièrement :

Une prestation inoubliable de Michel Serrault incarnant le vieux philosophe des Lumières, Fontenelle, mort centenaire en 1757. C’est l’OPL qui avait, à l’époque, en 2000, enregistré la musique de ce téléfilm signée Alain Jomy… à la demande de Jacques Santamaria.

On dit souvent - et ce n’est pas toujours faux - que l’amitié véritable est un sentiment qui n’existe pas dans l’univers de la politique ou des médias. Je n’ai pas l’habitude de considérer comme des “amis” toutes mes relations de travail, passées ou présentes. Mais Jacques fait partie de ce cercle restreint, depuis que nous nous sommes connus par et à la radio et que nous avons, lui (directeur des programmes de France-Inter) et moi (à France-Musique) été virés en un quart d’heure il y a dix ans- comme tous nos collègues patrons de chaînes de l’époque - par un président de Radio-France dont j’ai, selon J.S., “brossé (dans mon blog) le portrait le plus juste et le plus décapant”.

(*) Jacques Santamaria fait allusion à la publication sous forme de livre de ce blog (pour la période 1er janvier 2007 / 31 août 2009). Publication décidée “à l’insu de mon plein gré (!)” par mes amis pour marquer ma première décennie à la direction de l’OPL. Lire mon billet du 2 octobre (2 octobre). Ce “livre” n’est (heureusement) pas à vendre ni disponible en librairie. Si certains lecteurs de ce blog souhaitent le recevoir, qu’ils m’adressent un courrier en ce sens à l’adresse suivante : adresse JPR/OPL .


Schumann (suite)

November 17th, 2009 by Jean-Pierre Rousseau

J’indiquais hier que, pour aborder la musique de Schumann, le Quintette pour piano op.44 est sans doute la meilleure des portes d’entrée. D’une variété, d’une richesse, d’un élan irrésistibles. Ce n’est pas pour rien qu’il a souvent été utilisé au cinéma.

Des auditeurs du week-end regrettaient de ne pas avoir trouvé le disque…avec les interprètes réunis autour d’Eric Le Sage. Et pour cause ! Puisque ceux-ci avaient organisé leur séjour à Liège - pendant dix jours - de manière à enregistrer les trios pour piano, le quatuor et le quintette. Ces chefs d’oeuvre seront donc publiés par ALPHA dans quelques mois, complétant ainsi la monumentale édition Schumann/Le Sage (20 CD !).

En attendant cette parution, on pourra se tourner vers quelques versions chères au coeur de tout mélomane.

RCA avait eu la géniale idée de faire se rencontrer le vieux Rubinstein et le tout jeune quatuor américain Guarneri. Il s’ensuivit, au milieu des années 1970, toute une série d’enregistrements de musique de chambre, que je place au sommet de ma discothèque. Ce disque en particulier qui rassemble le Quintette de Schumann et le 2e quatuor avec piano de Dvorak est une pépite.

Dans cette même collection, on trouve une sublime version du 1er quatuor avec piano de Fauré (donné dimanche par l’équipe Le Sage avant le Quintette de Schumann)

Pour Schumann, on ne passera pas à côté des versions “live” qu’a données Martha Argerich, rejointe par quelques talentueux amis. Pour qui cherche la fièvre, le feu, la fougue.

Martha Argerich, Renaud Capuçon etc.. dans le Scherzo du Quintette de SCHUMANN

A l’opposé de cette vision ultra-romantique, on écoutera avec beaucoup d’intérêt le rare enregistrement de Sviastoslav Richter et du quatuor Borodine. Si on osait le cliché, les tourments de l’âme slave prennent ici le pas sur l’essence du romantisme allemand.

Enfin, pour ne pas se cantonner aux prestigieuses versions du passé, un coup de projecteur sur un disque récent, qui met - à juste titre - en parallèle les Quintettes de Schumann et de Brahms.

Schumann d’exception

November 16th, 2009 by Jean-Pierre Rousseau

La fidélité n’est pas une notion vaine pour moi. Pas une fidélité obligée, de façade. Celle du coeur et du talent.

Eric Le Sage, je le connais depuis plus de 15 ans, je ne sais pas - et ce genre de classement ne m’a jamais intéressé - si c’est “le plus grand” pianiste, le plus récompensé, le plus glamour… Il est hors catégorie, c’est pour moi l’exemple du Musicien authentique, qui fait honneur au si beau et difficile métier d’artiste.  Et c’est un ami, précieux, fidèle, un vrai.

Il s’est lancé dans une aventure hors norme : l’enregistrement de l’intégralité de l’oeuvre pour et avec piano de Schumann - dont on va célébrer le bicentenaire de la naissance en 2010 - Cela donnera 20 CD, parus ou à paraître chez ALPHA. Dont quelques-uns enregistrés à la Salle Philharmonique de Liège (voilà le message que m’adressait Eric vendredi dernier : “je sais, je suis tombé amoureux de Liège et du son de la salle !”)

Cela a surtout donné cinq concerts d’exception, avec, rassemblés par et autour d’Eric Le Sage, une formidable équipe de musiciens que je veux tous citer parce qu’ils sont tous exceptionnels par leur talent certes, mais surtout - et c’était essentiel pour ce projet - par leur aptitude, leur gourmandise aussi, à faire de la musique ensemble. Par ordre d’apparition sur la scène de la Salle Philharmonique : Gordan NIKOLICH (violon), Bruno SCHNEIDER (cor), Christophe COIN (violoncelle), Paul MEYER (clarinette), Lise BERTHAUD (alto), Sylvain CREMERS (hautbois), François SALQUE (violoncelle), Daishin KASHIMOTO (violon) et Sarah NEMTANU (violon).

L’envie de cette intégrale de la musique de chambre avec piano de Schumann m’était venue de l’entreprise similaire qu’avait tentée la Salle Pleyel à Paris en 2007 avec les mêmes interprètes. La réponse du public parisien avait bouleversé les prévisions les plus optimistes. Je savais que le public liégeois aimerait cette aventure, même si cinq concerts “tout Schumann” deux week-ends de suite pouvaient effrayer.

On a rarement quitté les sommets pendant ce marathon, non pas que toutes les oeuvres proposées soient d’égale inspiration - mais Schumann reste Schumann même dans les pièces moins connues ou plus énigmatiques - mais des sommets d’émotion, de romantisme disons-le, le romantisme qui exalte les sentiments, l’intime, l’âme, et qui est tout le contraire du déballage, de l’étalage bling-bling.

De surcroît, cadeau fait aux Liégeois, Eric Le Sage et ses amis nous ont offert les deux quatuors avec piano  et le trio avec clarinette de Fauré, en miroir, en écho.

Parmi tant de moments de grâce, je retiens - sans doute parce que ces oeuvres me sont depuis longtemps familières et indispensables - le 1er quatuor avec piano de Fauré, le quatuor op.47 et le quintette op.44 de Schumann, et sans doute le premier trio.

Conseil personnel à ceux qui ne connaissent pas la musique de Schumann : commencer par le quintette avec piano. On est d’un bout à l’autre dans le chef d’oeuvre, pas le chef d’oeuvre qui impressionne, mais celui qui vous envahit, vous saisit à la gorge et au coeur. C’était le cas hier après-midi à Liège.

Les saisons du coeur

November 15th, 2009 by Jean-Pierre Rousseau

Je n’ai pas de goût particulier pour les commémorations ou les anniversaires. J’oublie d’ailleurs régulièrement - à l’exception du cercle de famille - de les fêter et je sais qu’on ne m’en tient pas rigueur.

Pourtant certaines dates sont inscrites, indélébiles, dans ma mémoire. Des jours de douleur intense. Ou des jours de bonheur immense comme ce 15 novembre.

Je répugne à l’effusion, à la démonstration. Déjà cette confidence publique, sur mon blog, n’est-ce pas un peu trop ?

Ces quelques photos d’hier et d’aujourd’hui valent mieux qu’une grande déclaration. Et ce quintette pour piano de Schumann, découvert ensemble et partagé ensemble à nouveau cet après-midi avec Eric Le Sage, Daishin Kashimoto, Sarah Nemtanu, Lise Berthaud et François Salque.

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La gare et les vélos

November 14th, 2009 by Jean-Pierre Rousseau

Depuis son inauguration, la gare de Liège, imaginée par Santiago Calatrava, n’en finit pas d’alimenter le débat. Dernier épisode en date : l’absence de parking à vélos. Et tous de s’indigner évidemment de cet “oubli”, la folie des grandeurs d’un côté, le mépris de l’usager de l’autre !

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On découvre, dans Le Vif/L’Express du 13 novembre, cet entrefilet :

LIEGE, SA GARE, SON PARKING VELO

“La semaine dernière, nous rapportions l’intervention au Parlement wallon de la députée Veronica Cremasco (Ecolo) qui regrettait l’absence de parking vélo aux abords de la nouvelle gare de Liège-Guillemins. Il s’avère pourtant que ce parking existe bel et bien. Alors qui condamner ? La députée verte, qui s’est insuffisamment renseignée avant de rédiger son interpellation ? Le ministre wallon de la Mobilité, les policiers liégeois et les nombreux responsables que Veronica Cremasco a interrogés sur le sujet, et qui ne semblaient pas davantage au courant de l’existence du parking ? Les concepteurs de la gare, auteurs d’une signalisation pas hyper-claire de toute évidence ? Ou le journaliste, qui ne s’est pas enquis de la réalité du terrain avant de relayer certains débats parlementaires ? Le lecteur jugera”. F.B.

On ne peut que louer le journal de cet “aveu” suffisamment rare pour être relevé. Combien d’informations sont aujourd’hui diffusées, amplifiées, déformées, sur la base de rumeurs, de “on-dit”, de faits inexacts, incomplets ?

P.S. Il n’empêche que la nouvelle gare n’est pas exempte de reproches. J’ai déjà signalé aux responsables que l’image de Liège et de ce nouvel édifice en prenait un coup auprès des voyageurs qui ont le malheur d’arriver ou de partir après 19h, surtout le week-end. Pas un point d’alimentation ou de presse ouvert dans toute la galerie commerciale… J’attends toujours la réponse (il faudrait peut-être faire poser une question parlementaire ?)


Aldo Ciccolini

November 13th, 2009 by Jean-Pierre Rousseau

Certains trouveront étrange que j’évoque la figure du pianiste Aldo Ciccolini dans la rubrique “Chers inconnus”.

Ce nom n’a jamais vraiment disparu des bacs des disquaires et depuis une dizaine d’années, la carrière de ce jeune homme de 84 ans a connu une sorte de revival impressionnant. Napolitain, naturalisé français en 1971, Aldo Ciccolini a enseigné pendant près de vingt ans au Conservatoire de Paris, et a, peut-être, sans doute, négligé de faire parler de lui, la “promo”, la pub qui entourent les stars, ce n’était pas vraiment son truc.

Il a été très vite catalogué “musique française”, son intégrale Satie, des Debussy, ses Saint-Saëns, pour EMI, l’ont désigné comme une référence pour ce répertoire. Mais ses Schubert, ses Liszt, ses Schumann pour le même éditeur? Un pianiste italo-français peut-il vraiment dire quelque chose dans ces répertoires d’élection des pianistes allemands?

Heureusement un petit éditeur suisse a pris le relais de la major britannique. Et Ciccolini a pu enregistrer pour Cascavelle une intégrale - inégale mais très originale - des sonates de Beethoven et surtout des Schumann, Grieg (les Pièces lyriques) et Chopin (les Nocturnes) absolument admirables.

Pour les Nocturnes de Chopin, c’est pour moi la référence moderne.

Dans les disques récents, réalisés à Montpellier à l’initiative de René Koering, on notera une rareté, Pizzetti, et un retour à des sources jamais abandonnées par Ciccolini, les 4e et 5e concertos de Saint-Saëns.

Mais la très bonne nouvelle concernant Ciccolini, c’est la parution, prévue ce lundi, d’un coffret de 56 CD (!!) comprenant la totalité de ses enregistrements pour EMI.

On y trouvera bien des trésors, comme les Variations symphoniques de Franck gravées… à Liège dans les années 1970, avec Paul Strauss et l’OPL, une intégrale des concertos de Saint-Saëns avec Serge Baudo et l’Orchestre de Paris - qui n’a jamais vraiment été égalée - et quantité de compositeurs et d’oeuvres que Ciccolini a contribué à ressusciter, Déodat de Séverac, Massenet, et tant d’autres.

L’Histoire pour tous

November 12th, 2009 by Jean-Pierre Rousseau

J’aime les ouvrages qui rendent intelligents ceux qui les lisent, qui comblent nos lacunes, qui répondent à notre désir d’apprendre, de connaître. Bref qui font de la “vulgarisation”, qui mettent la culture à portée du plus grand nombre.

J’aime l’Histoire, mais je mesure chaque jour la “vastitude” de mon ignorance, même si je me rassure en trouvant bien plus ignorants que moi, parfois à de très hautes fonctions (!!).

Dans une collection - publiée par Flammarion - qui nous a déjà donné plusieurs ouvrages très bien faits (comme Les 1001 oeuvres classiques qu’il faut avoir écoutées dans sa vie), j’ai repéré un gros pavé du même niveau, en dépit d’un titre toujours un peu racoleur : Les 1001 jours qui ont changé le monde

L’iconographie est comme toujours de très belle qualité. Les sujets touchent à l’Histoire, dans toutes ses dimensions, politique, diplomatique, scientifique, culturelle, sociologique. De l’âge de pierre à 2009 (l’accession de Barack Obama).

Seuls petits regrets : un curieux “vide” pour les premières années de notre siècle, et pas d’index par date (alors qu’il existe par années).

Au moment où l’on célébrait le 9 novembre les vingt ans de la chute du Mur de Berlin, l’eurodéputé Daniel Cohn-Bendit rappelait, dans un raccourci historique saisissant qu’un autre 9 novembre avait entaché de manière indélébile l’histoire du peuple allemand : la Nuit de Cristal le 9 novembre 1938. Un événement qui figure en bonne place dans ces 1001 jours qui ont changé le monde.


Les orchestres sur internet

November 11th, 2009 by Jean-Pierre Rousseau

Je viens de lire dans le supplément TV/Radio du Monde daté des 8/9 novembre un article que je m’autorise à reproduire ici intégralement et qui pose excellemment la problématique à laquelle les orchestres sont confrontés.

La crise financière n’a pas épargné les orchestres. Aux Etats-Unis, certaines formations symphoniques ont même dû mettre la clé sous la porte. Pour trouver un nouveau souffle, elles misent plus que jamais sur les possibilités offertes par Internet.

Le numérique permet de compenser la baisse de ventes des supports physiques. “Nous vendons maintenant chaque année davantage de téléchargements que de CD”, témoigne Chaz Jenkins, directeur du LSO Live, le label de l’Orchestre symphonique de Londres. Les majors de l’industrie discographique suivent le mouvement, à commencer par Universal qui, sous les étiquettes Decca et DG Concerts, distribue des enregistrements symphoniques “live” sur le Web. “Enregistrer un orchestre en studio coûte très cher et, paradoxalement, le public va aujourd’hui davantage vers le lyrique, le piano ou la musique baroque,observe Yann Ollivier, directeur d’Universal Classics France. Nous avons donc trouvé ce nouveau modèle économique, qui est en fait un ménage à trois. L’orchestre négocie avec ses syndicats des droits peu élevés, une radio fait la captation et, en tant que label, nous assurons la promotion et la diffusion sur le Web.” Parmi les prochains Decca Concerts figure un enregistrement de l’Orchestre national de France.

UN FINANCEMENT ASSURÉ PAR LE MÉCÉNAT

La vidéo est de plus en plus utilisée par les orchestres. Le Philharmonique de Berlinretransmet ainsi en direct sur son site Digital Concert Hall la quasi-totalité de ses concerts.”Depuis septembre 2008, nous avons six caméras installées dans la salle de la Philharmonie, que nous contrôlons à distance”, explique Tobias Möller, directeur du marketing au Philharmonique de Berlin. Le site a déjà accueilli 300 000 visiteurs uniques. ”Avec ce dispositif, nous espérons toucher de nouveaux publics”, poursuit Tobias Möller.

Afin d’attirer les jeunes générations vers le répertoire symphonique, les orchestres vont chasser sur leurs terres. C’est ainsi que l’Orchestre de Liverpool a récemment donné un concert “virtuel” sur Second Life. L’idée est aussi de créer une communauté autour des formations, d’où le développement des blogs, comme celui du Philharmonique de Los Angeles, sur lequel les musiciens décrivent leur vie en tournée. Dans le même esprit, on voit se multiplier les comptes Facebook et Twitter de prestigieux orchestres.

Le financement des projets sur le Web est le plus souvent assuré grâce au mécénat d’entreprise. La Deutsche Bank a par exemple alloué plusieurs centaines de milliers d’euros pour le lancement du Digital Concert Hall du Philharmonique de Berlin. De son côté, l’Orchestre de Paris a financé la réalisation de son site Internet avec le soutien de la banque d’affaire Natixis.

Après les ordinateurs, c’est désormais la téléphonie mobile qui est étudiée par les responsables des formations symphoniques. Le Philharmonique de New York vient ainsi d’être le premier orchestre à lancer son application pour l’iPhone.

Antoine Pecqueur.

Nous avons engagé depuis longtemps, à l’OPL, une réflexion sur les modes de communication de la musique à des publics qui, pour de bonnes ou de mauvaises raisons, ne se sentent pas spontanément concernés par nos répertoires, notre activité, nos propositions. Et, outil parmi d’autres, nous procédons en ce moment à une refonte complète de notre site internet.

Non pas pour suivre une mode, mais parce que, comme le souligne Antoine Pecqueur dans l’article du Monde, un orchestre qui ne s’adapterait pas en permanence (comme nous l’avons fait à Liège depuis dix ans) au monde tel qu’il est, aux pratiques de nos contemporains, serait condamné à disparaître à brève échéance.

Nous ambitionnons, avec certes beaucoup moins de moyens que Berlin ou Chicago, de proposer, d’ici cinq ans, la quasi-totalité de nos concerts et de nos séances “pédagogiques” - de type Dessous des quartes ou L’Orchestre à la portée des enfants - en diffusion haute définition sur internet. Et contrairement à ce que d’aucuns prédisent, une telle diffusion non seulement ne vide pas les salles de concert… mais les remplit de nouveaux spectateurs.

C’est un chantier enthousiasmant auquel, je le sais, les musiciens de l’OPL et leurs représentants sont tout à fait prêts à apporter leur contribution.