On ne se lasse jamais d’aller à Versailles, même si le domaine tend à se transformer en parc Astérix. On n’échappe pas à une sono surpuissante qui assène certes de la musique baroque au moment des grandes eaux. Insupportable…
En l’occurence, j’avais deux bonnes raisons d’y être ce samedi après-midi: les 20 ans du Centre de musique baroque, qui a fait un prodigieux travail de redécouverte et d’édition de la musique française des siècles de Louis XIII à Louis XVI, et le souvenir de quelques très beaux concerts. Et dans le cadre de cet anniversaire, et d’un week-end voué aux musiques du temps de Louis XVI, la présence du Concerto Köln dirigé par Louis Langrée, qui avaient fait étape à Liège vendredi soir et que je n’avais pu écouter pour cause de Musica strasbourgeoise.
L’orangerie du Château est de dimensions impressionnantes, un orchestre baroque y sonne avec aisance et volupté. Le programme offert par Louis (un prénom prédestiné pour Versailles !!) et la formation allemande est d’inégal intérêt: documentaire pour Vogel et Kreutzer, de la musique comme on en produisait au kilomètre pour divertir les soirées royales, évidemment plus passionnant pour les extraits d’Orphée de Gluck, et génial pour ce qui est de Haydn (l’une des symphonies “parisiennes”, La Poule). Manquait la musique de scène de Thamos de Mozart, donnée la veille à Liège, mais le concert devait être ici plus court. Louis Langrée était tout à son affaire, vif, poétique, élégant, inventif. On a été un peu déçu par le niveau global de l’orchestre, qu’on a entendu plus juste et cohérent en d’autres occasions.


