Archive for January, 2008

Scandales

Wednesday, January 30th, 2008

Heureusement qu’on a la télé et qu’on voit les vraies infos au journal télévisé ! Au moins ça alimente les conversations, tous ces scandales…

La Société générale? Il a bien raison le président Sarkozy de mettre le président Bouton à la porte, normal avec ce qu’il gagne le PDG de la banque doit sauter. Et tout ce qu’on nous a caché, hein ! Il faut bien un bouc émissaire non? La Société générale est une société privée, ses dirigeants ne dépendent pas de l’Etat, qu’importe…La deuxième banque française risque une OPA hostile, qu’importe…

France 2 présentait hier soir un reportage en caméra cachée sur le sort des SDF à Paris, la galère pour trouver un toit un soir ordinaire, l’hébergement dans un centre d’accueil dégueulasse (chapeau au jeune journaliste auteur de ce reportage), un vrai scandale cette fois! Et la réaction de l’ineffable Mme Boutin (dont on prétend qu’elle est ministre du logement et de la ville): “C’est bien triste”..et après une longue réflexion qui laissait supposer une forte annonce : “Le problème dans notre pays, c’est le logement”!!! On allait le dire…

Beaucoup moins grave, mais irritant aussi, tout le cirque qui entoure le 80ème anniversaire de Jeanne M., la star indépassable du cinéma français, la caution intellectuelle (si si!) de la gauche bobo, la pasionaria de toutes les causes perdues, forcément perdues, cette voix qui fait paraît-il frémir les journalistes du Monde et de Télérama réunis. Par galanterie, on évitera d’évoquer les ravages du temps (et du bistouri) sur la cible favorite de Laurent Gerra. On comprendrait ces tombereaux d’hommages s’ils honoraient une carrière particulièrement remarquable. Mais depuis “Jules et Jim” (il y a plus de 40 ans!) pas un grand film, pas un grand cinéaste…Les mythes ont la vie dure !

P.S. Amusant, le “scandale” révélé par internet des photos nues de Carla B. Est-ce bien convenable?

Fétichisme

Tuesday, January 29th, 2008
On apprend que ce matin plus de 300 objets ayant appartenu à François Mitterrand vont être vendus aux enchères: chapeaux, souliers, pantoufles, etc…On ignorait que tout cela fût encore conservé par sa veuve…douze ans après sa mort.

Il y aura des acheteurs, comme toujours dans ce genre de ventes. Il y a plus de fétichistes qu’on ne pense.

Je suis toujours étonné par cette manie qui consiste à collectionner objets, documents, lettres, autographes. Le public de l’OPL est moins excité que celui de Madonna, mais certains ont des albums complets de signatures d’artistes et/ou conservent jalousement les “dédicaces” qu’ils ont soutirées à tel chef ou tel soliste.

J’avoue ne pas partager du tout ce fétichisme; dans ma position, j’estimerais même complètement incongru de demander une dédicace, un autographe à un artiste que j’ai engagé et qui, le plus souvent, est un ami. Je n’ai pas besoin de cela pour nourrir ma mémoire de beaux souvenirs. Je n’ai fait que deux exceptions: après que j’ai organisé, pour leur 70ème anniversaire, des journées spéciales sur France-Musique, pour Pierre Boulez (en 1995) et Christa Ludwig (en 1998), l’une et l’autre voulaient me témoigner leur gratitude. J’ai pris, pour chacun, un disque auquel je tenais particulièrement, ils m’ont laissé un mot très gentil.

Ils ont aimé

Monday, January 28th, 2008
Prié par une journaliste de faire un premier bilan du festival “Amériques”, je ne lui ai pas livré de chiffres, que je n’ai pas en totalité, mais j’ai donné une impression. Celle que j’ai ressentie tout au long des dix jours (et soirs) passés: nous avons “rencontré” (un beau belgicisme) les attentes du public.

Hier après-midi encore, pour le dernier concert du festival, une salle pleine, avec beaucoup de familles et d’enfants. Si la première partie était inédite, des oeuvres pour orgue seul de Sowerby et Ives, la toccata festiva de Barber pour orgue et orchestre (impressionnante cadence jouée uniquement sur les pédales), la seconde était attendue, avec la Symphonie du Nouveau Monde de Dvorak.

J’aurais aimé moins de vigueur conquérante, et plus de poésie pastorale, mais c’était pour tous, musiciens et chef, la fin d’un marathon qui les a beaucoup sollicités. Et le public n’a pas ménagé ses témoignages de reconnaissance à leur égard; on sentait bien que les nombreux rappels finaux n’étaient pas seulement pour Dvorak mais pour dire “merci” pour tout le festival.

L’avenir de l’orchestre symphonique (suite)

Sunday, January 27th, 2008
Un “commentateur” parisien de ce blog se demandait pourquoi on n’organise pas de festival comme “Amériques”à Paris. Ce n’est pas tout à fait exact si on regarde la programmation de la Cité de la Musique, mais les grands orchestres restent désespérément traditionnels dans leur offre de concerts. Il est vrai aussi qu’aucune grande formation parisienne ne dispose de sa propre salle.

Le pari a été fait à Liège de rendre l’orchestre et la musique classique accessible au plus grand nombre. Pas en imposant un modèle unique, mais en diversifiant au maximum les manifestations, les horaires, les formats, les contenus. Et en faisant confiance au(x) public(s).

Le festival “Amériques” qui s’achève cet après-midi dépasse d’ores et déjà toutes nos espérances. Or, au moment où nous l’avons conçu, nous nous posions mille questions sur l’accueil qui serait réservé à certaines propositions “risquées” ou inhabituelles.

Ce samedi, deux fois salle comble, d’abord pour entendre Frank Braley seul (jamais un récital de piano n’avait atteint ces chiffres de fréquentation) qui avait construit un magnifique programme autour de Gershwin - et qui l’a expliqué simplement au public, puis le même pianiste avec l’OPL et Pascal Rophé dans la version orchestrale de Rhapsody in blue. Triomphe bien sûr, mais pas seulement à cause de cette oeuvre célébrissime: Appalachian spring de Copland et, encore plus, Amériques de Varèse étaient inconnues pour 95% du public. La modernité de Varèse en a certes bousculé certains, mais la qualité de l’interprétation, l’impressionnant flux sonore de cette oeuvre de…1930 ont balayé toutes les réticences.

L’audace d’une programmation est toujours payante, le respect du public aussi !

Jazz et police

Saturday, January 26th, 2008
Le titre de ce billet est un peu provocateur, je le reconnais. Mais on fait parfois d’une pierre deux coups.

La soirée d’hier à la Salle philharmonique, annoncée comme une surprise, n’en était plus vraiment une, puisque nous avions nous-mêmes laissé “fuiter”… l’information: ce serait bien du jazz, et pas des moindres, puisque Steve Houben et son quartet en seraient les hérauts ! Salle comble une fois de plus - ça devient une habitude à la Salle philharmonique ! - un “set’ d’une heure et demie, habilement composé de standards américains, d’une (trop courte) incursion dans la bossa nova façon Carlos Jobim et d’une oeuvre originale de Steve Houben.

Parmi les spectateurs, le chef de la police de Liège, fan de jazz (et d’autres musiques, m’a-t-il avoué!); je n’aurais pas manqué si belle occasion de lui faire part de mes remarques sur le stationnement sauvage aux alentours de la salle (cf. mon billet du 23 janvier). On verra dans quelques jours si mes arguments ont porté…

P.S. Merci à celles et ceux qui, sur ce blog, ou par courriel, témoignent de leur satisfaction, de leur bonheur même, de partager les moments de musique exceptionnels qu’offre ce festival “Amériques”.

Soledad

Friday, January 25th, 2008
J’en avais rêvé, ils l’ont fait ! Toute une soirée, de 18h30 à minuit, consacrée au tango par les fabuleux musiciens de l’ensemble Soledad. Il faut tous les citer: Manu Comté au bandoneon, Jean-Frédéric Molard au violon, Patrick de Schuyter aux guitares, Géry Cambier à la contrebasse et, last but not least, Alexander Gurning au piano.

Performance que d’enchaîner trois “sets” d’une heure magnifiquement construits avec des standards (de Piazzolla bien sûr), des pièces contemporaines de Frédéric Devreese, deux tangos de…Stravinsky, Alberto Iglesias, etc.

Performance aussi de jouer devant un public dont ni eux ni moi ne pouvions pressentir les réactions. On se pressait en rangs très serrés, la salle était comble à l’ouverture de la soirée, mais qui irait au bout de l’expérience? Réponse: plus de 400 personnes à minuit. Le public liégeois n’a pas fini de me surprendre.

Performance artistique surtout: les musiciens conquis par l’acoustique de la Salle philharmonique me confiaient avoir tenté des nuances, vécu une écoute mutuelle, qu’ils n’atteignent que rarement dans les lieux où ils se produisent ordinairement.

Des musiques à fendre l’âme, surtout quand s’élève le chant du bandonéon. Bouleversant.

Ce matin, comme en écho à cette nuit magique, je vois sur France 2 un reportage sur Buenos Aires - que je découvrirai comme les musiciens de l’OPL en août prochain - J’aime déjà cette ville…

Graphologie

Thursday, January 24th, 2008
Lors du dernier recrutement d’un collaborateur de l’orchestre, nous avions publié l’offre d’emploi en demandant une lettre manuscrite de la part des candidats. Beaucoup, autour de moi, s’étaient étonnés de cette “exigence”. D’autant que le clavier de l’ordinateur est aujourd’hui beaucoup plus utilisé que le stylo ou la plume…

Depuis tout jeune, je me passionne pour la graphologie, qui, à la différence d’autres “-logie”, est une démarche rigoureuse, scientifique. J’avais fait un test anonyme, en confiant une page de mon écriture à un expert… parce que j’avais des doutes. Je m’attendais à ce qu’on me renvoie un tissu de généralités, aussi sérieux qu’un horoscope ! En quatre pages, j’ai eu droit à une analyse fouillée qui m’a convaincu que l’écriture est vraiment le miroir, l’expression de la personnalité…et ne dissimule rien ! Ainsi les spécialistes (cf.certaines affaires judiciaires célèbres) distinguent toujours les écritures maquillées.

Pourquoi évoquer cet intérêt pour la graphologie (j’ai découvert, après sa mort, que c’était aussi une passion de mon père…qui avait une très belle écriture d’enseignant!) ? Parce qu’à de multiples reprises ces dernières semaines on a vu à la télévision des présidents, ministres, hauts responsables, signer des contrats, parapher des traités, devant les caméras. Et qu’il n’y a pas lieu d’être surpris du comportement et du caractère de certains (par exemple de Nicolas S.) quand on voit leur écriture et leur signature. On pourrait s’amuser à comparer les présidents successifs de la Ve République… 

P.S. Sur un sujet plusieurs fois évoqué ici, notamment l’avenir de TV5, je conseille la lecture du dernier billet sur le blog d’Alain Gerlache.

Coup de gueule

Wednesday, January 23rd, 2008
Rien ce matin sur la crise financière, la politique de Sarkozy ou les frasques de la bourgmestre de Huy.

Un coup de gueule (qui fait du bien !) sur l’incivisme ordinaire et l’indifférence des pouvoirs publics liégeois. Je traverse plusieurs fois par jour les terre-pleins situés au carrefour des boulevards d’Avroy et Piercot à Liège. Ce sont bien entendu des espaces réservés aux piétons, sur l’un d’eux trône même une statue équestre de Charlemagne…entourée de barrières métalliques d’un goût affirmé (Charlemagne menace-t-il de se casser la figure?).
C’est aussi l’accès au parc d’Avroy, complètement massacré d’ailleurs par d’une part la présence de la foire d’octobre puis d’un chapiteau de cirque jusqu’aux premiers jours de janvier.

Depuis que baraques et chapiteau ont disparu, ces places sont devenues des terrains vagues, des parkings sauvages envahis de voitures qui stationnent dans la plus totale illégalité. La police liégeoise d’ordinaire si prompte à coller des PV à celui qui dépasse de 5 minutes son horaire de stationnement ferme les yeux, laisse faire.

On peut bien dans les discours officiels vanter le redressement de Liège, évoquer les grands projets qui vont améliorer l’image de la ville. Tant qu’on se satisfait d’une ville salle, incivique, ce ne sont que des mots creux.

“C’est du sérieux”

Tuesday, January 22nd, 2008
On se rappelle la formule du président français pour qualifier sa nouvelle relation amoureuse…

On pourrait l’appliquer aujourd’hui à deux éléments de l’actualité:
- l’abandon (provisoire?) dudit président de la rubrique “people” des média et son retour aux “fondamentaux” de l’action politique: déplacements quotidiens sur le terrain, interventions ciblées, proximité affichée avec les citoyens
- la crise financière internationale qui démontre à l’envi que le politique, la politique n’ont plus depuis longtemps prise sur les mouvements de l’économie mondiale. Et a contrario que la création de l’euro et d’une zone euro puissante a, sinon mis à l’abri, au moins très largement réduit la dépendance de l’Europe à l’égard des Etats-Unis et du Japon.

P.S. Suite du festival “Amériques”: Alexander Gurning est décidément un magnifique artiste et un grand pianiste. Son récital d’hier d’oeuvres de Villa-Lobos, Guastavino, Saenz, Nazareth et Ginastera a été une révélation. On l’attend maintenant avec ses amis de Soledad jeudi soir pour une “nuit tango”

Révélations et confirmations

Monday, January 21st, 2008
Pourquoi le cacher? Je suis heu-reux au terme de ce week-end d’ouverture du festival Amériques. Mon “pressentiment” (cf.mon billet d’avant-hier) s’est confirmé: la fête était sur la scène, au foyer et dans le coeur des musiciens et des spectateurs de la Salle Philharmonique de Liège.

Je voyais bien quelques sceptiques à la perspective d’applaudir des fanfares, des harmonies en lieu et place de l’OPL samedi après-midi. Etait-ce bien raisonnable? Oui, trois fois oui, les ensembles que nous avons entendus sont d’une qualité exceptionnelle, ça swinguait, ça rumbait, ça brassait, ça rockait ! Et Stars and Stripes forever de Sousa joué par 150 musiciens sous la houlette de Pascal Rophé, ça avait une sacrée gueule. Une dame m’a avoué avoir été émue aux larmes: elle n’a pas été la seule !

Samedi soir, la fête n’était pas moindre: un Américain à Paris déchaîné, une belle virtuosité collective dans le bref et très réussi First Essay de Barber (un ami cinéphile m’a justement rappelé que David Lynch l’utilise dans Mulholland Drive). Je n’ai pas le même enthousiasme que certains pour le 2e concerto pour piano de McDowell, que je ne regrette nullement d’avoir programmé, mais c’est la vocation même d’un festival que de faire découvrir, d’ouvrir les oreilles…
Mention au tout jeune David Dewaste, qui officiait comme chef de l’orchestre en coulisses de Central park in the dark de Charles Ives.

Salle comble pour ce samedi, mais dimanche après-midi? Messiaen et ses gigantesques Des canyons aux étoiles (1h40 sans pause !) allaient-ils refroidir l’enthousiasme du public et vider la Salle philharmonique? Premier élément de réponse: le foyer était plein à craquer pour la conférence introductive de Claude Samuel, intarissable, et apportant d’intéressants éclairages sur la vie musicale américaine dans les années 60. Valérie M. qui tient, avec un sourire et une humeur toujours égaux (comment fait-elle?) la billetterie, me confiait avoir vendu près de 120 tickets juste avant le début du concert. Du coup, une Salle philharmonique bien garnie, et un public extraordinairement attentif et gratifiant les interprètes - exceptionnel Jean-Frédéric Neuburger au piano, formidable Bruce Richards au cor, tous les solistes de l’OPL, Pascal Rophé - de nombreux et enthousiastes rappels. Claude Samuel n’en revenait pas, la réputation d’aridité et de longueur des Canyons étant plutôt de nature à décourager le public.
Je ne suis pas - je l’ai déjà écrit ici - un fan de Messiaen, je ne dis pas que je n’ai pas décroché à tel ou tel moment de ce long concert, mais non seulement je ne regrette pas d’avoir écouté - et découvert - ces Canyons mais ils avaient toute leur place dans ce festival Amériques.

La fête continue aujourd’hui à 18h30 avec Alexander Gurning; Nazareth, Guastavino, Lecuona vous ne connaissez pas? Du piano aux couleurs latino-américaines. Juste pour le plaisir…