Revenons aux élections municipales d’avant-hier.
J’ai regardé d’un peu près les résultats de villes ou de candidats amis. Il y a des permanences que les fluctuations de l’opinion n’atteignent pas. A Evian, mon ami Philippe M. avait raté de 16 voix son élection comme Maire en 1989; cette année le maire sortant ne garde sa mairie qu’avec 33 voix d’avance sur sa concurrente.
A Annecy, où les appétits s’étaient aiguisés après le retrait de Bernard Bosson, maire de la ville de 1983 à 2007, le maire sortant est réélu dès le premier tour. On peut prendre bien d’autres exemples où le travail local, l’investissement du maire et de son équipe dans la transformation, l’embellissement de leur cité, ont été récompensés par les électeurs: Bordeaux, Lille, Paris, pour ne prendre que les plus illustres.
A Thonon, l’histoire se répète : le maire élu à cause d’une “triangulaire” en 1995, qui n’a donc jamais été soutenu par une majorité de la population, est de nouveau en tête du premier tour, mais avec moins d’un tiers des voix. Les deux listes concurrentes parviendront-elles à s’entendre pour prendre - enfin - la mairie?
Un rappel pour ceux de mes lecteurs qui ne sont pas initiés aux arcanes de la loi électorale française. Depuis les lois Defferre de 1982, le système électoral pour les élections municipales dans les communes de plus de 3500 habitants est juste et représentatif. Il assure à la liste (on ne peut ni rayer ni modifier les listes qui se présentent et doivent comprendre autant de noms qu’il y a de conseillers municipaux) arrivée en tête la moitié des sièges, l’autre moitié étant répartie à la proportionnelle de toutes les listes ayant dépassé 10% des voix. Ainsi la liste majoritaire est-elle assurée d’une confortable assise, mais l’opposition est bien présente et peut se faire entendre. Cela évite les conseils municipaux “monocolores” comme on en connaissait auparavant.