L’avenir de la télévision publique

Lu dans Le Monde du 12 mars une tribune signée du Président du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) français, Michel Boyon, sur l’avenir de la télévision publique :

http://www.lemonde.fr/archives/article/2008/03/12/tele-publique-quelles-exigences-par-michel-boyon_1021985_0.html

On n’est pas surpris de la clairvoyance et de la pertinence de l’analyse et des propositions. Et je trouve très sain qu’au lieu de s’abriter derrière une sorte de neutralité ou de “devoir de réserve”, le président de l’instance de régulation de l’audiovisuel prenne parti et rappelle les exigences du service public.

J’ajouterai, pour ma part, trois observations complémentaires.

Pour pouvoir répondre à ses missions, l’audiovisuel public (radio comme télévision) doit impérativement être géré comme une entreprise moderne, efficace, allégée des innombrables poids morts qui hantent encore bureaux, placards et studios. L’organigramme de ces établissements publics ressemble encore trop à une armée mexicaine. Il y aura sûrement des décisions impopulaires à prendre et à assumer

Parce que pour produire mieux, et notamment des émissions à vocation culturelle, pédagogique ou documentaire, il faut que les moyens financiers et humains soient recentrés sur le coeur de la mission de la télé et de la radio publique: la haute qualité des programmes.

Enfin il faut cesser de penser que la culture en “prime time” fait fuir les téléspectateurs. Le divertissement de qualité, c’est-à-dire accessible aux plus larges publics, fait aussi de l’audience! Pour ne prendre que des exemples récents sur France 2, les deux pièces de théâtre diffusées un samedi à 20h50, ont fait un carton, la série des Maupassant programmée le mardi soir est un véritable succès.

Reste encore un vrai effort à faire en matière de musique: je n’aurai pas des mots aussi durs que Jacques Drillon dans Le Nouvel Observateur pour parler de la dernière soirée des Victoires de la musique classique, dont je n’ai vu que la fin, mais ce n’est pas exactement cela qu’on attend de la télé publique. Pas non plus la retransmission, telle quelle, de concerts ou d’opéras. Non des émissions construites, élaborées, autour d’une oeuvre, d’un compositeur, d’un interprète. Est-on incapable aujourd’hui de concevoir, de produire des soirées comme Le Grand Echiquier de Jacques Chancel? C’était un autre temps, me dira-t-on, il n’y avait que deux ou trois chaînes publiques. Et alors? les téléspectateurs se forçaient-ils à rester assis devant leur poste à regarder et écouter Menuhin, Rubinstein, Karajan, Brassens, Rostropovitch, Devos, et tant d’autres, en direct?

Votre avis? vos commentaires?

2 Responses

  1. Anonymous says:

    Peut-on vraiment considérer que Maupassant avec Marie-Anne Chazel, c’est de la culture ? Ne croyez-vous pas que c’est l’effet “film en costumes” ?

  2. JPR says:

    Non je ne crois pas que l’aspect “film d’époque” suffise à expliquer le succès de cette série. Mardi dernier, il y avait plus de téléspectateurs devant France 2 que devant le match de foot sur TF1. Cela n’était jamais arrivé!
    Qu’une série de téléfilms fasse appel à des comédiens populaires, souvent à contre-emploi, non seulement ne me gêne pas, mais témoigne de la volonté des auteurs d’atteindre les plus larges publics: si les téléspectateurs regardent du Maupassant parce qu’ils voient les noms de Marie-Anne Chazel ou Régis Laspales au générique, tant mieux! Et la dame Chazel en Madame Husson était tout aussi crédible qu’en Zézette épouse X dans “Le père Noël est une ordure”.
    Que dire de l’immense Tsillia Chelton affrontée à François Berléand dans “Le petit fût”? Faudrait-il l’interdire au motif qu’elle a connu son unique succès populaire de cinéma avec “Tatie Danielle”?

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