Archive for April, 2008

Le petit miracle wallon

Wednesday, April 30th, 2008
Le quodien économique français Les Echos a consacré hier mardi une pleine page, dense et très documentée, au redressement de la Wallonie sous le titre “Le petit miracle wallon”.
L’auteur de l’article, Daniel Bastien, qui s’était déjà fait remarquer, il y a quelques mois, par un article très complet sur la Flandre, a réalisé une véritable enquête, et s’est aperçu que tous les clichés qui s’attachent à la Wallonie sont obsolètes.
Comme président de la chambre française de commerce et d’industrie des provinces de Liège et Luxembourg (en plus court CFCILL !!) j’avais reçu D.Bastien et lui avais dit ce que je pense depuis longtemps : les Wallons ont tous les atouts pour réussir. Il faut juste qu’ils s’en convainquent.
Partout le journaliste a entendu le même discours. La nouveauté ce sont les chiffres: l’espoir, la croissance ont changé de camp. La Flandre déprime, la Wallonie se redresse.

http://www.lesechos.fr/

Les illusions perdues

Tuesday, April 29th, 2008
Il y a un an, on était au milieu de l’entre-deux-tours de l’élection présidentielle française. Bayrou (et toute la classe politique avec lui !) n’en revenait pas de son score inespéré du 1er tour (18% des voix), Ségolène Royal qui avait longtemps surfé en tête des sondages croyait encore à une possible victoire, quant à Nicolas Sarkozy il s’apprêtait à concrétiser sa supériorité numérique et à satisfaire les foules qui le portaient inexorablement vers l’Elysée.

Trois quinquagénaires, pleins de projets, d’espoir pour la France, qui reléguaient au musée Grévin les septuagénaires qui avaient occupé le devant de la scène depuis les années 1980. Même Le Pen ou Laguillier ne faisaient plus recette.

Bref, un vent de renouveau soufflait sur l’Hexagone. Et les Français s’étaient remis à aimer la politique, puisqu’ils ont voté massivement à l’élection présidentielle.

Un an après, cruelle désillusion.

Bayrou a coulé ses coéquipiers, perdu un à un ses plus fidèles soutiens. Il se croit encore un destin. Il est le seul à y croire.

Royal espère prendre la tête d’un parti qu’elle n’a eu de cesse de contourner pour se faire désigner comme candidate…et qu’elle continue de contourner méthodiquement pour éviter de s’affronter aux mammouths, éléphants et autres éléphanteaux. Certes, elle a mieux géré son capital de voix et de sympathie que Bayrou, mais elle incarne, aux yeux de ses “camarades”, celle qui a…perdu l’élection présidentielle, la troisième depuis 1995.

Sarkozy semble, quant à lui, enfoncé pour longtemps dans l’impopularité. La presse ne se prive pas de rappeler que, jamais depuis les débuts de la Vème République, un chef d’Etat n’a connu d’aussi mauvais sondages un an après son élection. Le repositionnement “présidentiel” auquel il s’est contraint depuis quelques semaines, et qui devait se manifester avec éclat jeudi dernier lors de son intervention télévisée, n’a pas convaincu, loin s’en faut.

Je ne me réjouis pas, je ne me résous pas à cette grande désillusion, parce que c’est une fois de plus la démocratie, la politique dans son acception la plus haute, qui en font les frais. Et j’en veux, moi aussi, à François, Ségolène, Nicolas de m’avoir fait espérer une nouvelle ère qui n’était qu’un mirage.

La voix de Claudine

Monday, April 28th, 2008
Même fan absolu de Peter Sellers et du chef-d’oeuvre qu’est le film The Party de Blake Edwards, je n’avais pas porté une attention particulière à l’actrice interprète de l’unique chanson du film

http://www.youtube.com/watch?v=cak9bZpn4uQ
The Party

jusqu’à ce qu’un de mes amis me fasse découvrir, il y a quelques années, la voix et le talent de Claudine Longet. C’est peu de dire que j’ai été séduit.
Les disques de Claudine Longet ont longtemps été distribués de manière confidentielle; un jour Télérama s’est avisé de distinguer par sa plus haute récompense ce CD comprenant The complete Barnaby records sessions 1970-1974. La Fnac a été dévalisée
Cuddle Up With...: The Complete Barnaby Records Sessions 1970/74
Puis on a trouvé, non sans mal, les autres éléments - incontournables ! - d’une discographie aussi parcimonieuse que la carrière de Claudine Longet au cinéma.
Il faut dire que la dame traîne une réputation sulfureuse: même si, la soixantaine venue, elle coule des jours heureux à Los Angeles, la jeune Française débarquée dans les années 60 aux Etats-Unis a d’abord été la muse et l’épouse d’Andy Williams. Elle a ensuite partagé la vie d’un champion de ski mort d’une balle dans la tête dans des conditions jamais élucidées: accident ou meurtre. Cl.Longet a été acquittée au bénéfice du doute, mais sa carrière d’actrice et de chanteuse n’a pas survécu à ce tragique incident survenu en 1976.
Il reste cette voix incroyablement sensuelle et douce, sur des musiques qui portent certes la marque de leur époque. Vous aussi, vous allez aimer Claudine…
We've Only Just BegunThe Very Best of Claudine Longet
 

La société des jeunes pianistes

Sunday, April 27th, 2008
Je connais mal la littérature scandinave. J’ai accroché, il y a quelques années, au style et aux sujets souvent décalés du Finlandais Arto Paasilinna (“forteresse de pierre”). A recommander particulièrement Prisonniers du paradis ou La cavale du géomètre (coll.Folio). Mais je reconnais que j’ai encore bien des découvertes à faire…

Tombé par hasard sur un titre intrigant: La société des jeunes pianistes. L’auteur est norvégien, il se présente comme pianiste, compositeur et écrivain : Ketil Bjornstad. Une rapide consultation d’IStore témoigne d’une discographie importante et très…transversale c’est le moins qu’on puisse dire.

GraceWater Stories

Paru en 2004 à Oslo, traduit en français en 2006 (Ed. J.C.Lattès), édité en Livre de Poche, ce livre pourrait n’être qu’un récit autobiographique. Bjornstad a, en effet, gagné à 14 ans le grand concours des jeunes pianistes à Oslo. C’est beaucoup plus, et beaucoup mieux. Les musiciens se régaleront à lire ces pages au style âpre et sans fioritures. J’ai lu peu de pages aussi savoureuses, dures et vraies sur les heurs et malheurs d’une vie de bête à concours, peu de descriptions aussi vraies de l’univers des conservatoires, des concerts, d’un univers souvent absurde. Quant au public, il a rarement été portraituré de manière aussi juste et…injuste ! Ca grince comme un tableau de Munch.
La critique de l’ami André Clavel dans L’Express dit l’essentiel : “Histoires d’amour, histoire de deuil, histoires de musique…. son roman est parfois feutré comme du Vermeer, parfois criant de douleur comme une toile de Munch”.

La Société des Jeunes Pianistes

Bruxelles 1958

Saturday, April 26th, 2008
J’entendais un commentateur dire sur une chaîne française que, non seulement on ne vit plus que par et pour les anniversaires, mais qu’on les anticipe : Nicolas Sarkozy prié de faire le bilan d’un an de présidence…trois semaines avant le premier anniversaire de son élection, Mai 1968 multi-commémoré par d’innombrables ouvrages et émissions….des semaines avant mai 2008 !

En Belgique, on fait les choses en temps et en heure. L’Exposition universelle de 1958 a été inaugurée le 17 avril, et c’est très logiquement en ce mois d’avril qu’on voit fleurir ouvrages commémoratifs, photos, expositions, etc. C’est, faut-il le rappeler, à l’occasion de cette Expo qu’a été construit l’Atomium, aujourd’hui symbole universel de Bruxelles (comme la Tour Eiffel pour Paris en 1889). Je n’ai évidemment pas lu tout ce qui est sorti sur Bruxelles 58, mais j’aimerais conseiller un ouvrage en particulier, rigoureusement construit, sobrement présenté, et d’une riche iconographie. L’auteur en est Pierre-Jean Tribot, jeune historien… qui ne déteste pas la musique de surcroît ! Chapeau à lui et à son éditeur CFC ( www.cfc-editions.be )

Diapason d’or

Friday, April 25th, 2008
Dutilleux : Tout Un Monde Lointain - Trois Strophes - Caplet : Epiphaniediapasonor.gif

Pourquoi le cacher? Ca me fait, ça nous fait très plaisir de voir le “petit dernier” de l’OPL récompensé par un Diapason d’or dans le numéro de mai de Diapason. Ce n’est pas la première distinction de cette nature que reçoit l’orchestre. Le tout premier enregistrement de Pascal Rophé avec l’OPL, consacré à des oeuvres concertantes de Thierry Escaich, paru en 2002, avait également été couvert de récompenses.

Escaich - Concerto pour orgue / Symphonie n°1 / Fantaisie concertantediapasonor.gif

Mais ce magnifique disque Dutilleux (Tout un monde lointain) et Caplet (Epiphanie) autour du merveilleux musicien qu’est Marc Coppey est le fruit de la belle entente entre l’orchestre et son actuel directeur musical. C’est ce qu’écrit Benoît Fauchet dans Diapason : “Nous savions déjà l’Orchestre philharmonique de Liège acquis à la musique de son temps, mais la direction de Pascal Rophé l’amène à se surpasser: plus que du scrupule, de l’engagement…Un disque superbement cohérent”. Quant à Marc Coppey, on loue “la sensualité, la poétique vénéneuse ou la virtuosité grisante, jamais gratuite” de son jeu.
Et le “bonus” du disque est une rareté ô combien émouvante: un entretien de près de 45 minutes avec Henri Dutilleux, réalisé il y a quelques semaines au domicile du compositeur par Marc Coppey et Jean-Michel Nectoux.

The Darjeeling Limited

Thursday, April 24th, 2008
Shéhérazade de Rimski-Korsakov, Les chants de Hâfiz de Szymanowski, et une création pour ensemble traditionnel iranien et orchestre, sont au programme du concert de l’OPL ce vendredi à Liège. Orient mythique, rêvé, réel ?

Simultanément sort en Belgique un joli film au titre évocateur The Darjeeling Limited (traduit dans les salles de cinéma françaises par “A bord du Darjeeling Limited”).

The Darjeeling Limited est réalisé par Wes Anderson sur un scénario co-écrit avec Roman Coppola (le frère de Sofia et le fils de l’autre !) et l’un des trois acteurs principaux Jason Schwartzmann. Owen Wilson, Adrian Brody, Natalie Portman, Bill Murray et Angelica Huston complètent l’affiche. C’est moins l’intrigue - un peu mince - que le contexte qui m’ont intéressé: j’ai eu l’occasion de revoir des paysages, des visages, aperçus lors de mon récent séjour en Inde.

Image:Darjeeling Limited Poster.jpg
C’est en effet, à bord d’un train qui traverse tout le nord de l’Inde - et pas un train de “cinéma”, un de ces trains bondés, à plusieurs classes, qui sillonnent l’immensité de ce pays - que trois frères, qui se sont perdus de vue, se retrouvent, après le décès de leur père, à la recherche de leur mère (formidable Angelica Huston!) reconvertie en improbable mère supérieure d’un couvent/temple perché au sommet d’une aride montagne.
L’épopée ressemble un peu aux “Aventuriers de l’arche perdue”. On éprouve une sympathie immédiate pour ces trois fêlés. Wes Anderson a réussi à parfaitement intégrer acteurs et figurants indiens, à dépeindre la réalité des villages ou ville traversés, à restituer avec beaucoup de pudeur la cérémonie de crémation d’un jeune garçon que l’un de nos héros n’est pas parvenu à sauver d’une noyade.

Sûrement pas un grand film, mais un bon moment de cinéma… et de dépaysement pour ceux qui, comme moi, sont tombés amoureux de l’Inde.

Le président et moi

Wednesday, April 23rd, 2008

Non je ne suis pas devenu mégalo ! Je connais des présidents, on est toujours président de quelque chose, mais le goût m’est passé de frayer dans le sillage des puissants. Qui ne le sont pas toujours autant qu’on le croit !

Je voulais signaler un livre, un essai, dû à la plume d’un journaliste chevronné du Monde, Philippe Ridet.

Le président et moi

L’humour distancié de Ridet, à qui “on ne la fait pas”, rend ce document passionnant. Parce que, pour la première fois, en temps réel (et non à des années de distance comme dans des Mémoires), il décrypte, décrit, le rapport très complexe qu’entretient l’actuel président de la république française avec la presse. Oui, Ridet et Sarkozy se tutoient, c’était un “truc” du candidat pour créer cette proximité qui lui est nécessaire. Pour autant, nulle sorte de complaisance de la part du journaliste à l’égard de son “sujet”. Une sympathie sans doute pour un personnage truffé de contradictions, qui paraît ne connaître le monde qui l’environne qu’à travers ces journalistes qui le suivent. Il en ressort le portrait d’un homme beaucoup plus fragile, voire versatile ou immature, que l’image qu’en ont forgée les médias.
Pas très rassurant finalement.

P.S. Il y a des personnages qui sentent le souffre, et pour qui on peut néanmoins éprouver une certaine sympathie. Charles Pasqua est de ceux-là. Le premier tome de ses mémoires sort en édition de poche: à lire !
Ce que je sais : Volume 1 : Les Atrides, 1974-1988
On ne sait si le titre est une promesse…ou une menace !

Faux pas

Tuesday, April 22nd, 2008
On a le sentiment, certains jours, que les bourdes s’enchaînent aux maladresses. Ce lundi n’en était pas avare !

La fausse mort de Pascal Sevran : Europe 1 puis Laurent Ruquier en direct sur France 2 annoncent hier vers 19h le décès de l’animateur de télévision, jadis encenseur de F. Mitterrand. Avant de devoir démentir quelques minutes plus tard. Une nouvelle preuve des errements de la course effrénée à l’info, à laquelle n’échappe aucun média.
http://www.divertissonsnous.com/2008/04/21/pascal-sevran-mort-la-fausse-info-chez-ruquier-video/

Après l’épisode peu glorieux du passage de la flamme olympique à Paris et son cortège d’incidents, de manifestations, et de prises de position contradictoires (cf.mon billet du 7 avril), j’avoue ne rien comprendre à deux initiatives récentes: celle de Bertrand Delanoé qui a fait désigner le Dalaï-Lama comme citoyen d’honneur de la Ville de Paris (contre l’avis de plusieurs de ses adjoints et conseillers), celle de Nicolas Sarkozy qui envoie le très controversé président du Sénat français remettre une lettre d’excuses et des fleurs à l’athlète chinoise handicapée qui portait la flamme sur le trajet parisien.

La France est un grand pays, chacun le sait (!!!). Mais elle néglige souvent des détails…non négligeables ! Ainsi ce savoureux papier paru dans Libération hier, qui relate que les grands responsables de la future holding regroupant l’audiovisuel extérieur français ont juste oublié de déposer le nom de ladite entité FRANCE MONDE. Et que, bien entendu, des petits malins se sont chargés de déposer le titre et la marque, et qu’il est donc impossible à FRANCE MONDE de s’appeler désormais…FRANCE MONDE ! A quoi tiennent donc les grandes idées…

On nous bassinne depuis hier, dans tous les médias français, sur la crise du Paris-Saint-Germain. Puis-je avouer que je n’en ai vraiment rien, mais alors rien à cirer?

Standard hors norme

Monday, April 21st, 2008
Difficile d’éviter LE sujet du jour à Liège et en Belgique. Le Standard est, pour la première fois depuis 25 ans, champion de Belgique. On comprend le bonheur des Liégeois, qui ont un sens légendaire de la fête. On est plus réservé sur les débordements et les excès auxquels ce genre de manifestation de foule donne inévitablement lieu. Les rues de Liège ressemblaient, la nuit dernière, étrangement aux Champs-Elysées à Paris en 1998, lorsque l’équipe de France de football est devenue championne du monde.
http://www.rtc.be/content/view/4866/369/