Il y a un an, on était au milieu de l’entre-deux-tours de l’élection présidentielle française. Bayrou (et toute la classe politique avec lui !) n’en revenait pas de son score inespéré du 1er tour (18% des voix), Ségolène Royal qui avait longtemps surfé en tête des sondages croyait encore à une possible victoire, quant à Nicolas Sarkozy il s’apprêtait à concrétiser sa supériorité numérique et à satisfaire les foules qui le portaient inexorablement vers l’Elysée.
Trois quinquagénaires, pleins de projets, d’espoir pour la France, qui reléguaient au musée Grévin les septuagénaires qui avaient occupé le devant de la scène depuis les années 1980. Même Le Pen ou Laguillier ne faisaient plus recette.
Bref, un vent de renouveau soufflait sur l’Hexagone. Et les Français s’étaient remis à aimer la politique, puisqu’ils ont voté massivement à l’élection présidentielle.
Un an après, cruelle désillusion.
Bayrou a coulé ses coéquipiers, perdu un à un ses plus fidèles soutiens. Il se croit encore un destin. Il est le seul à y croire.
Royal espère prendre la tête d’un parti qu’elle n’a eu de cesse de contourner pour se faire désigner comme candidate…et qu’elle continue de contourner méthodiquement pour éviter de s’affronter aux mammouths, éléphants et autres éléphanteaux. Certes, elle a mieux géré son capital de voix et de sympathie que Bayrou, mais elle incarne, aux yeux de ses “camarades”, celle qui a…perdu l’élection présidentielle, la troisième depuis 1995.
Sarkozy semble, quant à lui, enfoncé pour longtemps dans l’impopularité. La presse ne se prive pas de rappeler que, jamais depuis les débuts de la Vème République, un chef d’Etat n’a connu d’aussi mauvais sondages un an après son élection. Le repositionnement “présidentiel” auquel il s’est contraint depuis quelques semaines, et qui devait se manifester avec éclat jeudi dernier lors de son intervention télévisée, n’a pas convaincu, loin s’en faut.
Je ne me réjouis pas, je ne me résous pas à cette grande désillusion, parce que c’est une fois de plus la démocratie, la politique dans son acception la plus haute, qui en font les frais. Et j’en veux, moi aussi, à François, Ségolène, Nicolas de m’avoir fait espérer une nouvelle ère qui n’était qu’un mirage.