Archive for May, 2008

Nettoyage de printemps

Saturday, May 31st, 2008
Week-end calme et laborieux en perspective, avec ce sentiment délicieux (et rare !) de ne pas devoir courir, se presser, pas de voyage, pas de rendez-vous, juste le concert que donne l’OPL demain à Bruxelles en clôture de “l’avant-première” du Festival de Wallonie ( www.festivaldewallonie.be )

Laborieux parce que je dois m’occuper d’un bureau/bibliothèque/discothèque qui ressemble à un entrepôt où s’entassent les piles de livres et de disques, acquis ces derniers mois. Il y a ceux qui attendent d’être lus ou écoutés, et les autres qui devraient être rangés méthodiquement…

Orage et désespoir

Friday, May 30th, 2008
Rubrique météo inhabituelle sur ce blog, mais hier on a bien cru, à Liège, que le ciel nous tombait sur la tête.

Certes, l’orchestre devait commencer les répétitions de la symphonie Pastorale de Beethoven (le 4e mouvement est simplement intitulé Orage), certes on compare souvent les chefs d’orchestre à des démiurges, mais de là à imaginer que l’arrivée de Pascal Rophé en gare de Liège en début de matinée allait s’accompagner d’un tel déluge… A 9 h du matin, il faisait nuit noire sur la Cité ardente, et pendant près d’une demi-heure, toute circulation à pied, à vélo ou en voiture s’avéra tout à fait impossible.

On frôla la catastrophe à la Salle philhamonique, avec des caves inondées à quelques centimètres des tableaux électriques. Tout le centre ville se transforma en lac, les routes et terrains s’effondrant aux alentours de Liège, à Tilff, au Sart Tilman. Vision de catastrophe. Comme le disait une personne interviewée par RTC, on voit à la télé les images de pays lointains, et soudain l’image devient réalité.

Liège touché par un orage important

Les reportages de la télé locale sont éloquents:
http://www.rtc.be/content/view/5205/166/
http://www.rtc.be/content/view/5199/166/

Je ne suis pas expert en génie civil, mais les inondations à répétition de tout le centre-ville de Liège dès qu’il y a une pluie un peu forte posent un problème majeur. L’explication fournie, lors de la précédente inondation… il y a moins d’un mois, par un responsable municipal  - la vétusté des collecteurs d’eaux usées - est un peu courte. A quand la location de barques pour circuler en ville? Ou une pétition pour la rénovation des égoûts de Liège?

 

 

Puccini

Thursday, May 29th, 2008
Ce matin envie de m’échapper du débat liégeo-liégeois sur la pétition etc. (cf.billets précédents), pour parler musique, et d’un génie universel - je pèse mes mots : Giacomo Puccini, dont toutes les maisons de disques et les magazines anticipent le 150ème anniversaire de la naissance, le 22 décembre 1858.

Je me souviens de discussions animées avec un ami, aujourd’hui hélas disparu, qui m’a, en grande partie, fait découvrir l’univers de l’opéra italien: il n’en avait que pour Donizetti, Bellini et Verdi. Rien pour Puccini, qu’il ne comprenait pas. Par esprit de contradiction, je me suis mis à écouter La bohème, Tosca, Madame Butterfly, sans comprendre grand chose d’ailleurs, puis j’ai vu une extraordinaire Turandot dans les Arènes de Nîmes (avec Gwyneth Jones dans le rôle titre !). Et j’ai poursuivi ma découverte de l’univers puccinien, avec une passion grandissante.

Plus tard, comme directeur de France-Musique, je recevais les producteurs qui souhaitaient traiter d’un sujet de manière approfondie dans le cadre d’émissions matinales de type Le matin des musiciens, et j’ai eu un jour la surprise d’entendre un excellent jeune compositeur, Gérard Pesson, me proposer une semaine sur…Puccini.  Puccini, ce compositeur de mélodrames à faire pleurer Margot, juste bon à trousser quelques Nessun dorma ou Che gelida manina ?! Inutile de dire que j’ai accepté avec enthousiasme la proposition de Gérard P. et que cette série fut une totale réussite.

Depuis, Puccini a été heureusement réhabilité. Même Gérard Mortier a consenti, pour sa dernière saison à l’Opéra de Paris, à programmer un compositeur qu’il déteste.

A lire le magnifique ouvrage de Marcel Marnat (Ed. Fayard)
Giacomo Puccini

Et à déguster, sans modération, les nombreuses rééditions, très bon marché, d’opéras proposées par les grands éditeurs

Puccini - The Great Opera Collection (Chez DECCA, une quasi-intégrale dominée par Tebaldi)


Une vraie intégrale proposée par BMG/RCA avec les opéras de jeunesse (Le Villi, Edgar) et plusieurs versions de référence signées Maazel

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Le piège

Wednesday, May 28th, 2008
A propos de la pétition en faveur de la candidature de Liège comme “capitale culturelle européenne” en 2015, j’écrivais ceci le 22 mai dernier: “On ne m’ôtera pas de l’idée que l’initiative liégeoise n’est pas dénuée d’arrière-pensées qui n’ont strictement rien de culturel.”

La lecture des commentaires postés sur http://blog.liege2015.eu/ après le Conseil communal du 26 mai, me donne malheureusement raison. On est bien loin du débat sur l’opportunité pour Liège de poser sa candidature, sur les avantages et les risques d’une telle initiative, sur les mérites comparés de Liège et de Mons (et d’autres). Et certaines positions révèlent une conception pour le moins étrange, voire inquiétante, de la démocratie. Pour schématiser, c’est, en gros : “J’ai signé la pétition, j’ai donc raison, et tous ces élus communaux qui n’ont pas voté en faveur de la pétition, ne sont que des ringards, des couchés, des nuls”. Sans parler des qualificatifs aimables dont on affuble le bourgmestre de Liège, et celui de Mons. 

Je pense que beaucoup de ceux qui ont, de bonne foi, et souvent avec enthousiasme, signé la pétition, doivent le regretter aujourd’hui, tant il est clair que celle-ci a été détournée du but que lui avaient assigné ses promoteurs.

Et si on en revenait aux véritables enjeux? Quelle culture pour Liège? Avec un vrai débat démocratique sur les attentes non seulement du milieu culturel, dans sa diversité, mais aussi des citoyens. Une mise en perspective et en cohérence des projets en cours (Curtius, Boverie, Opéra, Êmulation, Médiacité, etc.). Pourquoi pas des Etats Généraux de la culture en Cité ardente, comme ceux organisés, avec succès, en 2004 à l’échelon de la Communauté…

Préférer le développement durable au feu de paille d’un coup médiatique, et mettre toutes les énergies, mises à proposer une candidature hypothétique, à consolider, fortifier, valoriser le capital culturel considérable de Liège.  Voilà qui aurait du sens !  

Compétitions

Tuesday, May 27th, 2008
Est-ce l’accumulation du week-end dernier, mais j’ai comme un ras-le-bol de tous ces concours et compétitions qui dictent le rythme de la vie culturelle: Reine Elisabeth, Eurovision, Cannes ! J’ai même un spectateur du festival Brahms de l’OPL qui m’a écrit pour se plaindre qu’on ait programmé cet événement…en même temps que la finale du concours Reine Elisabeth !

Je suis, depuis longtemps, réservé, dubitatif quant à l’idée même de compétition dans le domaine de la culture. L’acte de création est par essence singulier, original, le talent de l’interprète est, lui aussi, unique, etymologiquement in-comparable. On me rétorquera que les césars, molières, oscars et autres primes festivalières ont le mérite de mettre en lumière des oeuvres, des acteurs, et de les propulser sous les feux de la célébrité. La belle affaire ! Combien de films primés à Cannes ont fait des bides complets en salles…

Plus près - géographiquement - de nous, combien de lauréats du concours Reine Elisabeth ont disparu, sitôt éteints les éclats éphémères d’une brusque renommée. D’aucuns critiquent le palmarès du tout récent concours de chant, mais comment imaginer une seule seconde qu’un concours de chant puisse produire un classement “juste”. Rien n’est plus singulier, individuel, personnel qu’une voix humaine, et ce qu’elle provoque chez l’auditeur.

Quitte à choquer, je ne vois pas de grande différence entre toutes ces compétitions, soirées de récompenses (Victoires de la musique, césars, molières and co) et les “Star academy” et autres “nouvelle star”.  La culture n’a que faire de l’esprit de compétiton, qui impose toujours un formatage réducteur.

Brahms en apothéose

Monday, May 26th, 2008
Jean-Marc Onkelinx m’a précédé sur son blog pour dire l’émotion ressentie ce week-end. Il n’était manifestement pas le seul hier soir, dans la Salle Philharmonique, à applaudir longuement celles et ceux qui nous ont offert un Brahms proprement inouï, Louis Langrée bien sûr et chacun des musiciens de l’OPL

Je n’avais jamais entendu pareille 4e symphonie. Un mouvement lent suffocant de beauté, un allegro initial sensuel, fusionnel, un scherzo virevoltant, d’une joie contagieuse, et un final tout simplement fabuleux. Le sentiment, partagé par tout le public, d’avoir vécu un de ces très rares moments qui se grave à jamais dans la mémoire.
A écouter absolument ce lundi soir sur Musiq”3  ( www.musiq3.be )

Bouleversés, nous l’avons été, juste avant cette dernière symphonie, par la Rhapsodie pour contralto chantée par l’immense Sara Mingardo

Pour ceux qui, comme moi, ont découvert l’oeuvre dans l’interprétation légendaire de Kathleen Ferrier et Clemens Krauss, c’était l’émotion à l’état pur, en totale osmose avec chef et orchestre. On sera plus réservé sur la prestation prosaïque des hommes du Choeur du Singverein de Düsseldorf.

Autre sommet de ce week-end Brahms, le Requiem allemand donné samedi soir. D’une oeuvre longue, trop souvent présentée de manière hiératique, pesante, Louis Langrée a proposé une vision d’une fluidité et d’une ferveur exceptionnelles. On a pu être un peu déçu de la prestation du choeur de Düsseldorf, pas complètement à la hauteur de sa réputation; en revanche, l’orchestre était tout sauf un accompagnateur effacé. Et les deux solistes (cf.mon billet d’hier) magnifiques.



(Photos JMD)

Sur les ailes du chant

Sunday, May 25th, 2008
Samedi en-chant-é, samedi tout en chanteurs.

A Liège d’abord, l’une de ces voix qui bouleversent dès la première écoute: Sara Mingardo, authentique contralto, donnait un récital, avec un formidable partenaire Jeremy Menuhin. Schumann et son cycle Frauenliebe und -leben, et bien sûr plusieurs mélodies de Brahms. Lumineux, à fleur d’émotion. La Rhapsodie pour contralto et choeur d’hommes de Brahms qu’elle chante cet après-midi promet encore d’intenses instants.

Hier soir, solistes d’un Requiem allemand - sur lequel je reviendrai demain -, les tout jeunes Hendrickje van Kerckove et Thomas Laske sont beaucoup plus que des talents prometteurs. Ce sont des chanteurs d’exception, qui feront, on le leur souhaite et on n’en doute pas, un magnifique parcours. Je me souviens de l’émotion qui nous avait saisis, Louis Langrée, Stéphane Dado et moi, lorsque nous les avions auditionnés il y a quelques mois. Les parties solistes du Requiem allemand de Brahms sont redoutables. L’une comme l’autre y sont souverains.

Au sortir de la Salle philharmonique, on avait le choix entre le Concours Eurovision de la chanson ou la dernière ligne droite du Concours Reine Elisabeth. J’avoue n’avoir pas attendu la proclamation des résultats de l’un et de l’autre.
Sur l’Eurovision, je persiste à ne pas trouver la manifestation d’un grand intérêt; où est l’originalité, la singularité, la diversité ? Pas surprenant que la France se soit plantée une fois de plus (on n’a que ce qu’on mérite d’envoyer un chanteur - qui, c’est vrai, ne manque pas lui d’une certaine personnalité - mais pourquoi en anglais?). Pour ce que j’en ai aperçu le trio russe, qui l’a emporté, méritait d’être distingué.

Mais le palmarès qui m’a le plus réjoui - même si je n’ai suivi les épreuves que de très loin - est celui du Concours Reine Elisabeth de chant. Bravo au ténor hongrois Szabolcs Brickner, premier prix, et surtout à Isabelle Druet ! Les spectateurs belges n’auront pas à attendre longtemps pour les retrouver: les Lauréats se produisent à la salle philharmonique de Liège le 4 juin prochain avec l’orchestre de l’Opéra royal de Wallonie (dir. G. Neuhold). Et Isabelle Druet sera la soliste du très beau cycle de mélodies de Zemlinsky sur des poèmes de Maeterlinck avec François-Xavier Roth et l’OPL, les 20 et 21 novembre prochains, à Liège et à Mons.

A tous ces magnifiques musiciens, je redonne à lire et méditer ce sublime poème de Heinrich Heine Auf Flügeln des Gesanges:

Auf Flügeln des Gesanges,
Herzliebchen, trag ich dich fort,
Fort nach den Fluren des Ganges,
Dort weiß ich den schönsten Ort;

Dort liegt ein rotblühender Garten
Im stillen Mondenschein,
Die Lotosblumen erwarten
Ihr trautes Schwesterlein.

Die Veilchen kichern und kosen,
Und schaun nach den Sternen empor,
Heimlich erzählen die Rosen
Sich duftende Märchen ins Ohr.

Es hüpfen herbei und lauschen
Die frommen, klugen Gazelln,
Und in der Ferne rauschen
Des heiligen Stromes Well’n.

Dort wollen wir niedersinken
Unter dem Palmenbaum,
Und Liebe und Ruhe trinken,
Und träumen seligen Traum.

Talents multiples

Saturday, May 24th, 2008
Début en fanfare du festival Brahms hier soir à la Salle philharmonique de Liège. Un public beaucoup plus nombreux que prévu, manifestement heureux de retrouver Louis Langrée. Bonheur partagé par les musiciens. Et, en effet, une magnifique Troisième symphonie de Brahms, d’anthologie ! Le Premier concerto pour piano, avec un Stefan Vladar qui connaît tous les coins et recoins de la partition, a pu en désarçonner quelques-uns, habitués à plus d’esbroufe et de pathos. Complicité soliste, chef, orchestre à son comble. Et une somptueuse 3e Consolation de Liszt en bis.

Comme dans les matches de foot, la troisième mi-temps est rarement triste. Vladar et Langrée avaient faim et soif après ce concert athlétique. A quelques dizaines de mètres de la Salle, le restaurant La tentation a parfaitement tenu ses promesses: une cuisine “fusion” très soignée, originale, un service impeccable. Et des convives qui n’engendraient pas la mélancolie. Le pianiste Vladar est aussi chef d’orchestre; la semaine prochaine il dirige rien moins que la 8e de Bruckner avec les Wiener Symphoniker. On aurait dû avoir micro et caméra pour capter la conversation entre lui et Louis Langrée, à propos de la 9e du même Bruckner: le premier l’a déjà dirigée, le second la donnera à Liège en décembre prochain. Les pièges de la partition, les difficultés de battue, le choix des tempi, finalement qu’est-ce que se racontent des chefs d’orchestre? Des histoires de chef d’orchestre…

Mais Stefan Vladar a un autre don: il imite à la perfection ses illustres confrères chefs d’orchestre. On a ainsi eu, quelques instants, le privilège de voir Gergiev, Barenboim, Karajan, Bernstein, Maazel, Mehta… Désopilant !

Une anecdote célèbre, rappelée par Louis Langrée : le grand chanteur Dietrich Fischer-Dieskau s’est aussi essayé à la direction d’orchestre (plusieurs disques en témoignent), avec des faveurs diverses. Un jour qu’il enregistre avec le vieux maestro Otto Klemperer, DFD vient respectueusement demander à son aîné s’il accepterait de venir le voir diriger. Klemperer consulte son agenda et répond à Fischer-Dieskau: “J’aurais bien voulu…. mais je chante Le Voyage d’hiver de Schubert le même soir !” Vraie ou apocryphe, l’anecdote est savoureuse.

Indiana Tintin Jones

Friday, May 23rd, 2008

Pause bienvenue au milieu d’une semaine chargée ! Je me suis laissé entraîner par une joyeuse équipe d’amis liégeois à découvrir l’une des nouvelles salles du complexe de la Sauvenière (cf.billet du 11 mai) pour voir le dernier Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal.

Si on en doutait, Steven Spielberg n’a rien perdu de sa formidable maestria. La musique de John Williams de sa force et de son originalité. Les héros? Fatigués? Certes Harrison Ford porte beau la soixantaine, et le film est plein de clins d’oeil, de seconds degrés. Personne n’est dupe, mais c’est justement ce parfum de nostalgie (l’invasion par le KGB d’une base secrète du Nevada !) et d’autodérision qui donne le ton de ce quatrième (et dernier?) épisode des aventures d’Indiana Jones. C’est Tintin et le temple du soleil version Spielberg.

Pourquoi je ne signerai pas

Thursday, May 22nd, 2008
Depuis une quinzaine de jours, je suis assailli d’amicales pressions visant à me faire signer la pétition pour “Liège capitale culturelle 2015″.

Je ne signerai pas cette pétition. Pour plusieurs raisons :

1. Déontologiquement, ni moi ni d’ailleurs aucun collaborateur de l’orchestre ne peut, ès qualités, engager l’entreprise, et si je signais un tel document de nature politique, on pourrait penser que c’est l’OPL in corpore qui signe. Impossible !

2. Si je peux comprendre l’enthousiasme que mettent certains à propager l’idée, je pense que c’est le type même de la fausse bonne idée, qui présente beaucoup plus de risques que d’avantages.

Un petit rappel historique: le 22 novembre 2002, jour de la Sainte-Cécile, patronne des musiciens, toutes les associations musicales de la Communauté, des plus modestes aux plus importantes (comme l’Opéra royal de Wallonie ou l’orchestre) s’étaient donné rendez-vous à l’Hôtel de Ville de Mons. Le choix du lieu et de la date n’était pas anodin: le bourgmestre de Mons étant le patron du PS, Elio di Rupo, le ministre des Arts et Lettres de l’époque, le libéral Richard Miller, étant aussi élu de Mons. Qu’étions-nous venus dire? Que nous voulions du respect et de la considération de la part des politiques, que nous ne voulions plus que la Culture soit éclatée entre plusieurs ministères et qu’on cesse d’opposer sans cesse les villes et les provinces entre elles. Car le grand jeu consistait à l’époque à pointer du doigt Liège qui, à cause (!) de l’Opéra et de l’Orchestre, consommait une grande part des subventions communautaires… Je me souviens du cri du coeur de mon ami J.L. Grinda, alors directeur de l’Opéra: “Assez de querelles sous-régionalistes” !

Pourquoi rappeler cet épisode ici? Parce que certains des promoteurs de l’idée de Liège capitale culturelle 2015 tombent exactement dans le même panneau. C’est en 2004 que le gouvernement de la Communauté a décidé de présenter la candidature de Mons pour être la capitale culturelle de l’Europe en 2015. On n’a entendu personne critiquer cette position !

On ne m’ôtera pas de l’idée que l’initiative liégeoise, quatre ans après, n’est pas dénuée d’arrière-pensées qui n’ont strictement rien de culturel.

L’intérêt de tous ceux qui soutiennent la vitalité culturelle de la Cité ardente est de soutenir… le projet Mons capitale culturelle 2015. Parce que c’est le seul qui a une chance d’être retenu (nous ne sommes pas les seuls en compétition !), parce que, face à la résurgence de la candidature de Mechelen/Malines, la division entre Wallons risque de se payer cher. Parce qu’enfin tout le monde sera impliqué dans l’aventure Mons 2015, et que les grandes entreprises culturelles communautaires (comme l’Opéra royal de Wallonie, l’Orchestre philharmonique ou le Théâtre de la Place) qui ont leur siège à Liège seront inévitablement des partenaires de poids et de choix du projet

En l’occurence, la fierté principautaire qui anime traditionnellement les Liégeois me semble contre-productive.

Ajouterai-je, enfin, que Liège a d’énormes chantiers culturels à mener à bien, que les moyens pour ce faire ne sont pas extensibles, ni même garantis, et que l’engagement, à retardement, dans un projet de type “capitale culturelle” , se ferait au détriment de réalisations aussi lourdes que: la rénovation complète de l’Opéra, l’installation du Théâtre de la Place à l’Emulation, l’ouverture du Grand Curtius, l’inauguration de la gare Calatrava et le projet de nouveau musée à La Boverie…  Entre nous, Liège n’a pas besoin d’une pétition… pour être reconnue comme une capitale culturelle !

Salle Philharmonique de Liège