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Buda-les-Bains

Tuesday, May 13th, 2008
Séjournant à Budapest, on ne peut éviter - ce serait dommage - ce qui fait la réputation de la capitale hongroise, outre le goulash et la musique: les sources chaudes. On en dénombre plus de 80 le long du Danube en contrebas de la colline de Buda. Ce sont les Turcs qui, les premiers, au XVIème siècle, ont eu l’idée d’exploiter les vertus thérapeutiques de ces eaux, très chargées de soufre, et d’édifier les premiers bains…turcs. Il en reste deux beaux exemples, même si la vétusté apparente des lieux n’est pas très engageante. Aux touristes, on recommande de visiter le fameux complexe Art Nouveau du Gellert, comprenant un hôtel au lustre bien fané et surtout de magnifiques bains et piscines
Bains Thermaux Gellert

En ce très beau lundi férié, j’ai préféré l’île Marguerite située au milieu du Danube, à l’écart des circuits touristiques, le rendez-vous des familles hongroises, des sportifs, des cyclistes. L’île est interdite à la circulation automobile. Une véritable oasis de calme, et au milieu, un gigantesque complexe nautique, le Palatinus, composé de multiples bassins, dont un thermal, avec une eau à 38° à l’odeur et à la teneur caractéristiques des bains de Buda. Excellente pour la peau.
 

Mais trève de soleil et de baignade bienfaisante, j’avais aussi prévu une visite à l’Opéra de Budapest, magnifique édifice qui ressemble comme deux gouttes d’eau à celui de Vienne, sur la belle avenue Andrassy (à moins de 100 mètres de la Salle Franz Liszt). Au programme, un opéra que les hasards des festivals et des saisons m’ont fait voir plus que de raison, Turandot de Puccini. Mais j’adore l’oeuvre - comme presque tout Puccini d’ailleurs- la modernité de l’orchestration et du récit dramatique.

Comme toujours à l’opéra de Budapest, pas de star internationale, la troupe locale… d’un niveau que bien des scènes occidentales pourraient lui envier. Le public a ses favoris, en l’occurence sa favorite, Ilona Tokody en Liu. On s’attend à une frêle servante, on a une femme d’une maturité rayonnante, Tokody rappelant plus d’une fois… la Callas. C’est elle l’héroïne incontestée de la soirée. La Turandot de l’inconnue Emese Pesti ne tient pas la distance: joli timbre, insuffisant pour cette tessiture écrasante, aucune présence en scène, une gestuelle mécanique. Quant au Calaf du vétéran Andras Molnar, n’est pas Placido Domingo qui veut. Mauvais soir sans doute pour le chanteur qui n’a pas réussi à sortir le seul grand air de la partition Nessun dorma, et qui était, de surcroît, accoutré comme un Robin des Bois de série Z. En revanche, splendide Timur de Kolos Kovats. Et très belle direction de Geza Török.

 


(Le célèbre Café…Callas à côté de l’Opéra)