Ce qui était alors imaginé comme un mouvement spontané de tous ceux qui grattaient une guitare, poussaient la chansonnette ou estropiaient un pîano à bretelles est devenu un véritable business, auquel nul ne peut échapper. Je comprends que certains amoureux de la musique…fuient le 21 juin comme la peste !
En même temps, l’expérience acquise au fil des ans a conduit les organisateurs à mieux équilibrer l’offre de concerts gratuits, à permettre à des artistes, des groupes, amateurs ou professionnels, de ne pas subir le diktat des décibels. J’ai le sentiment - sans avoir eu le temps de faire un tour complet de l’événement - que la Fête de la Musique 2008 à Liège répondait à ce souci d’équilibre.
L’OPL proposait, devant une Salle philharmonique archi-comble, deux oeuvres concertantes de Max Bruch, la romance pour alto, et le double concerto pour alto et clarinette, avec deux magnifiques solistes, l’altiste Arnaud Thorette, et le clarinettiste Jean-Luc Votano (soliste de l’orchestre).
Les deux oeuvres vont être enregistrées pour Cyprès, sous la direction de Pascal Rophé. En seconde partie, une 7e symphonie de Beethoven trépidante, battant des records de vitesse dans le dernier mouvement, qui a déclenché l’enthousiasme d’un public pour l’essentiel composé de non-habitués.
Si l’on doutait de l’utilité de la Fête de la Musique, avec sa profusion de manifestations gratuites, le bonheur de ce public suffirait à la justifier.
Il faut se réjouir de tous ces concerts gratuits offerts en deux ou trois jours et du bonheur ainsi répandu. Liège qui est connue pour sa convivialité et ses liesses populaires me semble pourtant rater le coche à l’occasion des fêtes de la musique et ce depuis plusieurs années. Je me bornerai à deux réflexions. Après une célébration familiale, ce samedi 21 juin, j’ai traversé la ville à pied, de Hors Château aux Chiroux, sur le coup de 22h30. Le temps était doux, le jour le plus long de l’année. Il n’y avait aucune présence visible des fêtes de la musique sur tout mon parcours. J’aurais aimé croisé un chanteur de rue, deux étudiants du conservatoire, un club de djembé … Certes, les lieux traditionnellement dévolus à la musique ont ouvert leurs portes chacun dans sa catégorie. Cela serait une fête de la musique si la musique descendait dans la rue, si elle allait au devant des passants, si les publics se mélangeaient. Il manque donc à ces fêtes de la musique liégeoise une âme, un peu de folie et d’esprit bon enfant. Etrange quand on connaît le peuple liégeois.
Place de la Contrescarpe à Paris, il y avait aussi la Fête de la Musique, pas exactement la même musique que l’OPL, mais un groupe doué avec d’excellents guitaristes (surtout le grand blond !!)
http://fr.youtube.com/watch?v=LcEKReQvzLw
http://fr.youtube.com/watch?v=aHA7twqK4eI&feature=related