On ne pouvait quitter Taormine sans assister à un spectacle au théâtre antique. A défaut d’opéra ou de concert (pas le temps d’attendre M. Maazel et ses symphonies de Beethoven) on nous annonçait dimanche soir “La fable d’Eros et Psyché”, un spectacle “total” avec musique et danse.
On a effectivement eu droit à la totale. Un sommet. Avignon, Aix, Montpellier n’ont qu’à bien se tenir, et les patrons français de la télé publique auraient bien fait de faire le déplacement pour voir ce qu’est un spectacle vraiment cucul-turel.
Résumons. En guise de danse, les nostalgiques des ballets d’Arthur Plaschaert qui faisaient l’honneur des émissions de Guy Lux dans les années 70, auraient trouvé la troupe un peu anorexique. Trois garçons, trois filles, accoutrés en shortys et bikinis achetés en gros chez le Tati italien, se mouvant avec une grâce insoupçonnable (d’ailleurs on ne l’a pas soupçonnée !) et une expression de candidats recalés (pour la dixième fois) du casting de Koh Lanta.
Apparaît Psyché qui se lamente d’être toujours vierge dans un palais d’or et d’argent (carton-pâte garanti premier choix) et qui jalouse ses soeurs d’être bien mariées… On comprend pourquoi !
Quand l’Amour apparaît, on est plus perplexe encore sur les raisons du choix de l’acteur-danseur (?) qui incarne (?) le rôle. C’est sans doute le patron de la troupe qui s’est distribué lui-même.
Le pompon survient avec un personnage, dont on comprend que, faute de crédits sans doute, il va aussi incarner une des deux soeurs de Psyché. En toge et fin collier doré. A côté de lui, Michel Serrault en César dans le film de Jean Yanne Deux heures moins le quart avant Jésus Christ fait figure d’austère.
Et la musique dans tout cela? Des chansons traditionnelles grecques, ou siciliennes? En rapport avec les lieux? Que nenni, de la plus pure variétoche dont même les ascenseurs des hôtels Formule 1 ne voudraient pas (ça tombe bien, il n’y a pas d’ascenseurs dans ces hôtels !).
Bon, on a tenu une heure pour voir jusqu’où on pouvait aller, et on a profité du reste de la soirée pour contempler l’Etna rougeoyant… On s’est quand même posé des questions sur la responsabilité de la programmation estivale dans un lieu aussi prestigieux que le Théâtre antique de Taormine.