Archive for July, 2008

Vive la Belgique !

Thursday, July 31st, 2008
L’éloignement des vacances ne m’a pas complètement coupé de l’actualité (merci TV 5 !). En rentrant à Liège hier soir, je vois un reportage sur France 2 évoquant l’éventuelle partition de la Belgique et le rattachement de la Wallonie à la France. 

Toujours les mêmes arguments, les mêmes clichés. Pas envie de me replonger dans un débat rebattu jusqu’à l’insupportable. On peut bien invoquer tel sondage (comme s’il était surprenant que les Wallons imaginent plus volontiers être rattachés à la France qu’aux Pays Bas !), telle donnée incontournable (oui la Belgique est flamande à 60 %), on n’a pas le droit d’abuser les citoyens par des idées simplistes, voire caricaturales.

Une Belgique confédérale pourquoi pas ? Mais la Belgique quand même !

 

Arnaque et fou rire

Tuesday, July 29th, 2008
On ne pouvait quitter Taormine sans assister à un spectacle au théâtre antique. A défaut d’opéra ou de concert (pas le temps d’attendre M. Maazel et ses symphonies de Beethoven) on nous annonçait dimanche soir “La fable d’Eros et Psyché”, un spectacle “total” avec musique et danse.

On a effectivement eu droit à la totale. Un sommet. Avignon, Aix, Montpellier n’ont qu’à bien se tenir, et les patrons français de la télé publique auraient bien fait de faire le déplacement pour voir ce qu’est un spectacle vraiment cucul-turel.

Résumons. En guise de danse, les nostalgiques des ballets d’Arthur Plaschaert qui faisaient l’honneur des émissions de Guy Lux dans les années 70, auraient trouvé la troupe un peu anorexique. Trois garçons, trois filles, accoutrés en shortys et bikinis achetés en gros chez le Tati italien, se mouvant avec une grâce insoupçonnable (d’ailleurs on ne l’a pas soupçonnée !) et une expression de candidats recalés (pour la dixième fois) du casting de Koh Lanta.

Apparaît Psyché qui se lamente d’être toujours vierge dans un palais d’or et d’argent (carton-pâte garanti premier choix) et qui jalouse ses soeurs d’être bien mariées… On comprend pourquoi !

Quand l’Amour apparaît, on est plus perplexe encore sur les raisons du choix de l’acteur-danseur (?) qui incarne (?) le rôle. C’est sans  doute le patron de la troupe qui s’est distribué lui-même.

Le pompon survient avec un personnage, dont on comprend que, faute de crédits sans doute, il va aussi incarner une des deux soeurs de Psyché. En toge et fin collier doré. A côté de lui, Michel Serrault en César dans le film de Jean Yanne Deux heures moins le quart avant Jésus Christ fait figure d’austère.

Et la musique dans tout cela? Des chansons traditionnelles grecques, ou siciliennes? En rapport avec les lieux? Que nenni, de la plus pure variétoche dont même les ascenseurs des hôtels Formule 1 ne voudraient pas (ça tombe bien, il n’y a pas d’ascenseurs dans ces hôtels !).

Bon, on a tenu une heure pour voir jusqu’où on pouvait aller, et on a profité du reste de la soirée pour contempler l’Etna rougeoyant… On s’est quand même posé des questions sur la responsabilité de la programmation estivale dans un lieu aussi prestigieux que le Théâtre antique de Taormine.

Week end à Taormine

Monday, July 28th, 2008
Lecture et bains de mer au programme de ces derniers jours en Sicile. Dans un lieu qui doit être magique…en dehors de l’affluence estivale!

On continue de le nommer “teatro greco” alors que ce fameux théâtre en surplomb de Taormine a été complètement refait par les Romains (avec un mur de scène qui cachait la vue sur la baie !). Lorin Maazel y donne l’intégrale des symphonies de Beethoven en août. (A quel prix les places?)

L’Etna est toujours visible de Taormina, la nuit le spectacle est fascinant, le sommet et une longue faille sur les pentes rougeoient. Le jour la vapeur d’eau s’échappe parfois sous forme de jet comme sur cette photo: le sommet de l’Etna est presque toujours dans les nuages…. ceux qu’il fabrique lui-même !
 

Heureux comme Maupassant

Sunday, July 27th, 2008
Un ami a eu la bonne idée de me conseiller un petit bouquin publié par Magellan et Cie (coll.GEO)constitué d’extraits de “La vie errante” de Maupassant au moment où celui-ci découvre la Sicile. Je le lis en fin de séjour, confrontant mes impressions à celles de l’illustre écrivain qui versent souvent dans le dithyrambe. Mais ses enthousiasmes sont aussi les miens!

J’ai tant aimé voir Syracuse…

Thursday, July 24th, 2008
Je ne sais pas si c’est la popularité de la célèbre chanson d’Henri Salvador et Bernard Dimey, fredonnée par Salvador lui-même, Montand ou Sablon, qui attire en masse les Français dans la belle cité sud-orientale de la Sicile… Des touristes bien mis, discrets, instruits (je plaisante) comme il se doit dans une ville si chargée d’histoire et de beautés architecturales.

On y a donc passé queques heures, et singulièrement dans la presqu’île d’Ortigia, un dédale d’églises, de palais et de rues baroques, presque trop rénové et propre pour être authentique. Quel contraste avec Palerme!

La cathédrale de Syracuse reconstruite au XVIIIème siècle sur l’emplacement du temple d’Athéna (plusieurs colonnes originelles sont reprises dans les murs porteurs)
 
Les restes du temple d’Apollon

Sur l’Etna

Wednesday, July 23rd, 2008
Mélange d’excitation et d’appréhension à l’idée de faire l’ascension de l’Etna ce matin. C’est l’attraction touristique par excellence et on pouvait se demander si les cratères du plus haut volcan d’Europe ne ressembleraient pas au métro parisien aux heures de pointe… On a donc décidé d’y partir tôt. Bien nous a pris, le temps était dégagé - alors que le brouillard ou les nuages sont fréquents sur les sommets (3400 mètres quand même. Peu de monde et un guide expérimenté parlant un français parfait.

Ce qu’on voit dès l’arrivée au refuge du bas, et ce qu’on éprouve à contourner certains cratères récents est tout simplement unique. Magique. La dernière grande éruption date du dernier trimestre 2002, trois mois d’explosions et de jaillissement d’une lave en fusion qui avait tout emporté sur son passage, téléphérique, refuges, stations intermédiaires. Les plus récentes coulées datent du printemps et de l’automne…2007 et sont évidemment parfaitement visibles.

 

Si la visite de l’Etna n’a rien à voir avec l’ascension du Mont Blanc, on est tout de même prévenu d’avoir à bien se chausser, de prendre un vêtement chaud (quand le vent se lève, la température en haut ne doit pas excéder 5 ou 6 degrés même en plein été), bref de s’équiper un tant soit peu. Il n’empêche qu’on découvre dans le groupe deux jeunes donzelles en tongs et T-shirt (nombril découvert bien évidemment) et qu’à la redescente, on verra dans une voiture qui s’apprête à monter un bambin d’à peine deux ans en sandalettes découvertes. Pour marcher sur des cendres encore brûlantes, c’est tout indiqué….

Catane la belle

Tuesday, July 22nd, 2008
“Morose, ingrate, oppressante”, “immeubles décrépits, teint crépusculaire”, le pourtant très sérieux Guide Michelin n’est pas avare de clichés négatifs sur la deuxième ville de Sicile, où l ‘on a fait étape, avec l’intention de gravir l’Etna.

Je garantis que les photos ci-dessous sont authentiques, ont été prises hier en fin d’après-midi, et n’ont pas été retouchées par l’office du tourisme local !! Un peu comme Saint-Pétersbourg, Catane doit la beauté de ses perspectives et de ses bâtiments à un grand architecte, Viccarini, qui a reconstruit la ville au XVIIIàme siècle après un terrible tremblement de terre qui en avait détruit les deux tiers. Foisonnement du baroque, magnificence des façades dans la principe rue de l’Etna, sur la place de l’Université…

L’enfant du pays

Monday, July 21st, 2008
Si j’aime depuis longtemps les opéras de Bellini, admirant, comme son contemporain Chopin, son art du bel canto, j’avoue que je n’avais jamais fait attention au lieu de naissance du compositeur. En arrivant à Catane, il était impossible de ne pas remarquer la fierté de la ville à l’égard de l’illustre enfant du pays, né dans l’actuelle rue Victor-Emmanuel en 1801 et mort seulement 34 ans plus tard.

Bellini repose au milieu de la splendide Cathédrale. A quelques dizaines de mètres du très beau théâtre qui porte son nom et qui propose tout l’été des spectacles en plein air. Déception en revanche de ne trouver aucune discographie intéressante dans le seul magasin Ricordi de Catane.

Caltanissetta Enna et Calascibetta

Sunday, July 20th, 2008

Trois belles dames siciliennes à peine mentionnées dans les guides, totalement ignorées des touristes. Trois fières cités perchées sur des pitons impressionnants dominant de somptueux paysages. Au centre de la Sicile
 

Dimanche, après avoir quitté à regret la côte agrigentine, nous découvrons d’abord Caltanissetta, vide et morte comme un dimanche après-midi, quelques belles façades baroques. Ce n’est rien en regard d’Enna, où une église romane jouxte une église normande qui jouxte un château médiéval. La cité semble inerte, en attente de quelque événement. Par le plus grand des hasards, nous sommes tombés le soir de la fête annuelle de la Madonne de la Visitation, avec procession, défilé, feu d’artifice….et des milliers d’habitants dans leurs plus beaux atours. Les femmes sont sur leur trente-et-un. Traversant toute la ville, sur la Via Roma, portée par des dizaines d’hommes pieds nus, la Vierge est saluée par un joyeux mélange de fidèles et de fêtards, dans un désordre typiquement italien.

Mention pour le très joli hôtel Riviera situé en contrebas d’Enna, au bord du petit lac de Perusa, doté d’un excellent restaurant, d’une très grande piscine, et d’un calme absolu.

Le sud de la Sicile

Saturday, July 19th, 2008

Le Routard compare Agrigente à Sarcelles-sur-Mer (les habitants de cette banlieue parisienne, jadis chère à Dominique Strauss-Kahn apprécieront) et considère, en gros, que toute la région du sud-ouest de la Sicile ne vaut pas le détour. Ce n’est pas la première fois que ce guide (?) me déçoit, mais heureusement que je ne m’y fie plus depuis longtemps.

Décevante la côte méridionale de la Sicile? Une mer chaude, des plages immenses de sable fin… quasiment désertes.

La vieille ville d’Agrigente réfugiée en haut d’une colline surplombant la vallée des temples recèle quelques trésors baroques ou médiévaux. A 60 kilomètres à l’ouest, la visite de Sciacca s’impose pour les mêmes raisons. A l’écart des grands circuits touristiques.

Tandis que je visitais Sciacca, je reçois deux sms de Belgique, l’un d’un tout nouvellement installé à Liège, l’autre d’un Liégeois qui désespère de voir l’automne commencer avant l’été. Au même moment, dans la rue principale de la cité, par 32 degrés à l’ombre, j’avise, à dix mètres, deux jeunes couples de toute évidence Siciliens. Lorsqu’ils passent à ma hauteur, une autre évidence s’impose: Siciliens sans doute d’origine, mais Liégeois, ou plus sûrement Verviétois d’adoption. Vraiment aucun doute n’est permis lorsqu’on les entend converser!