Archive for August, 2008

La France vue d’Amérique du Sud

Sunday, August 31st, 2008

J’ai déjà dit ici tout le bien que je pense de TV5, qui fait rayonner la francophonie dans le monde, et qui permet aux lointains voyageurs que nous avons été ces deux dernières semaines, de garder le contact avec l’actualité française, belge, suisse ou canadienne.

Mention spéciale pour le journal télévisé de Radio-Canada, savoureux et souvent complètement décalé (des “sujets” avoisinant les 5 minutes pour traiter d’un banal accident de la route, avec interviews du voisin, de la victime, des pompiers, du chef de la police locale, du responsable des routes, et on en oublie !). Et que dire de la manière très particulière dont les journalistes québecois “signent” leurs reportages; çà donne à peu près ceci : “Bonsoir - blanc de 2 secondes - Jean-François Lafortune - blanc de 2 sec. - Chikoutimi - blanc de 2 sec. - Radio-Canada”. On ne s’en lasse pas.

Grâce à TV5 donc, on a pu suivre les débuts de l’université d’été du PS français à La Rochelle. On aurait presque envie de supplier François Hollande de rester à son poste…tant ses “amis” prétendants à sa succession ont un art inimitable de manier l’oxymore (un parti rassemblé, la famille socialiste, notre idéal commun…) Le prochain congrès promet…

Mais une autre personnalité a fait la une de bien des kiosques à journaux au Brésil, en Uruguay, et en Argentine. Son dernier CD est en “tête de gondole” chez tous les disquaires. Oui; je parle bien de Carla B.S. On est parfois surpris, quand on voyage à l’étranger, par le fait que des stars françaises sont totalement inconnues en dehors de l’Hexagone (les fans de Johnny H. se rappellent le bide total qu’il a fait il y a quelques années à Las Vegas). Et on pouvait penser que la popularité de l’épouse du président de la république ne dépasserait pas les frontières européennes. On se trompait…

Bonnes et mauvaises adresses

Saturday, August 30th, 2008

Pascal Rophé me confiait l’autre jour que, s’il en avait le temps, il rédigerait son propre guide des hôtels et restaurants qu’il a fréquentés dans le monde, de manière beaucoup plus détaillée que ne le font les guides touristiques habituels. Pour éviter bien des mauvaises surprises. Et parler de tous ces sujets qui ne sont pas secondaires pour qui veut dormir en silence et se restaurer sans risquer l’indigestion ou la ruine de son portefeuille.

Puisqu’en deux semaines de tournée en Amérique du sud, nous avons visité bien des hôtels et des restaurants, j’ai pensé que ce carnet de route pourrait aider de futurs visiteurs ou touristes à repérer les bonnes et éviter les mauvaises adresses.

A Sao Paulo, l’hôtel Maksoud (4 étoiles) n’est plus aux normes du confort moderne - tout date des années 1970 - mais le silence dans les chambres est appréciable. En revanche, à visisiter absolument, pour le site et la qualité des mets, le restaurant A Figueira a la particularité d’être installé autour et sous un figuier géant, plus que centenaire.

A Rio de Janeiro, hôtels et restaurants de qualité sont chers, et pas toujours conformes à leur réputation. L’hôtel Wilson, où l’OPL a logé, présente le seul avantage d’être situé en plein centre et d’être très moderne, mais l’isolation phonique est insuffisante pour être à l’abri du bruit de la ville.
Photo Wilson Hotel 
Surfaite aussi la réputation du restaurant Cipriani du Copacabana Palace : très cher pour une cuisine italienne pas spécialement originale ni raffinée. On paie le cadre sans doute…
En revanche, on recommande chaleureusement,au premier étage du Sofitel Copacabana, Le Pré Catelan (chef Roland Villard) qui fait honneur à la cuisine française. Qualité impeccable de l’accueil, du service (bravo au personnel brésilien qui fait l’effort de s’adresser à chacun dans sa langue) et surtout merveilles pour le palais.

A Montevideo, l’hôtel Radisson Victoria présente l’avantage d’être situé en plein centre, de disposer d’équipements sportifs de vastes proportions (une belle piscine couverte de 25 m). Les chambres sont très spacieuses et décorées “à l’américaine” - moquettes épaises, lits très larges -, mais souffrent d’une mauvaise isolation par rapport aux bruits urbains. Beaucoup de bons restaurants de viande. Copieux, goûteux et pas chers. Mention spéciale pour le restaurant Francis, manifestement très prisé par les Montevidéens. Décor moderne tendance zen, plats originaux, délicieux, et addition très raisonnable.

A Buenos Aires, pour ceux qui espèrent se reposer au calme, éviter absolument l’hôtel - pourtant 4 étoiles - Panamericano. Je n’ai personnellement pas eu trop de problèmes, quoique la dimension des chambres ne soit pas digne d’un hôtel de cette catégorie. Mais beaucoup de musiciens se sont plaints du bruit et de la qualité très insuffisante des prestations. Mais l’hôtel était à 5 minutes à pied de la salle de concert et à proximité immédiate des rues commerçantes. Avec une piscine au 23e étage et une vue à couper le souffle sur la capitale argentine. En matière de restaurants, il y a l’embarras du choix pour qui veut déguster l’excellente viande du pays (et les vins rouges !)

Icônes

Thursday, August 28th, 2008

Ils sont tous deux nés à Buenos Aires, à un an d’écart. Ils ont tous deux été des enfants prodiges. Ils sont tous deux, depuis longtemps, des stars de la musique classique. En Argentine, plus que des célébrités, ce sont des icônes. Chez chaque disquaire argentin, même modeste, une place de choix est réservée à Martha Argerich et Daniel Barenboim.

http://www.andrys.com/argerich.html
Je n’ai pas poussé l’admiration que j’ai pour la pianiste argentine jusqu’à acheter les CD de ses tout premiers récitals (en 1949!). Pas sûr que cela présente un intérêt autre que sentimental.
Rien de tel pour Barenboim, mais EMI a publié le récital qu’il a donné en 2000 au Teatro Colon pour fêter ses…50 ans de carrière.

Et les habitants de Buenos Aires ont encore le souvenir tout frais du grand concert public et gratuit qu’il a donné, en mai dernier, devant l’Obélisque et des propos bien sentis qu’il a tenus à l’adresse des politiciens locaux qui se montrent incapables d’achever les travaux de restauration du Colon. La réouverture était prévue en 2007, puis 2008, les plus optimistes parlent maintenant de…2010 !

Mi Buenos Aires querido

Tuesday, August 26th, 2008


Dès notre arrivée à Buenos Aires dimanche en fin d’après-midi, j’ai aimé cette ville. Immédiatement, sans raison objective, comme cela m’était arrivé à New York. J’ai eu très peu de temps pour faire du tourisme, juste deux heures de marche un peu au hasard ce lundi après-midi. La capitale argentine respire l’espace, la vitalité, une sorte d’art de vivre qui fait que l’étranger se sent tout de suite chez lui.

Le fameux Teatro Colon…fermé pour travaux, dont la réouverture est sans cesse différée.

Les taxis ont l’art de recycler les 504 Peugeot..

Dans la très longue avenue Santa Fé, un théâtre El Ateneo qui fut aussi un cinéma avant de devenir la plus grande librairie de Buenos Aires
 

Un samedi à Montevideo

Sunday, August 24th, 2008


Je dois bien avouer que, même dans mes rêves les plus fous, je n’aurais jamais imaginé passer un week-end à Montevideo, capitale de l’Uruguay. C’est pourtant là que l’orchestre a fait halte après une semaine pour le moins agitée. Avis très partagés des uns et des autres.
Je n’ai, pour ma part, jamais réussi à me départir d’un sentiment de malaise. Ce petit état coincé entre le Brésil et l’Argentine a quand même abrité, pendant des décennies, un joli paquet de criminels nazis et de crapules à la recherche d’un pays qui n’a pas d’accords d’extradition avec le reste du monde. L’architecture, l’organisation de la ville sont très dépendants de ce passé, des influences allemande et italienne notamment. Par exemple, la fermeture de tous les magasins le samedi après-midi… était chose courante dans l’Allemagne des années 60/70. Sans tomber dans le manichéisme, la simple observation du public d’un concert, et des personnes qu’on croise dans la rue, fait clairement apparaître une classe aisée d’origine européenne et une population pauvre “autochtone”. 

C’est le Brésil…

Tuesday, August 19th, 2008

Rien ne m’agace plus que les clichés véhiculés à propos d’un pays, d’un groupe, d’une nationalité, etc.

A propos du Brésil, que je n’avais approché que dans les conditions très particulières d’une semaine de carnaval à Rio, j’ai tout entendu, et même des Brésiliens eux-mêmes résignés devant certains inconvénients de la vie quotidienne.

Je viens d’avoir la preuve, en moins de 24 heures, de ce dont sont capables les Brésiliens, et qui va a rebours de toutes les idées reçues. Ceux qui ont lu le blog de la tournée de l’OPL ( www.oplamsud.blog.com ) connaissent déjà la catastrophe survenue à Sao Paulo ce dimanche matin, au moment où les musiciens arrivaient dans la mégapole brésilienne: le ravage par un incendie de la prestigieuse salle du Teatro Cultura artistica…où étaient prévus les deux concerts de l’OPL.

Les Brésiliens, désordonnés, nonchalants, fatalistes?? Ce que j’ai vu de mes yeux vu est tout le contraire; une formidable réactivité, une chaîne époustouflante de compétences et de bonnes volontés, d’abord pour surmonter la peine et la détresse, ensuite pour permettre d’honorer les engagements pris: faire jouer un orchestre étranger dans les meilleures conditions. Du plus haut responsable jusqu’au plus modeste employé du Théâtre Municipal (l’Opéra de Sao Paulo) où nous avions trouvé refuge ce lundi, l’engagement, le sérieux, le service ont été totalement exemplaires. Et demain, nous savons qu’il en sera de même dans la nouvelle Sala de Sao Paulo.

C’est ça le vrai visage des Brésiliens.

Elsa, Kristin, Nathalie et les autres

Saturday, August 16th, 2008

J’ai précédé les musiciens de l’OPL de quelques heures au Brésil, histoire de vérifier avec les organisateurs de la tournée que tout va bien se passer.

J’ai mis à profit les presque 11 heures de vol transatlantique pour voir des films que j’ai manqués lors de leur sortie en salles. Je m’attendais à trouver “Bienvenue chez les chtis”. J’ai eu la bonne surprise de voir proposés deux films français, qui ont divisé la critique, mais qui m’ont l’un et l’autre captivé.

D’abord Passe passe de Tonie Marshall, avec Edouard Baer et Nathalie Baye. Rien de transcendant dans la réalisation, un scénario amusant et bien ficelé. Une sorte de “road movie” où il est question de ministre, de corruption, d’argent mal gagné et d’agents secrets ! Mais surtout une Nathalie Baye époustouflante, déjantée, jouant de toute la palette de la grande actrice qu’elle est.

Dans un tout autre registre, le beau film de Philippe Claudel Il y a longtemps que je t’aime met face à face deux soeurs, Elsa Zylberstein et Kristin Scott-Thomas, cette dernière sortant de prison après quinze ans…pour le meurtre de son enfant. On n’apprend qu’à la toute fin du film ce qu’il en est exactement. Tout cela pourrait très bien tourner au mauvais mélo, et c’est un film d’une délicatesse, d’une pudeur rares. Scott-Thomas est délibérément sortie de l’image glamour qu’elle a jusqu’à présent cultivée dans ses précédents films. Aucun maquillage, un refus ostensible de la séduction vestimentaire. Une composition bouleversante. Elsa Zylberstein prend aussi une épaisseur, une densité, que je ne lui connaissais pas.

Je ne vais pas assez au cinéma, et je le regrette. Assez cependant pour constater que c’est presque toujours aux femmes, aux actrices, qu’on confie les plus grands rôles, ou, en tous cas, ceux qui me marquent le plus.

Si tu vas à Rio…

Friday, August 15th, 2008
…chanson bien connue ! Contrairement aux apparences, je ne repars pas en vacances. Cap sur l’Amérique du Sud certes, mais avec 110 personnes, pour l’essentiel des musiciens, pour une tournée de concerts qui ne sera pas de tout repos.

Les noms font rêver certes, Rio de Janeiro, Sao Paulo, Buenos Aires, Montevideo, Rosario. Si on annonce 29 degrés à Rio, on est plus près des 10° à Buenos Aires. J’espère simplement que la météo sera clémente à Montevideo, où l’orchestre soufflera le temps d’un week-end.

Je ne suis pas certain de tenir ce blog au jour le jour. Mais on pourra suivre l’orchestre à la trace en consultant le blog créé pour cette tournée : http://oplamsud.blog.com

Ecarts de conduite

Thursday, August 14th, 2008
Liège l’été n’est pas désagréable à vivre, même avec la météo changeante (d’aucuns diraient pourrie) qui s’est installée depuis le début juillet.

La lecture du quotidien “La Meuse” ne manque pas non plus d’intérêt, ni de poésie. Telle vieille dame voudrait récupérer la dépouille de son chien, joliment dénommé Arsouille (ça ne s’invente pas). Le lendemain du 8 août 2008 (08/08/08 !!) deux pleines pages de reportages sur des couples qui ont choisi ce jour pour se marier (puisqu’il paraît, selon les Chinois, que cette conjonction de “8″ porte bonheur). On apprécie les réponses romantiques en diable de certains de ces couples (“on vit à la colle depuis 25 ans, mais comme on va être pensionnés, c’est mieux de se marier pour le fisc”).

Et comme ça faisait longtemps que ça ne m’était pas arrivé, un petit couplet sur les automobilistes liégeois. Je crois bien que Liège est la seule ville au monde où, en plein mois d’août, on arrive à trouver… des embouteillages. Certes, il y a beaucoup de travaux, de rues barrées. J’admire la patience (?!) de certains qui n’hésitent pas à rester de très longues minutes sur la même file, alors que la voie adjacente est parfaitement dégagée, ou à s’engager dans une rue manifestement obstruée. Liège est décidément originale…

Le quatuor des veuves

Wednesday, August 13th, 2008
Les musiciens de l’OPL le savent, qui ont déjà séjourné à deux reprises à Montreux, au bord du Léman, lors de tournées de l’orchestre en Suisse. Montreux (et Vevey toute proche) sont les capitales de la “Riviera vaudoise”, un lieu idéal pour les…retraités. Micro-climat d’une douceur exceptionnelle, beauté du paysage, avec vue imprenable sur les Diablerets et les hauts sommets de l’Oberland bernois.
Et c’est probablement l’un des endroits au monde où l’on trouve le plus de musiciens. Et pas seulement pour des raisons fiscales ! On peut citer, dans les noms illustres d’autrefois, Ansermet, Stravinsky, Clara Haskil… Tchaikovski qui écrivit, à Clarens (petite commune qui jouxte Montreux et Vevey) son concerto pour violon..

J’ai été un moment membre du conseil d’administration du festival (classique) de Montreux-Vevey, et j’assistais régulièrement aux concerts prestigieux qui se déroulaient à la fin de l’été.

C’est ainsi que j’ai eu l’occasion de rencontrer quatre dames adorables, amies dans la vie, comme ne l’étaient peut-être pas leurs illustres maris, Elisabeth Furtwängler, Harietta Krips, Martha Schuricht et Irene Magaloff (fille du célèbre violoniste Joseph Szigeti).

Elisabeth Furtwängler, devenue veuve très jeune (le grand Wilhelm étant mort… en 1954), a publié l’an passé un beau livre de souvenirs, de témoignages et de correspondances inédites. Un livre d’amour.