Archive for September, 2008

Catastrophes

Tuesday, September 30th, 2008
Il y a des matins où l’actualité ne met pas franchement de bonne humeur.

Plus d’une centaine de morts dans le magnifique palais qui surplombe Jodhpur au Rajasthan, où je me trouvais au printemps dernier. Il semblerait qu’un élément d’une façade se soit détaché et, en tombant, ait provoqué un mouvement de panique. Terrible !

Mais le journaliste de France 2 qui présentait le journal de 7 h a préféré ouvrir par : “Le pire est arrivé”.
Etrange accroche, manquant pour le moins d’objectivité, pour qualifier le rejet cette nuit par la Chambre des Représentants, notamment par les Républicains, du plan Bush/Paulson de sauvetage des banques.
Le pire vraiment?

Et, quasiment au même moment, on apprend qu’une injection de quelques milliars d’euros a été décidée pour DEXIA, qui semblait suivre la même pente fatale que FORTIS…

Voilà donc une belle journée qui s’annonce !

“The party is over”

Monday, September 29th, 2008

On aurait envie de croire Nancy Pelosi, la présidente démocrate de la Chambre des Représentants américaine, commentant l’accord intervenu cette nuit entre parlementaires républicains et démocrates pour “sauver” le système bancaire des Etats-Unis. Mrs. Pelosi ajoutait : “fini de jouer, plus de parachutes dorés, c’est la dernière fois que le contribuable américain répare les errements de Wall Street” !

Au même moment, on apprenait l’accord intervenu entre les gouvernements belge, néerlandais et luxembourgeois à Bruxelles pour sauver, donc nationaliser FORTIS.

A rapprocher des déclarations martiales de Nicolas Sarkozy (’les responsables devront payer”).

Pourquoi devrait-on croire, maintenant, à la volonté de réforme d’un système capitaliste devenu fou? Alors que tant d’exemples, dans un passé encore récent, attestent du laisser-faire des politiques, toutes “couleurs” confondues… Le scandale du Crédit Lyonnais, les montants exorbitants des “primes de sortie” des anciens dirigeants d’Airbus ou d’Alcatel. Envolés, balayés, comme dirait Edith Piaf !! Des comptes à rendre devant les tribunaux? à l’Etat? on n’y pense même pas.

Liège à table

Sunday, September 28th, 2008

Je n’ai pas été mécontent de poser mes valises à Liège, après quasiment trois mois ininterrompus de voyages, tournée, déplacements divers. Et de retrouver mes marques, ou de découvrir de nouvelles tables, grâce à des amis, dans la Cité ardente ou alentour.

Une confirmation d’abord: le Sotto Piano (effectivement installé en sous-sol dans les caves d’une belle maison de la rue Louvrex) propose l’une des meilleures cartes italiennes de Liège, originalité, fraîcheur et qualité du service irréprochables.

Deux découvertes récentes ensuite.
A quelques kilomètres de Liège, près de Stoumont, au bord de l’Amblève, dans ce qui devait être une maison forestière, on s’attable avec bonheur au Zabonprés.

http://www.zabonpres.be/resto.htm

Des menus à prix beaucoup plus raisonnables qu’à Liège, une carte variée, des petis vins bien choisis, et un cadre chaleureux. Hors période estivale, le restaurant n’ouvre que le week-end, mais fait le plein. Réservation donc indispensable !

A Liège même, un lieu tout à fait inhabituel: un ancien laboratoire de la faculté des Sciences de l’Université, quai Van Beneden. Le décor a été maintenu en l’état. A peine ouvert à la fin de l’été, le restaurant a draîné un habile mélange de “bobos”, de jeunes, de familles, de retraités, qui retrouvent ici une ambiance très chaleureuse, liégeoise en somme, pas prétentieuse pour deux sous, mais originale, conviviale (un DJ est présent le week-end et propose une musique “lounge” de belle facture). Une carte restreinte, mais de première fraîcheur, petits vins sympathiques, et un service souriant. Ouvert aussi le lundi soir (ce qui est plutôt rare à Liège!)
http://www.lelabo4.be/

Le phénomène Dudamel

Saturday, September 27th, 2008

Dinant il y a peu avec le plus liégeois des violonistes russes, Boris Belkin, nous évoquions l’Amérique du Sud et l’incroyable potentiel musical de ce continent. Ainsi du “phénomène” Gustavo Dudamel, un chef vénézuélien d’à peine 30 ans, qui prend, dans quelques mois, la direction musicale de l’orchestre philharmonique de Los Angeles. Rien de moins !

Dans le milieu musical, il faut toujours se méfier des tombereaux de superlatifs qui s’abattent sur les jeunes prodiges de la baguette, du piano ou du violon. En l’espèce, ce que ses illustres aînés, Barenboim ou Abbado, ont dit de lui, n’est en rien exagéré: Gustavo Dudamel est, à l’évidence, de la race des très grands.

Je viens de regarder le remarquable documentaire (Promise of music) réalisé sur lui et son travail avec l’extraordinaire orchestre des jeunes du Vénézuéla - avec en prime le concert qu’ils ont donné à Bonn… avec l’Héroïque de Beethoven, il fallait oser !

Promise of Music (Ws Sub Ac3 Dol Dts)

On observe avec amusement un mimétisme certain avec Abbado: même gestique élégante, même manière de tenir la baguette du bout des doigts de la main droite. Une commune “latinité” sans doute… Et les répétitions ! Econome de paroles, Dudamel dit ce qu’il faut, ce qu’il veut, quand il le faut. Et son bonheur est communicatif.

J’ai hâte de le voir en concert…

Liège dans le Monde

Friday, September 26th, 2008

Ce n’est pas tous les jours qu’on parle de Liège dans Le Monde ! Le journal La Meuse en a été tellement bouleversé qu’il a publié en fac similé l’intégralité de la demi-page que Jean-Pierre Stroobants a consacrée dans le grand quotidien français (daté du 24 septembre) : ” Nouvelle gare, musée rénové : Liège donne du tonus à la Wallonie”

http://mobile.lemonde.fr/culture/article/2008/09/24/nouvelle-gare-musee-renove-liege-donne-du-tonus-a-la-wallonie_1098997_3246.html

Même réaction de bonne surprise à la rédaction de RTC, la télévision locale.

Mais pour ceux qui, comme moi, sur ce blog et en bien des circonstances, ont parfois eu le sentiment de “clamer dans le désert” que Liège n’a vraiment plus rien à voir avec les clichés qui lui ont fait tant de mal, cet article ne fait que refléter l’extraordinaire potentiel d’une ville, d’une région, qui n’ont que trop douté de leurs capacités. Maintenant que c’est écrit dans Le Monde, les Liégeois vont peut-être se mettre à y croire…

Crise financière

Thursday, September 25th, 2008
Un ami, beaucoup plus versé que moi en cette matière, s’indigne de l’impudeur de certains pompiers pyromanes, tel le très médiatique George Soros, connu pour avoir spéculé à vaste échelle et engrangé des millions de dollars de profit, qui se présente aujourd’hui sur tous les plateaux de télévision en parangon de vertu et en pédagogue de la crise financière internationale !

J’entends, ce matin, Bernard Thibault, le secrétaire général de la C.G.T., dont l’analyse ne manque jamais de pertinence et qui, dans l’attente du discours que Nicolas Sarkozy doit prononcer à Toulon, fait trois observations malheureusement très justes :
- Les politiques sont les spectateurs de mécanismes économiques qui leur échappent
- L’Europe, contrairement aux affirmations de la ministre française de l’économie, Christine Lagarde, n’est absolument pas à l’abri d’une vaste secousse (ça nous rappelle des déclarations ministérielles promettant que le nuage radioactif de Tchernobyl s’arrêterait aux frontières de l’Hexagone !!)
- Les récents événements aux Etats-Unis démontrent, une fois de plus, qu”on privatise les profits, et qu’on nationalise les pertes. Quand les grands groupes d’assurances ou de banques américains engrangeaient des profits record, les actionnaires s’en mettaient plein les poches (et payaient certes des impôts sur ces profits), quand Leman Brothers fait faillite ou que le premier assureur américain menace de faire de même, l’Etat fédéral (donc les contribuables !) met 700 milliards de dollars pour sauver le secteur…

De César à Sarkozy

Wednesday, September 24th, 2008
Amusant et très érudit (ce n’est pas incompatible !) petit livre intitulé De César à Sarkozy, petite histoire des noms de pouvoir, dû à Jean-Louis Beaucarnot, féru de généalogie, qui n’en est pas à son coup d’essai en matière de décryptage de nos patronymes.
Nos noms fleurent bon le terroir, les origines géographiques, les métiers…ou les particularités physiques. Capillaires par exemple avec les Rousseau, Bruneau, Blondin…

De César à Sarkozy

Si Sarkozy et Giscard n’ont plus beaucoup de secrets - encore que Beaucarnot livre maintes anecdotes historiques savoureuses - on découvre des cousinages ou des origines inattendus pour certains.

Ainsi la famille Jospin est-elle originaire de…Wallonie (Montignies-sur-Roc) et constituée au départ de peigneurs et marchands de laine (l’auteur va jusqu’à faire un rapprochement avec la chevelure - très bouclée et frisée - de l’ancien Premier Ministre !).

Et comme il est sous les feux de l’actualité comme candidat à la Présidence du Sénat, un mot de Jean-Pierre Raffarin, mon compatriote poitevin, dont personne ne peut nier l’enracinement ancestral en terre poitevine. Selon Beaucarnot, Raffarin est un patronyme rare, porté seulement par une cinquantaine de foyers et vient de l’ancien mot raffard, qui signifie railleur, moqueur. Comme quoi les fameuses “raffarinades” ont de la branche…

Ecouter la musique

Tuesday, September 23rd, 2008
Un véritable casse-tête que de préparer une séance d’écoute comparée…de la 5e symphonie de Beethoven. Ce que nous faisons ce mercredi, à 18h30, avec Pascal Rophé, en prélude aux concerts de vendredi (Liège) et samedi (Bruxelles).

A la différence des émissions de France-Musique (La tribune des critiques de disques) ou de Musiq3 (Table d’écoute), le but n’est pas de faire un classement ou de distinguer la meilleure version - en l’occurence, pour une oeuvre aussi enregistrée que cette 5e de Beethoven, ce serait mission impossible !.
Mais, à partir d’approches très contrastées, apprendre à écouter, d’une oreille neuve, une oeuvre que chacun croit connaître par coeur et qui a encore bien des secrets à livrer.

Je m’amuse déjà de la tête que feront les participants à la séance de demain… à l’écoute de certaines versions! Ca promet…

P.S. Jean-Marc Onkelinx évoquait hier, sur son blog, la mémoire d’Armin Jordan, disparu il y a deux ans déjà. Je me rappelle d’autant mieux cette date du 20 septembre 2006, que c’était la première séance d’Ecouter la musique de la première saison de Pascal Rophé comme directeur musical. Une autre 5e était au programme, celle de Mahler. J’avais appris, le matin même, par un coup de fil, le décès d’Armin Jordan, et j’avais choisi de lui rendre hommage en diffusant, en tout début de séance, un extrait de la 4e symphonie de Mahler - le dernier mouvement “La vie céleste” !!! - qu’Armin avait dirigée en mai 2006 à la tête de l’OPL. Et, bien sûr, ce qui devait arriver arriva: submergé par l’émotion, je fus incapable, pendant de très longues secondes, de reprendre la parole et de m’adresser au public nombreux, qui ne comprenait pas ce qui se passait. Mais, comme on dit dans notre métier, “the show must go on” …

Un fantôme bien vivant

Monday, September 22nd, 2008
Dans mon métier, il faut souvent se défier des règles et des habitudes. Oser la surprise, l’inattendu, au risque de se “planter”… ou de rencontrer un succès inespéré !

Exemple hier soir à la Salle Philharmonique. Même les plus irréductiblement optimistes n’auraient pas imaginé qu’un dimanche à 20 h on pût réunir près de 700 personnes pour un concert d’orgue! Et parmi ce public, une proportion très importante de moins de 30 ans, qui n’avaient jamais mis les pieds dans la salle.

Certes, ce n’était pas un concert classique. Mais une improvisation sur le grand orgue Schyven de la salle de la musique d’accompagnement d’un chef-d’oeuvre du cinéma muet “Le fantôme de l’opéra”  (1925) de Rupert Julian. Avec un organiste génial, Philippe Bélanger, de Montréal. Triomphe et multiples rappels de la part d’un public qui n’avait (comme moi d’ailleurs !) jamais entendu l’instrument sonner de cette manière.

Cette soirée, d’accès gratuit, inaugurait une nouvelle série “Grandes orgues”, décidée un peu en dernière minute en juin dernier à l’initiative d’Eric Mairlot, l’un des collaborateurs de l’orchestre, lui-même organiste. A juste raison, il s’était plaint auprès de moi du peu de place consenti à l’orgue de la Salle philharmonique dans la programmation de l’orchestre. Je lui avais répondu: “Chiche ! je vous donne carte blanche pour monter, en huit jours, une nouvelle série avec des “pointures” et des programmes qui doivent attirer un large public”. Pari tenu, puisqu’après cette soirée d’ouverture, Bernard Foccroulle, Naji Hakim et Daniel Roth (le père du futur directeur musical de l’OPL) se succèderont à la console de nos grandes orgues.

Une si jolie Petite France

Sunday, September 21st, 2008
J’ai beau venir depuis longtemps à Strasbourg, j’ai rarement pris ou eu le temps de visiter vraiment la ville. Beau temps, Journées du Patrimoine aidant, j’ai profité de mon samedi après-midi pour jouer les badauds, et (re)découvrir des quartiers et des rues dont je n’avais qu’un très lointain souvenir.
Par exemple, la célèbre Petite France, parfaite illustration de l’Alsace “authentique


Des foules de touristes, pour l’essentiel des groupes pas très jeunes venus d’outre-Rhin. Le côté carte postale d’un centre ville bien restauré, et quasiment tout piétonnier, peut tromper.

Côté restauration, on n’évite pas non plus les clichés. Mais des maisons réputées comme L’ancienne douane ou Chez Kammerzell - à côté de la cathédrale - tiennent leurs promesses. En revanche, mis à part l’ambiance typique des winstubs, on ne comprend pas l’engouement pour Chez Yvonne, cuisine honnête sans plus, encore moins la réputation du Crocodile, deux étoiles Michelin (il en eut jadis trois !). Très cher et plutôt banal dans l’assiette. Pourtant, ce ne sont pas les bonnes tables qui manquent. Et c’est quand même à Strasbourg que la choucroute est la meilleure !