Il en avait rêvé (moi aussi!), il l’a fait hier soir : Pascal Rophé a dirigé un programme “tout Wagner” avec l’OPL. Après pareil concert, on se demande pourquoi on ne joue pas plus souvent Wagner dans un cadre symphonique. Ce sont des partitions très exigeantes pour les musiciens (que de notes dans l’ouverture et le Venusberg de Tannhäuser ! ), mais extrêmement valorisantes pour les qualités de l’orchestre. Justesse des vents, rondeur des pupitres de cors et de cuivres, homogénéité des cordes, tout cela resplendissait hier soir sous l’impulsion d’un Pascal Rophé qui en a sans doute surpris plus d’un dans ce répertoire.
Le sommet émotionnel de la soirée résidait dans les Wesendonck Lieder. La voix chaude et longue de Nora Gubisch, dans l’écrin d’un orchestre transparent (le moins qu’on puisse dire est que Felix Mottl n’a pas trahi Wagner en orchestrant les quatre premiers Lieder), a bouleversé un auditoire qui, dans sa très grande majorité, n’avait jamais entendu l’oeuvre en concert. A commencer par le propre mari de la chanteuse, chef d’orchestre et pianiste, qui m’avouait avoir accompagné souvent Nora Gubisch au piano dans ces mélodies et les entendre pour la première fois à l’orchestre.
Je rappelais à mon voisin que si les occasions d’entendre Wagner à l’OPL avaient été rares jusqu’à hier soir, elles avaient laissé un souvenir…inoubliable. En particulier, dans le cadre du festival “symboliste” de 2004, un Prélude et Mort d’Isolde inouï, en état de grâce, sous la direction d’un chef qu’on rêve d’entendre un jour à l’opéra dans un grand ouvrage de Wagner, Louis Langrée.
