Le Paris musical vient de vivre un de ces psychodrames microscopiques dont la France a le secret. Et, comme mon nom a été cité à cette occasion, je profite de ce billet pour faire une mise au point à l’intention des lecteurs de ce blog et de leurs amis !
L’Orchestre de Paris a nommé le 12 novembre dernier son nouveau directeur général, qui sera épaulé (secondé?) par un responsable de la “politique artistique”. La place du futur directeur musical, Paavo Järvi, dans le dispositif? Pas un mot.
En soi la nouvelle n’a rien d’extraordinaire, sauf que le précédent directeur général, Georges-François Hirsch, a quitté son poste le…7 mai 2008, que, depuis lors, les musiciens et le personnel de l’Orchestre, et tout le milieu musical, en étaient réduits à démêler le vrai du faux de toutes les rumeurs qui couraient sur la procédure de nomination et le nom du successeur. Plus de six mois d’incertitude ! Et les amis qui vous poussent, vous encouragent, vous annoncent même que c’est vous, pour vous. J’ai assez d’expérience (on sait ce que valent les promesses…) pour ne pas me laisser entraîner sur ce terrain. Même si je suis reconnaissant à beaucoup d’amis qui pensaient sincèrement que je devais avoir ce poste.
Mais, d’une part, je n’ai jamais eu l’intention ni l’envie de quitter Liège et l’OPL… surtout au moment où une nouvelle page - que j’ai, sans fausse modestie, largement contribué à écrire ! - de l’histoire de l’orchestre va s’ouvrir, avec l’arrivée en septembre 2009 de François-Xavier Roth comme directeur musical. Mon enthousiasme, mon intérêt pour les musisiciens, l’équipe de l’OPL, pour Liège, n’ont fait que croître au fil des années.
D’autre part, je dois à la vérité de dire que, la procédure de recrutement à l’Orchestre de Paris étant au point mort, les “candidats” auditionnés et pré-sélectionnés n’ayant pas satisfait aux exigences du Conseil d’administration, j’ai été “approché” en octobre dernier et j’ai eu une longue conversation avec le président et quelques administrateurs de poids de l’orchestre, à qui j’ai fait part de mes convictions et de mon expérience…à Liège. Conviction, appuyée sur l’expérience, par exemple, qu’il faut une unité de direction, un directeur général fort, doté de l’ensemble des compétences, gestionnaires et artistiques, pour bien piloter une entreprise aussi riche et complexe qu’un grand orchestre. Un directeur général qui assume pleinement toutes ses responsabilités pour pouvoir travailler en totale confiance avec le directeur musical, l’encadrement et les musiciens, en lien étroit avec le conseil d’administration et les tutelles. On m’a écouté avec intérêt, politesse et même curiosité. Mais, de toute évidence, je n’ai pas convaincu mes interlocuteurs de la pertinence de cette structure, puisque le Conseil d’administration de l’Orchestre de Paris a fait exactement le choix inverse, en nommant un binôme administratif/artistique, donc en réduisant sciemment les pouvoirs de la direction.
Liège donc, encore et demain. Et mille projets pour l’avenir. Si l’on voulait encore s’en convaincre, qu’on vienne ce soir à Liège ou demain à Mons écouter l’OPL dirigé par François-Xavier Roth (avec Isabelle Druet en soliste des Lieder de Zemlinsky sur des poèmes de Maeterlinck). L’avenir est de notre côté !