Archive for November, 2008

Hors catégorie

Thursday, November 20th, 2008

Hier soir rencontre entre le conseil d’administration de la Chambre française de commerce et d’industrie Liège Luxembourg (ouf! pour faire court CFCILL) et le nouveau Consul général de France à Liège, Zaïr Kedadouche.

Certains se demandent si les représentations diplomatiques et consulaires ont encore leur nécessité au sein de l’Europe actuelle. On ne se pose pas la question lorsque les titulaires de ces fonctions outrepassent le cadre strictement protocolaire et officiel de leur rôle. Liège a encore le souvenir du passage récent d’un consul d’Italie décoiffant, qui en trois ans a été le meilleur VRP qui soit.

Zaïr Kedadouche est, à l’évidence, une personnalité qui ne restera pas enfermée dans sa fonction. Fier de ses origines kabyles, la cinquantaine sportive, il a un de ces parcours comme la France en produit parfois, trop rarement. Footballeur professionnel dans ses jeunes années, militant associatif (très investi dans la fameuse “Marche des beurs” à la fin des années 80), élu local dans ce 9-3, cette Seine-Saint-Denis si souvent stigmatisée, enseignant à Sciences Po comme à des jeunes très défavorisés, repéré par J.Chirac - dont il sera le conseiller pendant les deux dernières années de sa présidence - il découvre, à Liège, une fonction nouvelle pour lui. Il ne fait aucun doute qu’il ne se comportera pas en diplomate classique et guindé.

Bon point pour lui, il est à peine arrivé qu’il adore déjà Liège, le sentiment de liberté, de convivialité qui règne dans la Cité ardente…et ses très bonnes tables. Bienvenue Zaïr, pardon Monsieur le Consul général !

A lire: http://www.allezredstar.com/archives/fr_kedad.htm

Tribunes

Wednesday, November 19th, 2008

J’ai fait hier une infidélité - très temporaire - à Liège et à l’OPL en répondant à une invitation de longue date de mon ami François Hudry, producteur de la nouvelle “Tribune des critiques de disques” sur France-Musique, après avoir été le créateur de “Disques en lice” en 1987 sur ESPACE 2 (Radio Suisse Romande) avec Pierre Gorjat et moi à ses côtés.

Quand François m’a dit le sujet de l’émission - qui sera diffusée ce dimanche à 10 h (www.francemusique.com), la 4e symphonie de Sibelius, je n’ai pas pu résister. Si j’aime depuis longtemps le compositeur finlandais, cette symphonie en particulier est proprement géniale. Et comme tous les chefs-d’oeuvre, elle peut se prêter à beaucoup d’interprétations différentes, et ceux qui écouteront la Tribune de dimanche s’en rendront compte. Je ne vais évidemment pas dévoiler les conclusions de l’émission enregistrée hier après-midi dans les studios de France-Musique…mais elles ne surprendront pas les auditeurs fidèles…de l’OPL !!

Ces quelques heures parisiennes et amicales ont évidemment été l’occasion de discuter des sujets qui agitent le microcosme musical et radiophonique français, avec les compères habituels de F.Hudry, Christian Merlin, critique musical au Figaro, Jean-Charles Hoffelé, entre autres fonctions chroniqueur à Diapason, ou le tout jeune Pierre-Yves Lascar, fou de musique, passionné de Sibelius (voir son blog http://ciemusique.blogspot.com/).
On se perdait en conjectures sur les récentes nominations ou sur les choix culturels des pouvoirs en place.
J’y reviendrai…

Comme je reviendrai sur le sujet qui a fait la une du Soir ce mardi, Liège capitale culturelle européenne en 2015? Je n’ai, pour ma part, rien à ajouter à la prise de position personnelle que j’ai prise ici même. Mais il faudra sûrement repréciser certains arguments…

TSS

Tuesday, November 18th, 2008

Il y a quelques années, TSS signifiait : Tout sauf Sarkozy. Depuis la réélection de Chirac en 2002, beaucoup redoutaient, dans le camp présidentiel, l’irrésistible appétit de Nicolas Sarkozy. Lui qui se voyait comme incontournable à Matignon s’était vu préférer J.P.Raffarin, pour n’être que numéro 2 du gouvernement, et ainsi de suite jusqu’à ce congrès de 2004 où il s’empare du parti majoritaire. Chirac et Villepin, entre autres, n’auront de cesse de lui chercher noise. On sait ce qu’il en est advenu.

Peut-on dresser un parallèle avec la situation actuelle du parti socialiste français? TSS c’est Tout sauf Ségolène, à peu près le seul point d’accord entre les “éléphants” Delanoé, Aubry, Fabius, Jospin, etc…
Sans se prononcer sur le fond, tous les commentateurs décrivent le phénomène Royal comme irrésistible, et elle-même joue très habilement d’une image de renouveau (alors qu’elle est de la même génération que le premier secrétaire sortant, son ex-compagnon François Hollande !). On ne serait pas surpris qu’elle l’emporte jeudi grâce au vote des militants, un peu écoeurés il faut le dire par la guerre des “ego”.

Lire à ce sujet l’excellent édito de Jacques Julliard dans le dernier Nouvel Observateur, intitulé “Ségolène et les vieillards” : http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2297/articles/a388080-.html?xtmc=julliardroyal&xtcr=10

Un Boris anglais

Monday, November 17th, 2008

Moins de 48 heures à Londres ce week-end pour des contacts professionnels habituels, mais surtout pour une occasion amicale. Comme il y a quelques années Louis Langrée l’avait été conjointement avec Simon Rattle, le très jeune directeur musical (34 ans dans 5 jours!) de l’English National Opera, Edward Gardner, a été distingué d’un award par la prestigieuse Royal Philharmonic Society de Londres.

Comme il dirige en ce moment une nouvelle production de Boris Godounov, ce samedi était tout indiqué pour à la fois voir et entendre le jeune chef dans ses oeuvres, et fêter avec lui, sa famille et quelques amis une “médaille” bien méritée.
http://www.eno.org/whats-on/whats-on.php?id=1272&season=current

D’abord une surprise - qui n’en est pas vraiment une pour qui connaît la tradition de l’ENO -: ce Boris de Moussorgski, inspiré du poème éponyme de Pouchkine, est chanté…en anglais, par une troupe de chanteurs exclusivement britannique. Les noms de Peter Rose - dans le rôle-titre - John Graham-Hall en Chouisky ou David Stephenson en Pimène, ne disent probablement pas grand chose aux non-spécialistes voire aux mélomanes du Continent. De même que le metteur en scène Tim Alberty. Et pourtant, même si l’on a dans l’oreille la prosodie russe et la couleur typiquement slave des grandes scènes chorales de Boris, on ne peut qu’être conquis par la qualité de cette production. Excellents chanteurs/acteurs (Peter Rose bouleversant en Boris torturé par le remords), une mise en scène très sobre - Alberty situe l’action au début du XX° siècle dans le décor unique d’une grande isba toute en bois, sans verser dans les habituels clichés “couleur locale” - et de superbes orchestre et choeurs. Ed Gardner exalte l’incroyable modernité de cette partition qui annonce Debussy et Britten.
Et pour ne pas disperser l’attention des interprètes et des spectateurs, l’opéra est donné d’un trait, sans pause. Bonne idée !

Chez Monsieur Haendel

Sunday, November 16th, 2008

J’ai beau venir souvent à Londres, c’est rarement pour de longs séjours, encore plus rarement pour du tourisme. Jusqu’à ce samedi, je ne savais même pas qu’on pût visiter la maison où Haendel a vécu pendant 36 ans et est mort en avril 1759, au 25 de Brook street (une perpendiculaire de la très chic New Bond street).

On est frappé par la modestie de la demeure, la petitesse des pièces principales. Il reste encore quelques éléments du mobilier, notamment le lit du grand homme (il était d’une forte carrure… devenue au fil des ans et des bons repas un embonpoint imposant!). Une exposition évoque les “divas” pour qui il écrivit certains de ses plus beaux airs d’opéras et/ou d’oratorios. Une très belle copie (de 1998) du clavecin Ruckers utilisé par Haendel est encore jouée dans la petite pièce qui sert d’auditorium pour les (trop) rares visiteurs de la maison.

Haendel n’est pas le seul musicien à avoir occupé la demeure, une plaque sur la façade et quelques photos au dernier étage rappellent que Jimi Hendrix y a résidé en 1968 et 1969. On se plaît à imaginer une rencontre entre les deux…

A quelques semaines du 250ème anniversaire de la mort de Haendel, les éditeurs de disques fourbissent déjà leurs armes et pour le moment la démarche la plus intelligente est celle d’Harmonia Mundi qui réédite, à petits prix, dans de beaux coffrets cartonnés, les fleurons de son catalogue (notamment les enregistrements inégalés de René Jacobs) et l’un de ces coffrets est justement consacré aux airs composés par Haendel pour ses chanteurs favoris, Cuzzoni, Durastanti, Senesino, Motnagnana, etc. avec, entre autres interprètes, la magnifique et regrettée Lorraine Hunt-Lieberson
Arias for Cuzzoni

Sidi Bou Saïd

Saturday, November 15th, 2008

La voisine de Carthage et Tunis, Sidi Bou Saïd trone sur son promontoire, tout de blanc et bleu revêtue. Un lundi de novembre, la cité est vide de touristes, et le Café des nattes que fréquentèrent Gide, Beauvoir, et tant d’autres, n’a rien perdu de son charme.

Un bon Bond

Friday, November 14th, 2008

Il est probable que si je n’avais bénéficié d’une invitation (merci la CCI de Liège !) je n’aurais pas forcément regardé le dernier James Bond Quantum of solace. Pourtant j’avais bien aimé Casino royal et l’acteur qui incarne désormais le plus célèbre agent secret de Sa Majesté, Daniel Craig. Les puristes lui reprochent de ne pas avoir la “gueule” de Sean Connery, l’élégance de Roger Moore ou de Pierce Brosnan, le côté moins lisse, plus “brut de décoffrage” de Craig me séduit plus…

Et ce dernier opus de la saga Bond est diablement efficace, riche en scènes spectaculaires et en prises de vues splendides de Sienne, Bregenz, de la Bolivie ou d’Haïti. Les jolies filles sont nettement moins nombreuses que dans les films précédents, en revanche la présence de Mathieu Amalric est - comme toujours avec cet acteur - impressionnante et la trame de l’histoire parfaitement en situation. Il y est question de développement durable, de déstabilisation politique de l’Amérique du Sud, même si on frise parfois “Tintin et les Picaros”.

La ville blanche

Thursday, November 13th, 2008
Je n’avais jamais mis les pieds en Tunisie jusqu’à ce “pont” du 11 novembre, et je ne regrette pas mon escapade, limitée à Tunis et sa voisine Sidi bou Saïd.

Difficile d’échapper à l’omniprésence du président de la république Ben Ali, puisque le 7 novembre est un jour férié qui commémore son accession au pouvoir…et qu’il est déjà en campagne pour se faire réélire en 2009 (la seule crainte de ses partisans est qu’il fasse moins bien que la dernière fois… 99,71 % des voix !).

Tunis mérite bien son surnom de “ville blanche”. D’abord d’une propreté rare autour de la Méditerranée, ensuite la ville construite autour de la médina historique a gardé de beaux vestiges des années 20 à 40. En particulier un superbe théâtre/opéra construit en 1911 et chef d’oeuvre d’Art Nouveau.

Posture

Wednesday, November 12th, 2008

Je n’ai pas terminé un bouquin que j’avais mis de côté en attendant d’avoir un peu de temps devant moi pour le lire, le dernier opus d’une liste déjà longue d’essais de François de Closets “Plus encore!”.

A vrai dire, je ne supporte plus ce genre de personnages qui n’a que mépris pour la classe politique, les syndicats, les fonctionnaires, les patrons, bref tous les Français si on compte bien ! Il dénonce les privilèges, les corporatismes, les conservatismes qui ont conduit la France là où elle est maintenant, surendettée, immobile, arriérée, etc…

Il se vante d’avoir vendu 1,5 million d’un de ses précédents ouvrages “Toujours plus” et annonce fièrement qu’il ne se compte pas au nombre des privilégiés (la loi du marché !), oubliant de préciser que c’est son poste de journaliste sur une chaîne publique qui lui a valu sa notoriété et donc…sa fortune !

Un souvenir personnel résume assez bien le personnage, adepte du “Faites ce que je dis, pas ce que je fais”. Au moment de la sortie, en 1982, de ce bouquin “Toujours plus”, les organisateurs d’une université politique d’été à laquelle je participais avaient invité F.de Closets à débattre justement des thèmes de son livre avec les jeunes présents. Je fus chargé d’aller le chercher à l’aéroport de Genève tout proche. Pour parler par euphémisme, le monsieur m’est apparu très satisfait de lui-même. Arrivé sur les lieux de “l’université” il est accueilli par l’un des responsables du mouvement, à qui il s’empresse de demander s’il percevra - comme convenu dit-il ! - la somme rondelette, le “cachet” en quelque sorte, que son statut de star de la télé et d’auteur à succès lui vaut d’obtenir, en espèces bien sûr, pour ce type de prestation.
Sans se démonter, le responsable politique lui répond que ce n’est pas l’usage ici et qu’on peut raccompagner immédiatement F.d.C. à l’aéroport. Le journaliste reste sur place et réussira plus tard à ne pas répondre à une excellente question sur les menus avantages (pas si menus que çà) dont jouissent les vedettes du petit écran.

La haine

Tuesday, November 11th, 2008

C’est si loin…90 ans ! Le dernier “poilu” a été enterré l’année dernière. En dehors du caractère férié du 11 novembre - qui me permet cette année de faire une échappée au sud de la Méditerranée - j’avoue n’avoir jamais prêté une attention poussée à la première guerre mondiale, largement occultée par les tragédies de la seconde.

Et pourtant quelle boucherie, quelle haine inexpiable entre combattants, quelle horreur absolue que ces quatre années qui ont décimé les forces vives de l’Europe.

La barbarie n’est jamais loin. Se le rappeler, toujours !