Au moment de refermer la deuxième année d’existence de ce blog, d’abord un petit retour sur ce type nouveau de “journal intime”… qui n’en est pas un, puisqu’exposé à la lecture de milliers d’inconnus, certains fidèles, d’autres - plus nombreux - qui tombent par hasard sur ces lignes. Exhibitionnisme alors?
Je me suis souvent posé la question, sans toujours parvenir à éviter les écueils qui guettent inévitablement le rédacteur d’un blog.
Ecueil de l’auto-censure d’abord : ma fonction professionnelle ne me permet pas de tout dire, et quand j’ai parfois cédé à un excès de sincérité, je n’ai pas pas toujours été bien compris ni interprété. Or un blog n’est pas un outil de “management” et ne sert pas à faire passer des messages à ses collaborateurs !
Ecueil de l’intimité aussi : certains, et je ne les en blâme pas, c’est leur absolue liberté, livrent leur vie personnelle, leurs états d’âme, leurs expériences amoureuses sur leur blog. Ce n’est pas mon genre, j’aime la pudeur, le respect tout simplement de l’intimité. Certes j’ai évoqué - et je continuerai de le faire - dans plusieurs billets, des événements qui m’ont touché ou rendu heureux, mais pour le reste je revendique, pour moi comme pour mes proches, le droit à la discrétion.
Alors, mes enthousiasmes, mes déceptions, mes coups de gueule, tout cela oui sans langue de bois, parfois sans trop de précaution de langage… ça je continuerai en toute liberté !
Je termine cette année en regardant un magnifique documentaire intitulé The Hidden Heart, a Life of Benjamin Britten and Peter Pears (EMI).

Le récit d’une aventure humaine et musicale exceptionnelle, reposant sur quantité de documents inédits, films et photos familiaux, répétitions, des témoignages de proches des deux hommes, d’interprètes de la musique de Britten, en particulier de son War Requiem (Galina Vichnievskaia, pressentie par Britten lui-même, raconte, assise à côté de son mari Mstislav Rostropovitch, qu’engagée à Covent Garden pour chanter Aida elle se préparait à la création de ce Requiem à Coventry, lorsque ordre est venu de la ministre de la culture soviétique de l’époque, la terrible Madame Fourtseva, de “ne pas se compromettre avec des chanteurs allemands” - en l’occurence Dietrich Fischer-Dieskau !!). Vichnievskaia n’a donc pas pu chanter lors de la création, mais elle a été paradoxalement été autorisée à participer plus tard à l’enregistrement pour Decca sous la direction du compositeur. Et c’est la grande soprano anglaise Heather Harper qui a dû apprendre sa partie - très difficile - en moins de dix jours, et qui raconte dans ce documentaire ce moment précieux entre tous de sa vie de femme et de musicienne.
Le plus important, dans ce film, est, au-delà de son intérêt musical et historique, le fantastique message d’amour qu’il délivre. Et qu’à mon tour j’aimerais, en ce dernier jour de 2008, vous faire partager…de tout coeur.




![The Complete EMI Recordings 1946-1984, Vol. 1: Orchestral [Box Set]](http://ecx.images-amazon.com/images/I/21YT88OIdUL._SL500_AA180_.jpg)











