Ouverture canaille hier soir du festival WienMusik de l’OPL, une soirée cabaret dans un lieu mythique de Liège, la salle du Trocadéro. Amusant de voir les deux publics d’habitués du lieu (dont on n’ose donner la moyenne d’âge !) et de fidèles de l’OPL se rencontrer, se mêler, pour un concert qui réservait aux uns et aux autres pas mal de surprises.
Le répertoire que nous avions demandé à Alexise Yerna et à des ensembles d’étudiants du Conservatoire de préprarer n’est pas fréquent: des chansons de cabaret de Schönberg, des pièces de genre (tango, foxtrott, valses chantées), des valses de Strauss transcrites pour petit ensemble par Berg, Webern et Schönberg.
Et comme tous ces répertoires “légers”, ces pièces sont d’une redoutable difficulté. On n’en a que plus de plaisir à remercier Alexise Yerna (et sa pianiste Fabienne Crutzen) - dont le nom est plus associé à l’opérette, à la variété ou aux revues dans l’esprit du public - d’avoir magistralement restitué ce répertoire. Elle tient la scène comme personne, la voix est d’une ampleur et d’une richesse admirables et la diction en remontrerait à bien des cantatrices…
Les ensembles de musique de chambre étaient, quant à eux, moins homogènes, même si on sent percer un réel talent chez certains de ces étudiants du Conservatoiire Royal de Liège. Et l’épreuve du public et d’une salle comble, le trac, expliquent sans doute quelques approximations et dérapages. Rien toutefois qui puisse gâcher le bonheur d’un public conquis.
http://www.opl.be/ZZZ-WienMusik-08-09/accueil.html
Suite aujourd’hui à 18h30 avec Philippe Cassard pour des valses…à mille temps (de Schubert, Godowski, Rachmaninov, etc.)
P.S. Certains me font remarquer (et m’en font le reproche) de passer sous silence les dramatiques faits récents de l’actualité, la tempête dans le Sud-Ouest, et l’horrible série de meurtres dans une crèche de Termonde. Face à la douleur, à l’incompréhensible, c’est, pour moi, la pudeur, le respect qui s’imposent, et je ne vois pas la nécessité d’en rajouter dans le grand maelström compassionnel qu’alimentent les médias.
Oui, si vous permettez : une femme lumineuse. Quant à la rencontre des publics et des prouesses vocales, que diriez-vous de Stimmhorn ? Ce concert m’a fascinée.
CatherineZ