J’ai été frappé par la violence des réactions et des commentaires sur la “consultation populaire” sur Liège 2015. Atterré même.
On ne peut pas se prétendre démocrate la veille d’un scrutin, et avoir un comportement parfaitement anti-démocratique le lendemain. Quand on a perdu une élection (ça m’est arrivé dans une vie antérieure !), on n’insulte pas les électeurs, les partis, les responsables politiques, on essaie d’abord d’analyser les raisons objectives de cet échec… et de se remettre soi-même en cause. C’est ce que faisait François Schreuer sur son blog (cf.mon billet d’hier), c’est aussi ce qu’exprime l’écrivain Nicolas Ancion, dont j’ai découvert le blog à l’occasion (http://ancion.hautetfort.com/).
Quand je vois des amis sur facebook se répandre en invectives, voire créer des “groupes”, contre le bourgmestre, ou le collège communal de Liège, tel parti politique, parler de “magouilles”, etc.., je me demande s’ils mesurent bien la portée de propos qui sont d’ordinaire ceux de l’extrême-droite populiste anti-parlementaire.
La consultation populaire sur Liège 2015 n’a pas déplacé les foules, n’a pas mobilisé suffisamment d’électeurs. Si plus de 90% des électeurs potentiels ne se sont pas déplacés, c’est qu’ils ne se sont pas sentis impliqués. Pourquoi? comment aurait-on dû faire pour s’adresser à cette partie si importante de la population qui n’a pas accès, qui a peur même du mot Culture? Voilà les questions à se poser. En dehors, si c’est possible (!!!) des habituelles combinaisons politiques.
Monsieur Rousseau, merci pour le renvoi vers mon blog et le gentil commentaire qui l’accompagne. Je suis, comme vous, effrayé par ces aboiements. Même si je comprends l’énergie et la rage qui les ont fait naître, je ne peux en accepter la forme, c’est certain. Je suis, par ailleurs, tout aussi étonné quand je découvre la lecture purement politique du dossier Liège 2015 proposée par la rédaction du Vif. Ainsi résumée, la consultation populaire se transforme en duel entre Reynders et Demeyer, ce que je n’ai pour ma part jamais observé ces derniers mois. Cette lecture déformée des faits m’est aussi désagréable que les gesticulations spontanées de citoyens déçus.
Comment un hebdomadaire sérieux peut-il croire que c’est le MR qui soutenait le collectif et que toute cette affaire se résumait à un bras de fer entre deux coqs ? Si ça avait été le cas, je pense que les moyens financiers au service de la campagne du oui auraient été tout autre
Voici le lien vers l’article du Vif : http://www.levif.be/actualite/belgique/72-56-29788/liege-2015–chronique-d-un-grand-fiasco-politico-culturel.html
Un petit détail sur les chiffres. Le vote de 18.446 a été enregistré alors que 158.690 convocations ont été envoyées. Ce sont donc 11,6% des votants potentiels qui ont participé à la consultation populaire (et non moins de 10%).
Pourquoi le scrutin a-t-il dès lors été invalidé ? Tout simplement parce que le «code wallon de la démocratie locale», qui régit notamment l’organisation de la consultation populaire, prévoit un quorum de 10% des habitants et non pas des électeurs.
Accessoirement, si l’on retire les 2000 convocations qui, selon la Ville, ne sont pas arrivées à destination, si l’on retire les personnes qui ont reçu une convocation sans être domicilées à Liège (des convocations ont par exemple été adressées à des étudiants Erasmus ayant quitté Liège en juin). Si, sans rouvrir la polémique, on ajoute le nombre indéterminé de personnes (probablement compris entre 500 et 1500) qui se sont rendues aux bureaux de vote mais à qui le droit de vote a été refusé pour diverses raisons (bonnes ou mauvaises, on ne refera pas ce débat), on constate que le nombre de personnes ayant marqué un intérêt pour le processus se situe probablement aux alentours de 15% de la population en âge de voter.
FS