Archive for March, 2009

Résistance

Tuesday, March 31st, 2009

Je lisais, samedi, à la une du Dauphiné libéré à Grenoble ce gros titre : “La culture résiste à la crise”.

Nous en avons eu une preuve à la MC2 : le grand Auditorium n’était certes pas comble pour l’intégrale des Solos d’orchestre de Dusapin, mais dans une autre salle le festival de jazz de Grenoble battait son plein avec le trio de Brad Mehldau !

Mais, partout, on observe un regain de fréquentation des salles de concert, de théâtre, de cinéma, d’exposition, comme si, face aux menaces de la crise, la culture, le divertissement constituaient des valeurs refuge !

J’irai plus loin : le besoin de culture n’est jamais aussi fort que dans les périodes troublées, incertaines. Pas seulement pour oublier le quotidien, mais aussi, j’en ai la conviction, pour retrouver des repères.

C’est pourquoi je ne comprends pas les grandes entreprises qui, prenant prétexte de la crise et de nécessaires “réajustements budgétaires”, réduisent, voire suppriment, leur mécénat ou leur sponsoring. Pour réaliser des “économies” (c’est d’ailleurs toujours sur la culture qu’on fait des… économies !) qui sont ridicules à l’échelle du budget de ces entreprises, on compromet les projets, l’existence, les emplois de nombre d’organismes, d’associations, de festivals culturels, et on émet surtout le pire des messages qui soit : la culture…comme une variable d’ajustement !

J’attends encore de lire ou d’entendre un grand patron annoncer, d’abord à son personnel, ensuite à ses partenaires et au public: “Tout va mal autour de nous? Raison de plus pour que notre entreprise continue à vous permettre l’accès à la culture et à ses (vraies) valeurs !”…Je sais que plusieurs d’entre eux le pensent et le font. Il faut parfois un peu de courage par rapport à un conseil d’administration ou à un comité de direction…

Beethoven à la source

Monday, March 30th, 2009

J’avais déjà eu la chance d’entendre une symphonie Héroïque d’anthologie à New York, lors du festival Mostly Mozart, donnée par la Deutsche Kammerphilharmonie et Paavo Jârvi. Les mêmes interprètes ont fait étape au Théâtre des Champs-Elysées à Paris ce week-end pour … l’intégrale des symphonies de Beethoven en quatre concerts ! Encore une performance…

Je n’ai pu - à regret - assister qu’au concert d’hier soir, avec les symphonies 6 Pastorale et 7.

Les interprètes d’abord: cette “philharmonie de chambre” est basée à Brème et constitue sans doute le meilleur ensemble européen de ce gabarit. Pour ces deux symphonies de Beethoven, 8 premiers violons, 7 seconds, 6 altos, 4 violoncelles et 3 contrebasses, dans une disposition idéale: les premiers et seconds violons en opposition, les violoncelles au centre, les basses à gauche derrière les premiers. Quant à l’harmonie, un ensemble de pupitres fabuleux, et dans la Pastorale une jeune femme cor solo absolument admirable.

Quant à Paavo Järvi, je l’ai déjà évoqué ici, c’est le futur directeur musical de l’Orchestre de Paris, et on ne l’attend pas forcément dans Beethoven. Erreur! Lui et ses musiciens allemands nous donnent constamment l’impression de redécouvrir Beethoven dans sa fraîcheur et sa nouveauté originelles.

La Pastorale reste, pour beaucoup de chefs, une énigme, un “objet musical” dont ils ne savent pas trop quoi faire. Le dernier mouvement m’avait, jusqu’à hier, toujours paru trop long et ennuyeux. Paavo Järvi et la Deutsche Kammerphilharmonie ont réussi à rendre cette symphonie passionnante de bout en bout, jouant à fond le jeu - voulu par Beethoven - de la description naturaliste - imitations de chants d’oiseaux, orage, danses paysannes - avec une jubilation communicative.

Quant à la Septième, jouée les quatre mouvements enchaînés (bravo l’orchestre !), elle aurait pû me laisser un peu sur ma faim - j’ai dans l’oreille plusieurs versions en concert de Louis Langrée, notamment avec l’OPL, qui est difficilement surpassable dans cette oeuvre -. Mais, comme dans la Pastorale, Jârvi renouvelle l’écoute, fait entendre de superbes détails aux bois… et triche un peu à la fin. Le 4e mouvement, cette sorte de perpetuum mobile sans répit, est pris dans un tempo d’abord relativement modéré, et puis, insidieusement mais très habilement, le chef presse le mouvement, et termine la symphonie dans une sorte d’exultation rythmique irrésistible.

Trois volumes de cette intégrale sont déjà parus en CD. A recommander bien évidemment !
Beethoven: Symphonies Nos. 3 & 8
Beethoven: Symphony No. 4; Symphony No. 7 [Hybrid SACD]Beethoven: Symphonies Nos. 1 & 5 [Hybrid SACD]

Performance

Sunday, March 29th, 2009

Je rentre de Grenoble, où Pascal Rophé et l’OPL ont réédité hier soir la performance accomplie vendredi à la Cité de la Musique à Paris.

Performance, c’est le mot juste pour qualifier l’intégrale donnée en concert - deux soirs de suite - des sept Solos d’orchestre de Pascal Dusapin, dont la création de Uncut, la septième et dernière d’une série de pièces entamée en 1991. A Grenoble comme à Paris, même enthousiasme, même stupeur au sens littéral du terme, du public, face à un maelström sonore d’une force, d’une énergie, d’une densité irrésistibles.

Vendredi, ce qu’on a coutume d’appeler “le milieu musical” s’était donné rendez-vous pour ce qui constituait l’un des événements de la saison musicale parisienne. Il y avait de quoi être fier d’abord de la prestation des musiciens de l’OPL et de Pascal Rophé (l’ancien, Louis Langrée, et le futur, François-Xavier Roth, directeur musical de l’orchestre avaient tenu à être présents), ensuite de tous les commentaires entendus, d’abord de la part de Pascal Dusapin lui-même. Fierté pour nous, OPL, aussi que le compositeur ait écrit pour nous une pièce aussi impressionnante que Uncut.

Et quand j’entendais répéter que “pas un orchestre parisien ne se serait engagé dans pareille performance”, je me disais que Liège et les Liégeois ont quelques raisons d’être fiers de “leur” orchestre.

Beauté

Friday, March 27th, 2009

Avant de rejoindre la Ville-Lumière pour une fameuse soirée - l’intégrale des sept solos d’orchestre, dont la création parisienne de Uncut, de Pascal Dusapin - avec l’OPL et Pascal Rophé à la Cité de la Musique (et encore demain samedi à 19h30 à la MC2 Grenoble), j’ai réécouté hier de larges extraits d’un opéra qui m’est cher. J’ai déà évoqué souvent ici Die tote Stadt de Korngold (d’après Bruges-la-Morte de Rodenbach).

Alors, juste pour le plaisir, pour le vôtre j’espère, ces deux vidéos des deux airs les plus célèbres de l’opéra. Comme de la beauté à l’état pur, surtout avec ces interprètes !

Pégagogie (suite)

Thursday, March 26th, 2009

Le billet que j’ai consacré, le 23 mars, à “la vraie pédagogie”, a suscité de nombreux commentaires (http://rousseaumusique.blog.com/4755727/#cmts). Je souhaite que le débat se poursuive et je remercie celles et ceux qui nous font partager leur expérience, leurs idées… et ceux qui s’apprêtent à le faire, sur ce blog ou via facebook.

Mon texte du 23 a pu laisser croire que je ne voyais de “vraie pédagogie” que dans des projets du type “Nous construisons une ville”… ! Evidemment non ! La question en matière de pédagogie comme de concerts n’est pas de se limiter à une ou deux options, mais de diversifier sans arrêt l’offre, les modalités, les formules. De regarder modestement ce qui marche bien ailleurs, de s’inspirer des expériences réussies, en tenant compte des spécificités locales, de la formation scolaire des enfants, etc…

C’est aussi un challenge pour l’équipe qui gère l’orchestre. On a naturellement tendance à organiser le travail des musiciens en fonction des concerts, des saisons, et - inconsciemment certes - à considérer que les travaux pédagogiques s’insèreront dans le dispositif… si on trouve le temps. Vertige de la semaine vide ! En effet, concevoir une démarche, un projet pédagogique original, prend beaucoup plus de temps, d’énergie, de ressources d’organisation, que la programmation d’un concert ou même d’une séance comme “L’orchestre à la portée des enfants”. 

Et quand j’évoque cette indispensable action pédagogique, je ne la restreins nullement aux seuls enfants, je pense, bien au contraire, qu’un grand orchestre comme l’OPL - qui tient ses ressources des subsides de la collectivité - doit avoir l’ambition de permettre à tous ceux qui n’ont pas, ou pas eu, la chance d’apprendre, de se cultiver, d’approcher la musique, d’accéder à leur tour, et à leur manière, à une source inépuisable de beauté et d’émotion.

Pionniers

Wednesday, March 25th, 2009

On ne saluera jamais assez le courage et la persévérance d’éditeurs de disques, grâce à qui des pans entiers de répertoire, des artistes, ont été révélés aux plus larges publics. CHANDOS fait partie de ces “labels” qui continuent - en dépit de la crise et de la mort annoncée du disque classique - à explorer sans relâche, et avec le concours des meilleurs ensembles, des continents oubliés, méconnus ou délaissés. C’est, par exemple, grâce à Chandos, qu’on redécouvre depuis quelques années  le répertoire symphonique…français des XIXème et XXème siècles (Lalo, d’Indy, etc.).

Très juste reflet de trente années d’audace et de foi en la musique et ses interprètes, un coffret de 30 CD vient de paraître, à un prix “super-économique”:
Milestones: 30 Years Of Chandos (30 Landmark Recordings)
   Si l’on y retrouve des versions et des interprètes devenus “de référence” d’oeuvres célèbres (5e symphonie de Tchaikovski par Jansons et Oslo, les concertos pour violon de Chostakovitch par Lydia Mordkovitch et Neeme Järvi), on voit se succéder les noms et les oeuvres de Lili Boulanger, Alexandre Gretchaninov, Arnold Bax, Hamilton Harty - les Britanniques évidemment sont bien servis ! -, parfois les premiers CD d’interprètes qui ont acquis la célébrité (et quitté leur “maison” d’origine pour des “majors” qui ne les ont pas forcément mieux servis !), Neeme Järvi, Simon Standage, Richard Hickox, Paul McCreesh, etc.

Ce serait dommage de ne pas profiter de pareille aubaine !

L’art fait sa foire

Tuesday, March 24th, 2009

Maastricht accueillait, ces dix derniers jours, la plus importante foire de l’art et des antiquités du monde (TEFAF). Je l’ai visitée en deux temps: vendredi, j’étais invité par les Gouverneurs des provinces du Limbourg (néerlandais) et de Liège - mais un agenda très serré ne m’avait pas permis de parcourir la foire - et samedi j’ai pris le temps de me laisser éblouir par la plus fabuleuse collection de peintures, de sculptures, de mobilier, de bijoux anciens, qui se puisse imaginer.

Deux réflexions:
1. La crise n’est pas pour tout le monde! Les chiffres sont vertigineux, le défilé des grosses cylindrées et des “jets” privés à l’aéroport de Maastricht, le montant des transactions réalisées (record cette année pour un Basquiat et un Van Gogh), le luxe même des installations de la foire, donnent le tournis. Evidemment le pékin moyen est exclu de cet univers: la moindre lithographie, esquisse, dessin, n’est pas proposée à moins de 8000 €… Il est vrai aussi que l’art est un placement sûr, qui ne risque pas les décotes abyssales de la bourse, ou les fluctuations de l’immobilier. On ne connaît pas d’oeuvre d’art qui perde de la valeur au fil des ans!
2. A ceux qui, comme moi, pensent naïvement que tous les Rembrandt, Monet, Picasso, Van Gogh, bref tous les “grands noms” de la peinture sont dans les musées, une foire comme le TEFAF oppose un flagrant démenti. Dans la partie que j’ai le plus attentivement visitée - l’art “moderne” (autrement dit le XXème siècle), il n’était pas rare de trouver des Modigiliani, Rouault, Seurat, Henri Martin, bien sûr des Picasso, Léger, Mondrian…et plus près de nous des Fontana, Basquiat, Alechinsky. J’ai repéré des Nolde, Hundertwasser, inabordables bien sûr. Détesté - mais ce n’est pas nouveau - l’imposture des Twombly ou Dubuffet…

A l”opposé de cette approche très élitiste de l’art, on peut saluer (et on conseille vivement) l’exposition temporaire consacrée à Paul Delvaux au Grand Curtius à Liège, un magnifique ensemble muséal à découvrir absolument, et une belle rétrospective d’un peintre singulier.

La vraie pédagogie

Monday, March 23rd, 2009

J’ai assisté samedi, au petit théâtre de l’Opéra royal de Wallonie, à l’avant-dernière “représentation” d’un spectacle en tous points exemplaire. Le point de départ (et d’arrivée!) est un mini-”opéra” de Paul Hindemith Nous construisons une ville, ou plus exactement une courte pièce destinée à être pratiquée par des enfants. Typique du Hindemith avant-gardiste des années 20 et des utopies en vogue à l’époque (le Bauhaus est contemporain!): les enfants construisent une cité idéale sans adultes !

L’intérêt du projet mené à Liège est qu’il a associé de nombreux partenaires et surtout des classes d’écoles de quartiers qu’on désigne pudiquement de “sensibles’. Six mois de travail sur la musique bien sûr, mais surtout sur le texte, en très grande partie réécrit par les enfants, travail de mise en scène, d’apprentissage du jeu d’acteur, du chant choral. Pour un résultat enthousiasmant, qui n’avait rien à voir avec une sympathique fête de fin d’année scolaire ou un spectacle de patronage.

Pour moi la vraie pédagogie, le vrai moyen de permettre à tous ces enfants, quelle que soit leur origine (et dans le cas présent, elle était multiple, multi-culturelle), leur niveau éducatif, d’approcher la culture, la musique, de manière sensible..et durable. Parce que l’expérience, le travail qu’ont réalisés ces gamins ne sont pas près de s’effacer de leurs mémoires, et leur auront sûrement donné envie d’aller plus loin.

J’ai depuis des années un débat - jamais achevé - avec les responsables des Jeunesses Musicales, avec qui l’OPL coproduit, chaque saison, une série intitulée “L’orchestre à la portée des enfants”. Depuis des années, je pense que ce que nous proposons ainsi - et qui a du succès ! - s’adresse plus aux parents et grands-parents qu’aux enfants eux-mêmes, et que ceux-ci sont trop souvent traités comme des spectateurs passifs de “spectacles” conçus par des adultes.

Ce que j’ai vu samedi a fini de me convaincre que nous devons - nous orchestre - consacrer beaucoup plus de temps, d’imagination, d’énergie, à développer des projets qui impliquent totalement les enfants et leurs maîtres, qui en font des acteurs de la découverte de la musique et de l’orchestre.

Dusapin et Mantovani

Sunday, March 22nd, 2009

Voilà le commentaire que je trouve ce matin, venant d’un fidèle auditeur de l’OPL et lecteur de ce blog.

“Je n’ai pas la patience d’attendre votre prochain post pour dire à quel point j’ai aimé le concert d’hier…

Pascal Dusapin a vu juste en décrivant “Uncut” comme un mur… C’est vraiment une démonstration orchestrale, un “pain dans la gueule” que l’auditeur se prend… Jubilatoire…

Et le concerto de Mantovani, c’est un thriller… C’est passionnant d’un bout à l’autre… D’ailleurs, il fallait voir la concentration dans la salle… Le public retenait son souffle comme devant un bon film à suspense… Il y a plein de rebondissements dans cette musique…

Bravo… ” (Hugues).

Je n’ai pas, finalement, à y ajouter grand chose. Sauf à redire que le concerto pour deux altos de Bruno Mantovani était servi par deux solistes exceptionnels, en état de grâce, Tabea Zimmermann et Antoine Tamestit, que l’oeuvre, en effet plus longue que les précédentes oeuvres orchestrales du compositeur, tient en haleine solistes, musiciens, chef et public. Je connais des auditeurs qui ont suivi le concert à la radio sur MUSIQ3 et qui sont restés “scotchés” à leur appareil jusqu’à la fin. C’est la preuve - s’il en était besoin - qu’une oeuvre forte, dense, construite, convainc, entraîne, enthousiasme dès la première écoute !

Quant à Dusapin, j’ai hâte d’entendre l’intégrale du cycle des 7 Solos d’orchestre jeudi prochain à Paris, et de constater, ce qu’on peut déjà pressentir, que Uncut clôt magistralement cette série.

La musique aujourd’hui

Saturday, March 21st, 2009

ARS MUSICA - le festival de musique contemporaine belge - s’est installé à Liège le temps de ce week-end. Evidemment, l’OPL et Pascal Rophé en sont les principaux acteurs.

A l’éternel débat sur l”hermétisme de la musique contemporaine, sur son rejet par le “grand public”, les soirées de jeudi et vendredi ont apporté des réponses incontestables.

Jeudi, on ne pouvait imaginer d’ouvrir ARS MUSICA LIEGE sans un hommage à Henri Pousseur, qui fut longtemps directeur du Conservatoire de Liège, et qui est l’une de ces figures “incontournables” de la musique du XX° siècle. Une courte pièce électronique “Scambi” et une nouvelle version de “Rimes” une pièce pour orchestre “éclaté” et dispositif électronique (1958). De l’aveu même de Pascal Rophé, et de beaucoup d’auditeurs, des oeuvres qui portent leur âge, et qui ont contribué à l’image réductrice, voire négative de la “musique contemporaine” dans le public.

Hier soir, contraste complet. D’abord Ligeti - qui est pourtant de la même génération que Pousseur, Boulez, Berio ou Stockhausen - avec une pièce magistrale “Atmosphères” (1961). Un chef d’oeuvre, comme un océan sonore immobile, dont les mouvements sous-marins ne font qu’affleurer, une étude de timbres orchestraux fascinante. Ecoutant cette oeuvre (comme presque tout Ligeti d’ailleurs !) on ne se pose jamais la question du pourquoi et du comment, encore moins de l’inspiration et du sens.

Venait ensuite, présenté par le compositeur lui-même, le 7e Solo d’orchestre Uncut de Pascal Dusapin, en avant-première (le cycle complet des sept Solos est donné par l’OPL et Pascal Rophé à la Cité de la Musique à Paris le 27 mars et à la MC2 Grenoble le 28). Puis Bruno Mantovani avec son Concerto pour deux altos (et quels solistes…Tabea Zimmermann et Antoine Tamestit !).

Je reviendrai sur chacune de ces oeuvres - magistrales -, sur l’accueil formidable que leur a réservé le public de l’OPL.