La musique aujourd’hui

ARS MUSICA - le festival de musique contemporaine belge - s’est installé à Liège le temps de ce week-end. Evidemment, l’OPL et Pascal Rophé en sont les principaux acteurs.

A l’éternel débat sur l”hermétisme de la musique contemporaine, sur son rejet par le “grand public”, les soirées de jeudi et vendredi ont apporté des réponses incontestables.

Jeudi, on ne pouvait imaginer d’ouvrir ARS MUSICA LIEGE sans un hommage à Henri Pousseur, qui fut longtemps directeur du Conservatoire de Liège, et qui est l’une de ces figures “incontournables” de la musique du XX° siècle. Une courte pièce électronique “Scambi” et une nouvelle version de “Rimes” une pièce pour orchestre “éclaté” et dispositif électronique (1958). De l’aveu même de Pascal Rophé, et de beaucoup d’auditeurs, des oeuvres qui portent leur âge, et qui ont contribué à l’image réductrice, voire négative de la “musique contemporaine” dans le public.

Hier soir, contraste complet. D’abord Ligeti - qui est pourtant de la même génération que Pousseur, Boulez, Berio ou Stockhausen - avec une pièce magistrale “Atmosphères” (1961). Un chef d’oeuvre, comme un océan sonore immobile, dont les mouvements sous-marins ne font qu’affleurer, une étude de timbres orchestraux fascinante. Ecoutant cette oeuvre (comme presque tout Ligeti d’ailleurs !) on ne se pose jamais la question du pourquoi et du comment, encore moins de l’inspiration et du sens.

Venait ensuite, présenté par le compositeur lui-même, le 7e Solo d’orchestre Uncut de Pascal Dusapin, en avant-première (le cycle complet des sept Solos est donné par l’OPL et Pascal Rophé à la Cité de la Musique à Paris le 27 mars et à la MC2 Grenoble le 28). Puis Bruno Mantovani avec son Concerto pour deux altos (et quels solistes…Tabea Zimmermann et Antoine Tamestit !).

Je reviendrai sur chacune de ces oeuvres - magistrales -, sur l’accueil formidable que leur a réservé le public de l’OPL.

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