Archive for April, 2009

Quand viendra la saison nouvelle…

Thursday, April 30th, 2009
Je considère depuis longtemps que l’annonce d’une saison - avec, de surcroît, cette année l’arrivée d’un nouveau directeur musical, François-Xavier Roth - doit être l’occasion d’une fête, d’un spectacle, d’un moment de connivence entre les musiciens, les artistes invités, et leur public. Deux salles combles sont bien le signe que ce rendez-vous est attendu et nécessaire.
Pourquoi le cacher, nous nous sommes fait plaisir en préparant la saison 2009/2010 placée sous l’égide du CONCERT DES NATIONS. Pour certaines oeuvres, c’était un rêve d’adolescent que de parvenir à les programmer, et l’incroyable curiosité, un goût certain de l’aventure aussi, de F.X.Roth, ont permis à ces rêves de se réaliser: le fabuleux Kullervo de SIbelius, l’intégrale des six poèmes symphoniques qui forment le cycle Ma Patrie de Smetana (il n’y pas que la Moldau !), la 2e symphonie de Szymanowski, Mathis der Maler de Hindemith, la 2e symphonie de Rachmaninov, Rituel de Boulez,  mais aussi des programmes-manifestes qui n’excluent aucune époque, aucun style: l’exotisme à la française avec la suite des Indes galantes de Rameau (oui sur un orchestre “moderne” !!), le 5e concerto “L’Egyptien” de Saint-Saens, Alborada del grazioso de Ravel et Iberia de Debussy, une ouverture de saison à l’anglaise avec les grands commémorés de l’année, Haendel et ses Royal fireworks, Haydn et l’une de ses symphonies londoniennes (la 96e), et l’oeuvre-phare de Holst Les Planètes. 
Je ne vais pas tout citer, il faudra découvrir une saison qui nous enthousiasme, et les premiers échos recueillis auprès du public hier et avant-hier semblent indiquer que cet enthousiasme est partagé…
http://www.rtc.be/content/view/8151/8151/

Les jours et les soirs

Wednesday, April 29th, 2009

Journée et soirée extrêmement chargées hier, et rebelote aujourd’hui.

Un moment très important de la vie d’un orchestre avec le dévoilement de la prochaine saison et la découverte - pour le public - d’un nouveau directeur musical, François-Xavier Roth.

Et le tout conçu comme une rencontre, un spectacle total, et non comme une banale présentation. Une mobilisation de toute l’équipe de l’orchestre, un formidable engagement des musiciens. Beaucoup de bonheur qui récompense de beaucoup d’efforts.

On en reparle demain !

La musique qui sauve

Tuesday, April 28th, 2009

Je suis encore sous un double choc, des moments exceptionnels de l’intégrale des concertos de Beethoven, donnée ce week-end par Robert Levin, Pascal Rophé et l’OPL, et l’écoute d’un disque “live” de la 8e symphonie de Bruckner par Bernard Haitink et la Staatskapelle de Dresde.

Je mentirais si je disais que j’ai pareillement aimé tous les concertos de Beethoven, et parfois un peu de fatigue ou de baisse de tension était bien excusable lors de ce marathon. Tous les concerts furent du meilleur niveau, mais celui de samedi soir (avec les 2e et 4e concertos) restera pour beaucoup un pur moment d’état de grâce. Cet instant très précis, dans un concert, où tout bascule de l’intéressant, voire du passionnant, vers l’ineffable, l’inouï au sens premier du terme. On avait cela dans le mouvement lent du 4e concerto, plus énigmatique et désolé que jamais…

Quant à Haitink, ce ne serait jamais que sa dixième (!) gravure de la 8e symphonie de Bruckner. Mais est-ce dû aux circonstances ? cette 8e là est à couper littéralement le souffle. On se rappelle peut-être qu’au cours de l’été 2002, les crues exceptionnelles de l’Elbe ont inondé une bonne partie de la ville de Dresde, notamment tous les bâtiments culturels, comme le Semperoper. Haitink était alors le directeur musical de la célèbre phalange allemande, et plusieurs concerts furent décidés et donnés pour récolter des fonds pour la remise en état des lieux. Musiciens et chefs étaient-ils lors de ce concert, heureusement capté par la radio publique, plus conscients ou inspirés par l’enjeu ? Certainement… A écouter en tous cas pour le bien de l’âme.
Edition Staatskapelle Dresden, Vol. 24

Les voix de la radio

Monday, April 27th, 2009

On connaît la blague qui court dans les milieux de l’audiovisuel : il ou elle a un “physique de radio” ! On veut dire par là que la beauté ou la sensualité d’une voix n’est pas forcément en rapport avec l’apparence physique de celui ou celle qui la possède.

Parfois il y a coïncidence. Ainsi Macha Béranger, décédée hier à (seulement) 67 ans, et “voix de la nuit” par excellence sur France-Inter pendant près de 30 ans, était conforme à l’image qu’on pouvait se faire d’elle en écoutant sa voix grave, éraillée, assourdie par de nombreuses cigarettes.

A l’inverse, je me rappelle, avec nostalgie puisqu’elle est aujourd’hui décédée, une excellente collègue entrée le même jour que moi à la radio suisse romande il y a quelques années (!!!). Un peu comme Macha Béranger, mais sans la raucité tabagière, elle usait - sans en abuser - de la sensualité de sa voix, et bien des auditeurs fantasmaient sur sa personne. Un jour, recevant de la visite à mon bureau de la radio, mon hôte du moment me fait part de son admiration pour Y.T. et me confie qu’il rêve de la connaître. “Cela tombe bien, lui dis-je, c’est elle qui arrive au bout du couloir”. Tête de mon visiteur…voyant s’approcher une silhouette imposante à la Jessye Norman !!

Et ce dimanche matin, à l’écoute de MUSIQ3, j’entendais avec un réel bonheur une émission produite par la Radio Suisse Romande / ESPACE 2, une sorte de feuilleton sur Rembrandt, présenté, dit, illustré à la perfection par Charles Sigel. On n’imagine pas que ce producteur qui incarne ce qu’une radio culturelle peut offrir de meilleur, ait jamais fait autre chose que de la radio. Et pourtant, je l’ai connu tenant un magasin de chaussures à Thonon-les-Bains, faisant parfois du théâtre amateur. Lorsque, en 1992, j’ai proposé à la direction de la chaîne romande de recruter des producteurs par concours - c’était une première ! - Charles Sigel s’est présenté, et a été engagé avec quatre autres personnes. Les cinq continuent d’être aujourd’hui des voix reconnues et aimées de la radio.

Sourire

Sunday, April 26th, 2009

La musique ce n’est pas toujours sérieux (heureusement!). Quelques séquences inoubliables, qu’on ne se  lasse pas de voir et revoir :


Poiret et Serrault fabuleux !

Moins connu ce clip anglais, où Dudley Moore singe (en l’imitant à la perfection) le grand ténor Peter Pears qui fut le compagnon à la vie comme à la scène du compositeur Benjamin Britten.

Et puisqu’il termine ce dimanche son marathon Beethoven, je dédie à Robert Levin cette vidéo, qu’il connaît sûrement…

Beethoven encore

Saturday, April 25th, 2009

Au début d’un week-end qui permettra à d’heureux Liégeois et aux auditeurs de Musiq3 d’entendre l’intégrale des concertos pour piano de Beethoven (y compris la version pour piano de Beethoven lui-même de son propre concerto pour violon !) sous les doigts experts et passionnants de Robert Levin - et avec le concours tout aussi expert de Pascal Rophé et de l’OPL ! - j’aimerais donner ici quelques références discographiques peu courantes.

Bien sûr, Kempff, Zacharias, Gulda, tant d’autres figurent dans ma discothèque et doivent être réécoutés souvent. Mais on aurait tort de ne pas prêter une oreille attentive à ces versions :

Beethoven: Die Klavierkonzerte; Chorfantasie, Op. 80 
On connaît les enregistrements légendaires, tout de fougue et de feu, des 3e et 5e concertos de Serkin avec Bernstein et New York (SONY), mais cette intégrale (comprenant la Fantaisie Chorale) captée “sur le vif” en 1977 à Munich avec Kubelik et le somptueux orchestre de la Radio Bavaroise montre le grand pianiste à son apogée.

Emil Gilels Plays Beethoven (Box Set)
Un an plus tôt, un autre géant du piano, Emil Guilels donnait ces concertos à Moscou avec l’orchestre symphonique de l’URSS dirigé par…Kurt Masur. Explosif, fabuleux. Avec des prises de risque maximales.
Il y a bien d’autres exemples de l’art de Guilels dans Beethoven, notamment une intégrale de ces concertos de Beethoven, très corsetée, presque austère, avec George Szell et Cleveland (EMI).

Beethoven: Piano Concerto No. 5 "Emperor"; Piano Sonatas Nos. 8 "Pathétique" & 14 "Moonlight"Beethoven : Les Chefs-d'oeuvre (coffret 50 CD)

Aujourd’hui un peu oublié, même s’il poursuit sa carrière, un extraordinaire pianiste, Bruno-Leonardo Gelber, a donné dans les années 60, des versions réellement exceptionnelles des deux concertos de Brahms et de Beethoven, les 3e et 5e concertos. On trouve ces deux derniers dans le grand coffret EMI (Les chefs d’oeuvre de Beethoven…en 50 CD!), et seulement L’Empereur en version séparée avec un accompagnement de luxe du New Philharmonia et de Ferdinand Leitner (le chef qui a signé la seconde intégrale de Wilhelm Kempff). Je mets cette version du 5e concerto de Beethoven en tête de mes préférées  !

Beethoven: Piano Concertos Nos. 2 & 5
Ne pas oublier non plus, à tout petit prix (NAXOS), la très belle intégrale réalisée en 1998 par Stefan Vladar - un pianiste qu’on commence à bien connaître à Liège -.

Le bouchon de Liège

Friday, April 24th, 2009

Hier soir, à la Salle philharmonique de Liège, une petite musique d’un genre un peu différent : la soirée de remise de la Marianne de Cristal (et du Mérite de Cristal) organisée par la Chambre française de commerce et d’industrie des provinces de Liège et Luxembourg (ouf!). Ce prix récompense l’entreprise installée en Wallonie qui a réalisé les meilleures performances en terme d’échanges avec la France.

Et cette soirée annuelle est surtout l’occasion pour les entreprises et les responsables politiques et économiques présents d’échanger et de constater que, si la crise produit ici comme ailleurs des effets parfois dévastateurs, la Wallonie est bien loin de ressembler à la caricature qu’on en a fait depuis une vingtaine d’années. Le nombre et la qualité des entreprises qui innovent, prennent des positions de pointe sur le marché européen, est impressionnant…et rassurant.

Ainsi, hier soir, parmi les entreprises qui avaient posé leur candidature à la Marianne de Cristal, on découvrait une petite PME Sport-Base qui construit des jeux pour enfants et qui est en train d’équiper l’énorme  marché des enseignes de fast-food en France - Quick pour ne pas les nommer ! - aucune entreprise française ne proposant le même produit ! Ou bien encore Delos qui développe, pour le moment surtout dans le sud de la France, un revêtement très performant, souple, étanche, et surtout doté de milliers de cellules photo-voltaïques, pour de grandes surfaces de toiture.

Mais la Marianne a été remise, après décision d’un jury indépendant, à une entreprise qui connaît un développement spectaculaire, et que chacun connaît sans la connaître : NOMACORC ( http://fr.nomacorc.com/ ). Il s’agit rien moins que du premier fabricant mondial de bouchons synthétiques, installé à Thimister. Evidemment on n’échappe pas au paradoxe : c’est à Liège qu’on ne fabrique plus les bouchons de liège !

J’avais eu l’occasion de rencontrer les patrons de cette entreprise il y a quelques années et ils racontaient la réussite de leur implantation dans des pays de viticulture récente (Chili, Australie, Afrique du sud) mais aussi les réticences des vignerons français, qui ne pouvaient imaginer que le bordeaux, le bourgogne ou le muscadet puissent être bouchés synthétiquement. Hier soir, le directeur commercial de NOMACORC annonçait qu’une bouteille sur six, produite en France, est équipée d’un bouchon synthétique !

Musicologie

Thursday, April 23rd, 2009

Il est inhabituel que j’évoque ici un événement… qui n’a pas encore eu lieu : en l’occurence l’émission Table d’écoute qui sera diffusée ce dimanche à 14 h sur MUSIQ3 (écoutable aussi par internet et “podcastable” sur www.musiq3.be ). Cette émission, consacrée au 5e concerto pour piano “L’Empereur” de Beethoven a été enregistrée hier soir en public à la Salle philharmonique de Liège, avec, comme invités de marque, les protagonistes de l’intégrale des concertos de Beethoven donnés ce week-end : Robert Levin et Pascal Rophé.

A tous ceux qui pensent - ils n’ont pas toujours tort ! - que la musicologie est forcément ennuyeuse, ou trop technique ou réservée aux spécialistes, ou qui croient connaître par coeur ce cheval de bataille du grand répertoire, je conseille très vivement d’écouter cette émission. Ils seront “scotchés” - comme l’était l’assistance hier soir - par la personnalité, le propos, l’intelligence, la clarté pédagogique de Robert Levin.

J’avais promis à la productrice Anne Mattheuws qu’avec un tel invité on ne risquait pas de s’ennuyer ! Le résultat a dépassé toutes ses espérances, et Pascal Rophé ne s’est pas montré moins passionnant.

Robert D.Levin est né en 1947 à New York. Il est tout à la fois pianiste, compositeur, pédagogue, musicologue, parle couramment plusieurs langues (il a retenu de ses années d’études auprès de Nadia Boulanger une subtile pratique du français). Sa curiosité, sa gourmandise plutôt, sont intactes, et il ne cesse de vous faire (re)découvrir les liens parfois souterrains qui unissent compositeurs, styles, époques : une encyclopédie vivante, au sens que donnaient à ce mot les philosophes des Lumières. Ainsi, hier après l’émission, au cours d’un dîner qu’il a bien fallu interrompre à regret, Robert Levin évoquait par exemple les tribulations d’un thème (do, ré, fa, mi) qui tient sa célébrité du début du 4e mouvement de la symphonie Jupiter de Mozart. Mais c’est aussi le début du finale de la 13e symphonie de Haydn, Beethoven le reprend dans son premier concerto pour piano, hasard ou volonté? ce sont aussi les tonalités successives des quatre symphonies de Brahms….

Bref avec Robert D. Levin c’est une exploration sans fin de la musique, de la manière la plus savante et la plus ludique qui soit. Et quand je lui faisais le compliment d’être un musicologue, comme on aimerait qu’ils le soient tous, il répond que cette vocation lui est venue par hasard. Très jeune. A l’âge où les garçons jouaient avec des Dinky toys, lui demandait à son père de lui offrir les partitions de la monumentale Bach-Ausgabe, puis ce fut l’intégrale des quatuors de Mozart. Le petit Robert, à 12 ans, remarquait déjà des incohérences et des erreurs dans cette édition… et se promettait d’aller chercher la vérité dans les manuscrits. Ce qu’il fait depuis 50 ans !  Et si on croît que le champ de compétences de Levin se restreint à Bach, Mozart, Beethoven et la période classique, il suffit de regarder sa discographie, son agenda de concerts pour se convaincre au contraire de l’étendue de ses horizons musicaux. Il nous confiait hier avoir enregistré en décembre dernier l’intégrale de l’oeuvre pianistique…d’Henri Dutilleux !

Bref, on aurait grand tort de ne pas écouter l’émission de MUSIQ3 dimanche… et surtout l’intégrale des concertos de Beethoven proposée par Robert Levin, Pascal Rophé et l’Orchestre philharmonique de Liège ce week-end (avec un avant-goût ce soir à Bruxelles, avec les 3e et 5e concertos)

Beethoven: Piano Concerto No. 5 "Emperor" - Choral Fantasy / R. Levin, Gardiner

Levin a gravé, sur quatre pianoforte différents, les concertos et la Fantaisie chorale de Beethoven avec John-Eliot Gardiner et l”Orchestre Révolutionnaire et Romantique pour ARCHIV.

Immortels

Wednesday, April 22nd, 2009

Ils sont quasi-contemporains, l’une vient de disparaître, l’autre porte son éternelle jeunesse.

J’ai appris la mort de Maria Curcio par le talentueux et affectueux article qu’Alain Lompech lui a consacré dans Le Monde de vendredi dernier.
Extrait : Professeur de piano. La pianiste Maria Curcio est morte le 30 mars, à Cernache do Boa Jardim (Portugal). Elle était âgée de 88 ans. « Ton pouce ! » : de la cuisine où elle préparait les pâtes pour Laurent Cabasso, Maria Curcio avait entendu que le pianiste avait mis un mauvais doigté. Et des sucres lents, il allait en avoir besoin car, comme le dit ce musicien : « Quand Maria faisait travailler un élève, elle ne lâchait jamais prise, jusqu’à ce qu’elle obtienne ce qu’elle voulait. Le temps n’existait plus. On sortait épuisé de la leçon qui pouvait durer du matin au soir. Et quand elle se mettait au piano pour donner un exemple, c’était indescriptible de beauté. Ce qui nous inspirait.”

J’ai eu l’extrême chance de pouvoir entendre Maria Curcio et échanger quelques mots avec elle. Eric Le Sage, qui a été l’un de ses élèves, l’avait invitée il y a une dizaine d’années à Salon-de-Provence lors du merveilleux festival qu’il organise au château de l’Empéri (avec ses/mes amis Paul Meyer et Emmanuel Pahud). Toute frêle et menue, Maria Curcio avait accepté, pour Eric, de jouer quelques quatre mains de Schubert. La tendresse, l’affection, la complicité du maître et de l’élève devenus amis, tout Schubert était là, et une émotion intense. Un souvenir immense d’une belle nuit de Provence.

Au moment où j’écris ce billet, je parviens difficilement à me détacher d’ARTE, qui diffuse à cette heure très matinale, une séquence extraordinaire sur un autre musicien du même âge que Maria Curcio, mais toujours bien vivant, Ivry Gitlis. Je le vois pratiquement à chaque concert à Paris, fagotté comme un violoneux des rues, mais toujours d’une prodigieuse curiosité et d’une vivacité physique impressionnante. On a oublié aujourd’hui l’extraordinaire musicien qu’il a toujours été, et même si on ne retient que son exceptionnelle virtuosité, il faut l’écouter - comme ce matin - dans le concerto de Tchaikovski pour constater que, comme son amie Martha Argerich, Gitlis est tout entier dans la musique et pas du tout dans l’esbroufe. Ivry Gitlis à réécouter ou à revoir dans ces quelques documents :
The Art of Ivry GitlisPaganini-Concerto Pour Violon N 1 et 2
Méditation de Thaïs et 18 pièces célèbres pour violonBeethoven: Concerto No. 2; Haydn: Concerto No. 11; Schumann: Fantaisie; Fantisiestücke; etc.
(Dans ce double album RCA, outre des versions de référence du concerto en ré majeur de Haydn et du 2e concerto de Beethoven par Martha Argerich et le London sinfonietta, on trouve justement un magnifique exemple de la complicité qui règne entre les deux musiciens…avec la Sonate de Franck !)
Ivry Gitlis [DVD Video]

Gesticulations

Tuesday, April 21st, 2009

Deux épiphénomènes, d’inégale importance, dans l’actualité de ces derniers jours. Qui ressortissent au genre très prisé de la gesticulation médiatique.

D’abord la prise de parole du président iranien dans une enceinte de l’ONU…consacrée aux Droits de l’Homme. On savait, on avait prévu ce qu’il allait dire, et la sortie des représentants des pays européens était tout aussi prévue et prévisible. Et ça nous fait de belles images que les télés du monde entier repassent en boucle. Chacun est dans son rôle : les bons contre le méchant.

Ensuite la polémique bien hexagonale sur les propos de Sarkozy et Royal. L’icône du peuple de gauche demandant pardon non seulement pour d’anciens propos du président de la république tenus à Dakar il y a deux ans, mais aussi pour ce qui lui aurait été rapporté de ce que Sarkozy aurait dit (que de conditionnels !) devant un groupe de parlementaires à propos de Zapatero (et d’autres dirigeants du monde). A vouloir toujours tenir le devant de la scène, ces deux-là - Nicolas et Ségolène - ressemblent à ces chanteurs sans voix qui n’en finissent pas de faire leurs adieux. A trop parler, ils ne sont plus audibles. A fortiori lorsqu’ils dérapent.