Archive for May, 2009

Ratatouille

Sunday, May 31st, 2009

J’entendais ce matin Juliette Gréco dire sur France 2 qu’elle adorait faire la cuisine. Je partage ce goût avec elle, mais les occasions sont très (trop) rares et les excuses toujours les mêmes.

En ce dimanche sans contrainte, je me suis donc mis à un des plats que je préfère, un “basique” de la cuisine méditerranéenne, qu’il n’est pas difficile de réussir…ou de rater : la ratatouille niçoise.
Voici donc “ma” recette :

Les ingrédients :
- 1 gousse d’ail, 1 oignon
- 1 belle aubergine, 2 courgettes
- 1 poivron de chaque couleur (vert, jaune, rouge)
- 4 belles tomates
- Huile d’olive
- Gros sel marin

La préparation :
- Placer une grande poële sur feu vif
- Deux bonnes cuillères d’huile d’olive et une pincée de gros sel
- Faire revenir l’ail émincé
- Puis l’oignon
- Peler les poivrons, les évider et les émincer et les jeter dans la poële (toujours à feu vif)
- Idem pour l’aubergine
- Idem pour les courgettes
- Découper (SANS les peler) les tomates en quatre, et les placer sur les autres légumes dans la poële.

Il est très important de suivre exactement cet ordre de mise en place des différents légumes, pour qu’ils puissent “sécher” d’abord, puis s’imprégner des sucs successifs. Ne baisser le feu que lorsque l’ensemble aura bien réduit. Une bonne ratatouille ne “baigne” pas…

Les vrais amateurs de ce plat savent que la ratatouille est encore meilleure réchauffée, on peut donc la préparer en quantité à l’avance !

Bonne dégustation !

Aimez-vous Brahms ?

Saturday, May 30th, 2009

Brilliant Classics a pris une longueur d’avance en proposant, à tout petit prix (parfois moins de 0,50 € par CD !), des coffrets d’intégrales Bach, Beethoven, Brahms, Chopin, etc.

Les “majors” (EMI, SONY, Universal) s’y sont mises à leur tour, non sans réticences initiales. DECCA vient de republier à prix “Brilliant” les symphonies de Haydn par Dorati, ou les quatuors du même Haydn par les Aeolian. EMI avait publié en deux imposants coffrets l’intégrale de son fonds Karajan.
Brahms Complete Edition

Aujourd’hui, Deutsche Grammophon réédite en un beau boitier carton (solide !) une ”édition” Brahms qui avait fait date dans les années 1990. Une quasi-intégrale, avec le haut du panier dans les interprètes.
Les symphonies (et Variations Haydn et ouverture tragique) sont celles de Karajan et Berlin, mais la dernière version enregistrée en 1984/85 qui, pour moi, est la plus aboutie des trois intégrales des symphonies que le chef a réalisées pour DGG. Les autres pièces d’orchestre (Sérénades, Danses hongroises) sont dues à Abbado, bien propres, mais trop sages. Les concertos pour piano sont malheureusement les versions si fades de Pollini (avec pourtant un “accompagnement” exceptionnel de Böhm et Vienne dans le 1er) - je reviendrai sur le “cas” Pollini -, le concerto pour violon aurait dû/pu être celui de Ferras/Karajan, on a préféré la jeune Anne-Sophie Mutter, qui donne un beau “double” avec Antonio Meneses, couvés par le vieux Karajan.
C’est sans doute dans les Lieder qu’on retrouve des versions de référence, dues pour l’essentiel des mélodies à Jessye Norman et Dietrich Fischer-Dieskau, bénéficiant du piano somptueux de Daniel Barenboim.
Magniques pages chorales dues à Giuseppe Sinopoli et aux choeur et orchestre philharmonique tchèques, un Deutsches Requiem capté “live” sur le tard à Vienne avec Giulini, Barbara Bonney et Andreas Schmidt.

Rien à “jeter” dans ce beau coffret de 46 CD, accessible pour moins de 70 € !

Guides

Friday, May 29th, 2009

Les Guides de toutes sortes restent un outil indispensable, malgré la profusion de sites internet à visée encyclopédique. Dans le domaine musical, on a fréquemment recours aux guides édités par Fayard (sur la musique symphonique, la musique de chambre, d’opéra, etc…). Le seul problème de ces ouvrages est leur timidité dans certains répertoires, notamment la musique de notre temps.

Je viens d’acquérir coup sur coup deux livres, que j’ai au départ feuilletés distraitement, pensant qu’ils ne me seraient pas très utiles. Je n’ai pas véritablement fait de découvertes, ni appris du vraiment nouveau par rapport à ce que j’avais déjà dans ma bibliothèque. Mais - pour ceux qui cherchent un cadeau intelligent à faire ! - je recommande très vivement :

La Musique ClassiqueL'Opéra

Ouvrages collectifs publiés par Gründ, remarquablement traduits en français, ces deux guides sont ce qu’on fait de mieux en termes d’iconographie, de documentation bibliographique et discographique, de textes intelligents et accessibles et couvrent toutes les périodes et tous les pays. Certes, les auteurs étant anglais, les compositeurs anglo-saxons sont peut-être un peu privilégiés, mais aucun compositeur important de notre temps n’est oublié.

Un vrai plaisir de parcourir, de feuilleter, de s’arrêter à telle ou telle page, de ces guides.

Le petit frère

Thursday, May 28th, 2009

On évoque naturellement la figure de Joseph Haydn à l’occasion du bicentenaire de sa mort, et on n’a heureusement pas fini de découvrir et redécouvrir son oeuvre et ses interprètes. Au passage, je signale deux rééditions (chez SONY/BMG) à acquérir les yeux fermés (et les oreilles grandes ouvertes !) :

Leonard Bernstein Conducts Haydn (Box)Haydn: Early London Symphonies

D’une part un généreux coffret Bernstein, avec les symphonies “Parisiennes” (formidables d’élan et de vitalité), les “Londoniennes” (pas toujours aussi réussies, et un orchestre souvent approximatif), trois Messes et La Création. D’autre part un double album des symphonies 93 à 98 (six “Londoniennes” donc) par le tandem de choc Szell/Cleveland, série inachevée en raison de la mort du grand chef en 1970.

Mais Joseph ne doit pas faire oublier le petit frère Michael, né comme lui en 1737 dans la petite maison familiale de Rohrau (une maison qu’on peut toujours visiter sur la route entre Vienne et Bratislava), et comme Joseph d’une longévité peu ordinaire pour l’époque puisque mort en 1806 à l’âge de 69 ans.

Le génie de Michael est moins profus ou exceptionnel, mais on aurait tort de négliger ce compositeur qui a laissé de magnifiques partitions, notamment  un Requiem de toute beauté, plusieurs symphonies (en moins grand nombre que Joseph) qui valent plus qu’une écoute distraite. On conseillera quelques disques exemplaires :

Michael Haydn: Requiem; Symphonies P9 & P16
Une version de “référence” du Requiem par…Christian Zacharias et son Orchestre de chambre de Lausanne (MDG).
Et rééditées en coffret carton à petit prix par Etctera une vingtaine de symphonies précédemment publiées sous étiquette CPO par Bohdan Warchal et son orchestre de chambre slovaque.

On est un peu en manque de versions plus “authentiques” d’un Harnoncourt ou d’un Hengelbrock. Un petit effort messieurs s’il vous plaît !

L’oreille musicienne

Wednesday, May 27th, 2009

Tombé un peu par hasard sur un bouquin paru en 2001, qui vient de bénéficier d’une “nouvelle édition revue et augmentée” en poche (Folio Essais), et dont le titre ne pouvait qu’attirer mon attention : L’oreille musicienne (Les chemins de la musique de l’oreille au cerveau). L’auteur : Claude-Henri Chouard, présenté comme un ancien chef du service ORL de l’hôpital Saint-Antoine de Paris et membre de l’Académie de Médecine.
L'oreille musicienne : Les chemins de la musique de l'oreille au cerveau

La présentation même du bouquin est déconcertante et pourrait rebuter l’amateur. L’avant-propos est plein de diagrammes et de tableaux, qui rappelleront à plus d’un le cauchemar des cours de physique ou de mathématiques du lycée ! Puis suit un envoi reprenant des entretiens de l’auteur avec des compositeurs ou des praticiens de la musique, György Ligeti, Pascal Dusapin (“Je ne peux proposer aucune définition sérieuse de la musique. En revanche, je sais que je deviens meilleur et que je me sens physiquement mieux lorsque j’entends de la musique”), Janine Reiss, James Conlon ou le jeune violoniste Julian Rachlin. Et à la plage 99 une “introduction” au sujet du livre !

Beaucoup de notions techniques bien sûr, mais jamais rébarbatives ou inaccessibles. On ne lit pas ce bouquin en une soirée, mais on peut “surfer” sur les chapitres et s’arrêter, par exemple, au quatrième intitulé “Les aventures du diapason” ou au cinquième “L’oreille absolue” . Ou lire attentivement - je me sens directement concerné professionnellement ! - le septième et dernier consacré aux “Souffrances de l’oreille musicienne”.

P.S. Pour ceux qui veulent s’amuser un peu, un petit quizz sans conséquence :
http://apps.facebook.com/la-musique–bdbgjfd/result?_fb_q=1#/la-musique–bdbgjfd/take?force=1&_fb_q=1&_fb_qsub=apps.facebook.com

Raconte moi l’Histoire

Tuesday, May 26th, 2009

Heureux de lire dans Télérama de cette semaine un beau portrait de Patrice Gélinet, créateur et producteur de l’émission quotidienne 2000 ans d’Histoire sur France-Inter. Juste un regret : qu’il ait fallu attendre que l’émission enregistre des taux record d’écoute et de podcasting pour qu’elle bénéficie de l’attention de l’hebdomadaire.

Deux exemples/extraits de l’émission :

J’ai connu Patrice Gélinet alors qu’il était directeur de France-Culture (et moi à France-Musique). Mais ce n’est qu’après que nous avons été collectivement “virés” de la direction de ces chaînes (merci Jean-Marie C. !) que nous sommes réellement devenus amis. Je peux témoigner que sa passion pour l’Histoire, pour la pédagogie intelligente, est intacte.

Cette émission est un modèle, en quelque sorte une version radiophonique du Dessous des quartes tel que nous le proposons (cf. billet d’hier) pour la musique à l’OPL. Preuve est faite à nouveau qu’une émission bien construite, intelligente (et intelligible), loin de rebuter le “grand public”, répond à ses attentes, à une soif d’apprendre, de découvrir, de se repérer dans un monde où l’excès d’informations tue l’information.

http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/2000ansdhistoire/

Le dessous des quartes

Monday, May 25th, 2009

L’une des séries créées par l’OPL (en 2002) qui rencontre le plus vif succès public est Le dessous des quartes, ou comment découvrir la fabrique de la musique.
Pendant plusieurs années, nous avons confié la présentation de ces séances à des “médiateurs”, comme Jean-Marc Onkelinx ou Claude Ledoux, ou directement aux compositeurs lorsqu’il s’agissait d’oeuvres contemporaines ou en création. Cette manière a eu incontestablement les faveurs d’une partie du public, et j’en connais qui regretteront, la saison prochaine, de ne plus retrouver ces visages devenus familiers.

Mais, dès l’origine, mon modèle a été Leonard Bernstein (et ses fameux “Young people concerts”) : le chef était en même temps le pédagogue (et quel pédagogue !). Pas d’intermédiaire donc, aussi talentueux soit-il, entre celui qui “fabrique” la musique et celui qui la présente.

Il se trouve que les trois directeurs musicaux successifs de l’OPL, Louis Langrée, Pascal Rophé et bientôt François-Xavier Roth, ont largement fait la preuve de leur talent de pédagogue, et c’est donc eux qui oeuvreront en ligne directe dans Le dessous des quartes en 2009/2010.

Deux des “clips” suivants illustrent, à leur manière, ce talent particulier. Quant à la vidéo avec Pascal Rophé et l’OPL… c’est une découverte pour moi aussi : un large extrait du concert filmé le 19 août 2008 dans la magnifique Sala de Sao Paulo, le début de la Symphonie de Franck.



Viva Domingo !

Sunday, May 24th, 2009

J’ai eu l’incroyable opportunité (merci aux responsables du Châtelet !) d’assister à une des représentations de Cyrano de Bergerac de Franco Alfano, ce vendredi à Paris. Depuis des semaines, toutes les places sont vendues, moins en raison de l’oeuvre que de la notoriété de l’interprète principal, Placido Domingo !

Ce n’est pas la première (ni sans doute la dernière !) fois que je voyais l’illustre ténor sur scène. Il y a quelques années, Hugues Gall l’avait invité - pour une soirée très privée - à fêter ses 25 ans de présence à l’Opéra de Paris. Et Domingo avait chanté rien moins que de larges extraits de Samson et Dalila et de la Walkyrie (avec Karita Mattila pour partenaire).

Louis Langrée qui a dirigé Placido Domingo dans Iphigénie en Tauride au Met en décembre 2007 me racontait la personnalité incandescante du ténor madrilène, sur qui les années semblent n’avoir aucune prise (il est né en janvier 1941 !), sa générosité, sa sur-activité phénoménale.

Evidemment, dans un rôle qu’Alagna a ressuscité en 2003 à l’instigation de René Koering à Montpellier, on était impatient de voir ce que le grand Domingo allait donner. Sans doute arrange-t-il parfois la partition, pour être toujours à son aise, mais la voix est toujours puissante, perçante, si la diction française - qui n’a jamais été son fort ! - est parfois hésitante. Dans cet opéra à grand spectacle, qui suit assez fidèlement le texte de Rostand (sauf quand même la fameuse tirade du nez !), Domingo habite son rôle comme personne, et son duo avec Roxane est d’un grand acteur de théâtre. Roxane justement est incarnée par Nathalie Manfrino, qui a le physique et la voix du rôle. Mais quel dommage que, comme tant d’autres chanteurs/euses francophones, sa diction du français soit aussi inégale, voire incompréhensible…


Alfano - Cyrano de Bergerac / Alagna, Manfrino, Rivenq, Ferrari, Troxell, Schaer, Barrard, Rittelmann, Habela, Guidarini, Montpellier Opera

Lire aussi la critique de Renaud Machart dans Le Monde : http://www.lemonde.fr/culture/article/2009/05/21/placido-domingo-recree-cyrano-chef-d-oeuvre-meconnu-de-franco-alfano_1196336_3246.html

L’Almodovar nouveau

Saturday, May 23rd, 2009

L’histoire :

Dans l’obscurité, un homme écrit, vit et aime. Quatorze ans auparavant, il a eu un violent accident de voiture dans l’île de Lanzarote. Dans l’accident, il a non seulement perdu la vue mais aussi Lena, la femme de sa vie.

Cet homme utilise deux noms : Harry Caine, pseudonyme ludique sous lequel il signe ses travaux littéraires, ses récits et scénarios ; et Mateo Blanco, qui est son nom de baptême, sous lequel il vit et signe les films qu’il réalise. Après l’accident, Mateo Blanco n’est plus que son pseudonyme, Harry Caine. Dans la mesure où il ne peut plus faire de films, il s’impose de survivre avec l’idée que Mateo Blanco est mort à Lanzarote aux côtés de sa Lena adorée.

Aujourd’hui, Harry Caine vit grâce aux scénarios qu’il écrit, et avec l’aide de son ancienne et fidèle directrice de production, Judit García, et du fils de Judit, Diego, qui fait office de secrétaire, dactylo et guide d’aveugle.

Depuis qu’il a décidé de vivre et de raconter des histoires, Harry est un aveugle actif et attractif qui a développé tous ses autres sens pour jouir de la vie, sur fond d’ironie et dans une amnésie volontaire. Il a effacé de sa biographie toute trace de son identité d’origine, celle de Mateo Blanco.

Une nuit, Diego a un accident et Harry s’occupe du garçon (sa mère, Judit, se trouve loin de Madrid et ils décident de ne rien lui dire, pour ne pas l’inquiéter). Pendant les premières nuits de sa convalescence, Diego demande à Harry de lui parler de l’époque où il se nommait Mateo Blanco. Après un moment d’étonnement, Harry y consent et raconte à Diego ce qui s’est passé quatorze ans auparavant avec l’intention de le distraire, comme un père dirait un conte à son enfant pour l’endormir.

L’histoire de Mateo, Lena, Judit et Ernesto Martel est une histoire d’amour fou, dominée par la fatalité, la jalousie, l’abus de pouvoir, la trahison et le sentiment de culpabilité. Une histoire émouvante et terrible dont l’image la plus éloquente est la photo de deux amants enlacés déchirée en mille morceaux. (http://www.losabrazosrotos.com/?lang=fr)

Peu importe que Pedro Almodovar emporte demain un prix ou une palme de Cannes pour son dernier film Etreintes brisées (Los abrazos rotos). Si l’on compare - ce que je ne serai pas le premier à faire - une filmographie à une production vinicole, je place ce dernier opus sans discussion parmi les grands crus de son auteur.

Pourtant, les critiques ont déjà relevé que les marques de fabrique du cinéaste sont quasi absentes de ces Etreintes, pas d’allusion autobiographique, peu d’images épicées ou décalées. Au contraire, une exceptionnelle maîtrise du récit, de l’image, des plans (typiquement almodovariens, eux !), la musique émouvante juste ce qu’il faut d’Alberto Iglesias. Et un festival de références cinéphiliques : Almodovar s’est manifestement amusé à payer son tribut aux cinéastes, aux acteurs et actrices qu’il admire: Hitchcock, Fellini, Audrey Hepburn s’invitent. Et on aime.

On sort sans doute moins les mouchoirs que dans les précédents films, mais on n’en admire que plus la maîtrise exceptionnelle à laquelle Almodovar atteint. Notamment dans l’épaisseur qu’il donne à ses personnages, si magniquement servis par Penélope Cruz (bien sûr ! plus belle que jamais) mais aussi Lluis Homar, Blanca Portillo, José Luis Gomez….

Un film à voir évidemment !

Suzanne

Thursday, May 21st, 2009

Il en est de certaines chansons comme de certaines pièces “classiques”: j’ai beau les connaître par coeur, les avoir entendues des centaines de fois, elles provoquent toujours la même fascination, la même étreinte. J’écoutais ce matin en voiture les versions de Joan Baez et… Françoise Hardy (qui l’a gravée en français et en anglais)

Ainsi de Suzanne, écrite par Leonard Cohen en 1966.

C’est d’abord un poème magnifique - et Cohen est un grand poète, avant même d’être un compositeur et un interprète inspiré ! C’est aussi une musique, d’une simplicité lancinante, qui plonge dans un état de douce torpeur, un peu comme certaines pièces de “minimalistes” américains.

Suzanne
Suzanne takes you down to her place near the river
You can hear the boats go by
You can spend the night beside her
And you know that she’s half crazy
But thats why you want to be there
And she feeds you tea and oranges
That come all the way from china
And just when you mean to tell her
That you have no love to give her
Then she gets you on her wavelength
And she lets the river answer
That you’ve always been her lover
And you want to travel with her
And you want to travel blind
And you know that she will trust you
For you’ve touched her perfect body with your mind.

And Jesus was a sailor
When he walked upon the water
And he spent a long time watching
From his lonely wooden tower
And when he knew for certain
Only drowning men could see him
He said all men will be sailors then
Until the sea shall free them
But he himself was broken
Long before the sky would open
Forsaken, almost human
He sank beneath your wisdom like a stone
And you want to travel with him
And you want to travel blind
And you think maybe you’ll trust him
For he’s touched your perfect body with his mind.

Now suzanne takes your hand
And she leads you to the river
She is wearing rags and feathers
From Salvation army counters
And the sun pours down like honey

On our lady of the harbour
And she shows you where to look
Among the garbage and the flowers
There are heroes in the seaweed
There are children in the morning
They are leaning out for love
And they will lean that way forever
While Suzanne holds the mirror
And you want to travel with her
And you want to travel blind
And you know that you can trust her
For she’s touched your perfect body with her mind
.

Cette chanson, en anglais ou en français, a inspiré des dizaines d’interprètes - preuve sans doute de son statut de “classique” ! -. J’en ai retenu quelques-uns ici, qui me touchent particulièrement :