J’ai emprunté à Jacques Drillon le titre de son article dans le dernier numéro du Nouvel Observateur :
http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2328/articles/a403898-.html
Un peu décevant cet article finalement. Certes il “révèle” que les stars de la musique gagnent bien leur vie et demandent des cachets parfois faramineux, il montre l’écart entre les modestes cachets et revenus de l’immense majorité des musiciens professionnels et le train de vie de certains cumulards. Mais notre ami Drillon, qui a pourtant puisé aux meilleures sources, ne pousse pas plus loin la réflexion sur l’économie de la musique classique, ne s’interroge pas sur la pertinence et la pérennité d’un tel système.
Je n’ai pas la prétention de traiter le sujet en un seul billet. Car il y a évidemment beaucoup à dire sur le devenir du métier de musicien, sur l’organisation du modèle économique de la musique.
Nous sommes, à l’orchestre, confrontés chaque jour à un système qui semble oublier, ignorer le monde dans lequel nous vivons. La crise? Le chômage de masse? allons donc, n’ennuyez pas les artistes et surtout leurs agents avec ce genre de considérations. C’est le règne du toujours plus. Du déraisonnable, parfois de l’indécent. Si l’on parvient toujours à s’entendre sur un projet, un objectif artistique, la discussion sur le montant et la nature du cachet s’apparente plus à une discussion de marchands de tapis au bazar de Marrakech. Epuisant, fastidieux, inutile.
Qu’on se rassure, nous nous en tenons, pour notre part, à des limites, celles du bon sens, du raisonnable, compatibles avec nos moyens - ceux que nous octroient les pouvoirs publics, donc les contribuables !, et nous n’avons jamais cédé à la surenchère. Je n’ai pas, pour autant, le sentiment que les chefs, solistes, ensembles que nous invitons soient de second rayon ou de piètre talent. Preuve que, pour les vrais artistes, l’appât du gain n’est pas la motivation première.
Mais je reviendrai sur un sujet qui ne doit pas être tabou : l’argent de la musique.
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