En vacances, on emporte des lectures…de vacances ! Et pas toujours les plus intellectuelles.
Je m’étais laissé dire que les mémoires de Françoise Hardy rompaient heureusement avec le genre de la “bio” de people, complaisamment écrite par un nègre. Le désespoir des singes et autres bagatelles (Ed. J’ai lu) ressortit certes au genre classique de l’autobiographie, mais est souvent plus intéressant que le déroulé anecdotique d’une vie de vedette de la chanson.
Si l’on passe sur les considérations philosophico-mystico-ésotériques de la dame, on découvre un personnage complexe, très longtemps complexé par son éducation, son physique (!!), ses rapports avec ses proches. Le “couple idéal” qu’elle forme aux yeux du grand public, avec Jacques Dutronc, en prend un sacré coup dans l’aile. Et pourtant nulle impudeur, nul règlement de comptes. Une personnalité touchante, qui tranche avec ses contemporains, en s’intéressant à bien d’autres disciplines, bien d’autres arts que le sien (que, comme Gainsbourg, elle considère comme mineur).
Ainsi la jeune Françoise Hardy écoute-t-elle Berio, Xenakis, Boulez - dans les années 60 - elle rencontre Stockhausen et entretiendra avec le compositeur allemand qui la fascine par sa liberté, son audace, son intelligence, une longue et belle amitié.
Et moi j’ai pour Françoise Hardy beaucoup de tendresse. Les plus belles de ses chansons ne sont pas forcément les plus connues, ses disques en anglais par exemple sont de petits bijoux. Et, on ne sait pourquoi, certaines chansons à trois sous, petites romances sans conséquence, ravivent des souvenirs, éveillent une nostalgie. Comme cette Maison où j’ai grandi, adaptation d’un succès d’Adriano Celentano Il ragazzo della via Gluck.
http://www.youtube.com/watch?v=6AXNRi4dtJY
http://www.youtube.com/watch?v=_Jx4_zx1zr8

