On lit ses éditoriaux depuis des temps immémoriaux dans Le Nouvel Observateur, on l’a aperçu il y a quelques mois à Pleyel, on finit par penser qu’il n’a plus d’âge. A 89 ans (!!), Jean Daniel livre ses souvenirs, ou plutôt une galerie de portraits des grands de ce monde qu’il a eu l’honneur d’approcher (avec un peu d’ironie, on devrait écrire ‘”qui ont eu l’honneur de l’approcher” !!).
Le bouquin s’appelle, en toute simplicité : Les Miens (Ed. Grasset).
Si l’on passe sur cette propension au “nous” de majesté qui fait à la fois le charme et le ridicule du personnage que Jean Daniel s’est composé en plus de soixante ans de journalisme, on prend un vrai plaisir à (re)découvrir des personnalités que le XXIème siècle a jetées aux oubliettes. Qui connaît et lit encore Raymond Aron? François Furet? ou même Albert Camus?
Etrangement, les portraits de certains disparus célèbres sont trop consensuels pour être vraiment pertinents (sur des anciens confrères comme Françoise Giroud par exemple).
Demeurent des témoignages pertinents ou émouvants sur les politiques qui ont fait l’Histoire de la France du XXème siècle (Pierre Mendès-France, François Mitterrand, De Gaulle …).
Et une facilité de lecture puisqu’on peut ouvrir le bouquin au hasard, lire les trois ou quatre pages consacrées à un écrivain, un journaliste, un homme politique, le refermer et le reprendre au gré de ses envies.







