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La réforme de l’orthographe

Thursday, September 3rd, 2009

L’ineffable François de Closets, qui a fait fortune avec des bouquins dans l’air du temps en dénonçant un système dont il a largement profité, a trouvé un bon créneau pour refaire parler de lui en cette rentrée: l’orthographe. Dont il a été une victime (!!) - à 75 ans il était temps qu’il nous livre cette confidence émouvante ! -.

On pourra se dispenser d’acheter son opuscule, mais la question qu’il soulève est bien réelle. Je l’ai évoquée moi-même à plusieurs reprises sur ce blog.

Le français est une langue très, trop complexe. Dans les langues européennes, elle partage la première place de la difficulté avec le russe. Mais pas pour les mêmes raisons. Le russe a des règles grammaticales d’une grande sophistication, des usages parfois hermétiques pour le non-natif. Le français souffre de règles orthographiques parfaitement incohérentes, et totalement injustifiées par l’étymologie.

Ainsi, lorsque vous entendez “résonner” une mélodie, vous n’en percevez que la “résonance”. Pour 2 “n” dans le verbe, et un seul dans le substantif ? Alors que vous “raisonnez” correctement, lorsque vous développez votre “raisonnement”.  Vous n’êtes pas un “imbécile” si vous n’écrivez pas correctement “imbécillité” !

Cauchemar de tous les écoliers (et de la plupart de leurs parents !), les règles d’accord  des participes passés.

Pourquoi : ces hommes ont-ils “acheté” des voitures ?  et : les voitures que ces hommes ont “achetées” ?

Dans un sujet diffusé dans un récent journal télévisé (dont FdC était l”invité), on présentait, une fois de plus, une éventuelle réforme de l’orthographe, comme un abandon de l’histoire de la langue française, en caricaturant les tenants d’une simplification. Je cite : “cela aboutirait à écrire le français en langage phonétique, ainsi un “éléphant” deviendrait “éléfan”". Débile évidemment.

Je suis, par goût, par formation, par conviction, non seulement un défenseur (attitude restrictive) mais un promoteur ardent (attitude positive) de la langue française. Et c’est précisément pour qu’elle soit plus facile à apprendre, pour les francophones comme pour les étrangers, que j’appelle de mes voeux la disparition de toutes les règles absurdes, qui n’ont aucun fondement historique ou linguistique, la simplification de certaines règles grammaticales.

Mais surtout pas la disparition de ce qui fait précisément l’originalité, la saveur, la beauté de la langue, ou de ce qui rappelle ses origines latines, grecques ou plus lointaines. Je tiens à ce que l’on continue d’écrire “philharmonique” (et pas “philarmonique” comme je le lis de plus en plus souvent, voire “filarmonic”).