Archive for October, 2009

La bonne presse

Saturday, October 31st, 2009

De qui ces déclarations, auxquelles on souscrit sans réserve ? :

“Une presse libre et pluraliste - libre parce que pluraliste, j’insiste sur cette relation de cause à effet - est essentielle au débat démocratique”

“J’estime inquiétante l’extrême concentration de la presse, qui va de pair avec un balisage sans précédent du débat….Plus grave, les sources mêmes de la presse se raréfient : la presse régionale, qui reste le moteur essentiel de l’opinion de la France profonde (NdA : c’est le cas en Belgique aussi !), ne fait que reprendre les dépêches, voire les articles livrés clés en main par les agences qui elles-mêmes se raréfient.”

“Et qu’on ne me dise pas qu’Internet prend le relais : l’information sérieuse et la rumeur étant mises sur le même plan, la question de la fiabilité des sources reste entière. De même que trop d’impôts tuent l’impôt, trop d’informations tuent l’information”.

D’un grand journaliste, d’un patron de presse, d’un leader politique ?

C’est une des surprises d’un bouquin que j’avais ouvert avec des pincettes, craignant d’y trouver des petits secrets peu ragoûtants, en raison de la réputation sulfureuse de son auteur, Yves Bertrand, patron des Renseignements Généraux français de 1992 à 2004. Le titre accrocheur Je ne sais rien mais je dirai (presque) tout ne laissait pas supposer d’aussi pertinentes réflexions.

Sur la presse, la politique, les mouvements sociaux, l’état de la France. A observer ses contemporains par le petit bout de la lorgnette, M.Bertrand ne s’est pas contenté de consigner dans ses cahiers un “misérable petit tas de secrets”. Il se fait moraliste, un comble sans doute !

La vie de couple

Friday, October 30th, 2009

Il n’y a pas que les stars du cinéma, de la chanson ou du rock à faire les choux gras des magazines “people”, Voici, Gala et autres Closer ou Paris-Match. Il y a quelques mois, c’était le mariage du talentueux Renaud Capuçon avec Laurence Ferrari.

Une authentique histoire d’amour entre Savoyards (la famille Capuçon est de Chambéry, Laurence est la fille de l’ancien député-maire d’Aix-les-Bains).

Mais on apprend au détour d’une interview dans le très sérieux mensuel Classica de novembre, que le couple Alagna-Gheorghiu, c’est fini.

C’est le chanteur lui-même qui évoque des difficultés survenues dans son couple depuis 2005 et une demande de divorce de son épouse.

Pourquoi évoquer cela ici sur mon blog? Parce que, côtoyant depuis longtemps des artistes, plus ou moins célèbres, je suis, parfois contre mon gré, confronté à des situations humaines, intimes, compliquées, douloureuses.. ou heureuses. J’ai déjà écrit ici que, pour rien au monde, je ne voudrais vivre la vie de ces chefs et solistes qui passent l’essentiel de leur existence dans des avions, des chambres d’hôtel (et des salles de concert !), loin des personnes qu’ils aiment, de leurs familles lorsqu’ils en ont. La carrière, pour la plupart de ces musiciens, se fait au détriment de leur vie personnelle et affective.

Souvent, selon l’adage “qui se ressemble, s’assemble”, ces artistes sont en couple avec d’autres artistes. Lorsqu’ils travaillent dans des disciplines différentes, on peut penser qu’ils trouvent une sorte d’équilibre, lorsqu’ils opèrent dans le même champ d’activité, c’est très souvent la source de difficultés, de jalousies, d’une sorte de compétition mal vécue. Ou - j’en ai quelques exemples - pour préserver le lien du couple, certains, en l’occurrence certaines, renoncent à leur carrière pour suivre leur illustre conjoint.

Je ne souris pas quand j’apprends qu’un tel divorce, que telle autre déprime, ou qu’on angoisse de ne pas voir grandir ses enfants. Je compatis.

Le guide Penguin

Thursday, October 29th, 2009

Le mélomane, le discophile, ont toujours eu besoin de guides pour se repérer dans l’univers de plus en plus vaste de la musique enregistrée. Il y eut, jusque dans les années 1990, d’excellentes publications françaises, chez Fayard ou dans la collection “Bouquins” de Laffont, notamment un Guide de la musique baroque dû à une équipe de journalistes spécialisés pilotée par Ivan Alexandre. Epuisés, disparus, ces guides, à part les exemplaires en consultation (ou les lambeaux qui restent !) dans les rayons des FNAC et autres VIRGIN.

Mais, résistant à toutes les crises, demeurent les pavés édités chaque année, en Grande Bretagne, par GRAMOPHONE d’une part, PENGUIN d’autre part.

Le premier est une compilation ordonnée des critiques parues dans le prestigieux mensuel britannique, et n’est ni très objectif ni très complet (et pourtant on sait l’admiration que j’ai pour ce magazine).

Le second a, depuis longtemps, mes faveurs, car il est, comme il est écrit sur la couverture “the best, the biggest and the most comprehensive”. Et je n’ai pas eu besoin d’aller l’acheter à Londres, puisque je l’ai trouvé à la FNAC de Liège !

Ce “Penguin Guide” 2010 a bénéficié d’une très importante actualisation des références (c’est important dans un marché du disque et du DVD aussi mouvant !). C’est une mine d’informations, et pas seulement pour le mélomane/discophile averti. Les notices (certes en anglais !) sont concises, avec juste ce qu’il faut de précisions sur les compositeurs, les oeuvres, les interprètes, et ne négligent aucun éditeur, aucun pays (un label comme Naxos est souvent “oublié” par la critique musicale, dans le guide Penguin rien de tel).

Evidemment, on est très heureux de lire page 370 (l’ouvrage en contient 1310, pas précisément un livre de poche !) :

It is good too that the Franck Symphony should be coupled with Chausson Symphony and under Louis Langrée the interpretation of the Franck could hardly be more idiomatic, with subtle nuances of phrasing and variations of tempo consistently reflecting the players’ affection for the music and, helped by well-balanced recording, the playing has splendid dramatic bite”.

A la rubrique Chausson, page 240, le compliment s’amplifie encore :

“Louis Langrée draws a persuasive, totally idiomatic performance from his finely drilled Belgian orchestra, opting for a flowing speed in the central slow movement, marked Très lent (very slow), but never sounding at all rushed. The clarity and immediacy of the sound adds to the impact and, as in the Francks, Chausson’s syncopated rhythms come over most persuasively”.

Pour mémoire, l’enregistrement de ces symphonies est paru en 2005, et est constamment resté présent dans les éditions du Penguin guide et noté 3 étoiles.

Liège créative

Wednesday, October 28th, 2009

Liège est créative ! En doutait-on ? Un colloque organisé à l’initiative de l’Université  et du GRE-Liège (Groupe de redéploiement économique) en a apporté l’éclatante démonstration. On lira avec intérêt l’article de Frédéric Chardon dans La Libre Belgique d’hier (Liège veut faire du marketing )

Bruno Boutsen, dans le même journal, ajoute à ce compte-rendu un volet plus culturel et relate un petit déjeuner de présentation de François-Xavier Roth. Je m’autorise à le reproduire ici :

La culture, facteur essentiel du redéploiement économique liégeois

Bruno Boutsen

Mis en ligne le 27/10/2009

Pour le patron de l’OPL, il ne faut pas sous-estimer son rôle jugé capital.

Le colloque organisé par l’Université et le GRE-Liègei avait pour but principal de montrer le rôle capital joué par les universités dans le développement économique des villes. D’après les experts présents, et au regard notamment de l’expérience gantoise, les villes universitaires semblent posséder un avantage sur les autres et présentent un profil plus créatif.

Mais cette notion de créativité ne se limite pas, loin s’en faut, à la seule capacité scientifique ou technologique mais englobe toute une série d’autres aspects. Parmi ceux-ci, la culture est sans conteste un des facteurs qui contribue à affirmer l’image créative d’une ville et qui permet ainsi d’attirer les investisseurs. C’est en tout cas ce qui a été développé vendredi par diverses personnalités liégeoises, au premier rang desquelles le nouveau directeur des musées communaux, Constantin Chariot, ou Jean-Pierre Rousseau, qui n’est autre que le patron de l’Orchestre philharmonique de Liège (OPL).

L’OPL, “un orchestre pas comme les autres, qui a une vraie identité”, mais aussi “un lieu unique, singulier car situé au carrefour de plusieurs cultures” - dixit son nouveau directeur musical, François-Xavier Roth -. L’OPL, institution culturelle phare de la Cité ardente, c’est aussi une “success story” comme on aimerait en voir plus souvent. En effet, les chiffres parlent d’eux-mêmes puisque, selon ceux transmis par Jean-Pierre Rousseau, qui est à la tête de l’institution musicale depuis déjà dix ans, “le premier semestre 2008 a accueilli autant de spectateurs que toute l’année 2004″.

Il y a un peu plus d’une semaine, ce n’est pas le directeur général de l’OPL mais bien le président de la Chambre française de commerce et d’industrie de Liège-Luxembourg (CFCILL), qui s’adressait à une assemblée variée, composée de diverses personnalités liégeoises qui comptent, lors d’un petit-déjeuner organisé au sein du foyer de la Salle philharmonique. Une des deux activités annuelles organisées par la CFCILL, une ASBL créée en 1895 dont le but premier est de se faire rencontrer les nouveaux arrivants et de les inciter à rester.

Pour Jean-Pierre Rousseau, c’est clair, “même s’il est subsidié par les pouvoirs publics, l’OPL fonctionne bel et bien comme une entreprise”, avec ses 120 employés, ses objectifs - y compris financiers - à remplir et sa stratégie à long terme. À ce sujet, le but du tandem Rousseau-Roth est de faire rayonner l’OPL tant sur le plan local - “le rêve, ce serait que chaque Liégeois ait connu l’OPL” - qu’international. “Nous devons contribuer à ouvrir l’orchestre, il y a une véritable volonté d’aller vers le public qui doit pouvoir s’y retrouver dans ce qui est proposé”. Pour le reste, le patron de l’OPL se dit convaincu du rôle capital qu’a à jouer la culture dans le redéploiement liégeois, elle qui permet de mieux positionner la ville à l’international et qui contribue ainsi à attirer des investisseurs de plus en plus nombreux.


Michael Gielen

Tuesday, October 27th, 2009

Qui connaît Michael Gielen dans la sphère non germanique, à part quelques mélomanes avertis ? Quasi-contemporain de Pierre Boulez (il est né en 1927), ce chef d’orchestre est loin d’avoir la notoriété, la célébrité même, de son collègue français. Visage austère, collier de barbe et lunettes démodées, on le croirait échappé de Blake et Mortimer.

Et pourtant Gielen ne le cède en rien à son illustre aîné. Comme Boulez, c’est un interprète exceptionnel de la musique du XXème siècle, un serviteur éclairé, curieux, passionné de la création contemporaine. Comme Boulez, il tient à la clarté des lignes, à la rigueur rythmique. Son intégrale des symphonies de Mahler est peut-être l’une des plus parfaites de la discographie, et pourtant elle n’est jamais citée dans les “références”. Ses Bruckner ne sont pas moins passionnants.

Bartok, Berg, Zemlinsky, Beethoven (du temps où Gielen était chef à Cincannati) sont à écouter  absolument:

On trouve, en Allemagne surtout, souvent dans les magasins de “seconde main”, la quasi-totalité des enregistrements de Michael Gielen avec son orchestre du Südwestrundfunk (la station de radio publique allemande couvrant les zones de Baden-Baden et Fribourg-en-Brisgau).

A la différence de Boulez, Michael Gielen non seulement ne dédaigne pas Brahms, mais la découverte et l’audition récentes de ses enregistrements des symphonies, ont été un véritable choc pour moi. Quand je me rappelle les séances d’écoute comparée, et les explications de Louis Langrée à l’occasion des deux week-ends Brahms qu’il a dirigés à Liège en 2007 et 2008 - sur la nécessaire clarté des lignes, la souplesse, l’usage du rubato, la fluidité des textures orchestrales - je trouve ici une réalisation parfaite de cet idéal interprétatif. L’austère Monsieur Gielen nous donne à entendre un Brahms sensuel, charnel, puissant sans jamais être lourd. Un bonheur !

Mes chers inconnus

Tuesday, October 27th, 2009

J’ai déjà évoqué plusieurs fois sur ce blog des figures - compositeurs, interprètes - oubliées, méconnues ou à (re)découvrir. Sous cette nouvelle rubrique, je poursuis désormais une galerie de portraits de mes “chers inconnus”. Des artistes qui me touchent, m’émeuvent, me surprennent, et qui, pour la plupart, ne sont pas ou n’ont pas été sous le feu des projecteurs.

Cinéma

Monday, October 26th, 2009

Dans un agenda chargé, pas toujours facile de s’échapper vers d’autres spectacles ou sorties que le concert ! J’adore le cinéma, mais pour certains films, il faut une disponibilité d’esprit et du temps que je n’ai pas toujours. J’irai voir Le ruban blanc de Michael Haneke, mais les 2h30 du film repoussent l’échéance.

Je me suis donc rabattu sur deux titres qui avaient, pour des raisons différentes, retenu mon attention : Julie et Julia de Nora Ephron, avec la pétulante Meryl Streep, et Humpday de Lynn Shelton. Programmés l’un et l’autre dans les salles de la Sauvenière et du Churchill à Liège (www.grignoux.be)

Le premier relate deux histoires vraies… qui ne sont connues que des seuls téléspectateurs américains. J’avais entendu parler, pendant mon séjour estival aux Etats-Unis, de “l’événement” que constituait cette sorte de biopic de la grande cuisinière Julia Child. Ultra-célèbre aux USA, Julia Child a inspiré un ouvrage à l’écrivain Julie Powell : Julie and Julia: 365 Days, 524 Recipes, 1 Tiny Apartment Kitchen. Ce livre, vendu à plusieurs milliers d’exemplaires raconte comment une jeune secrétaire malheureuse dans son travail et son existence tente de redonner un peu de vie à son mariage en cuisinant pour son couple pas moins de 524 recettes issues de la bible de Julia Child, Mastering The Art of French Cooking

Meryl Streep est impayable comme d’habitude, Amy Adams survoltée à souhait. Tous les clichés y passent : ah le Paris des années 50 que visite la célèbre cuisinière ! Beau comme une carte postale. Est-ce un film pour autant?

Quant au second, n’est pas Lars von Trier qui veut. Caméra sur l’épaule, plans rapprochés, cadrages glauques, passe encore. Mais des comédiens qu’on a laissés, semble-t-il, improviser jusqu’à leur texte, un sujet qui avait de quoi amuser (deux amis hétéros qui ne se sont plus vus depuis longtemps décident, au cours d’une soirée baba cool, bien arrosée et enfumée, de faire une “performance artistique” en couchant ensemble… ce qu’ils ne feront pas finalement!), et un film atrocement bavard, longuet et creux ! On se force à sourire…

Ratage

Sunday, October 25th, 2009

Encore un billet qui ne va pas me faire que des amis, mais pourquoi devrais-je m’interdire d’exprimer ma déception à propos d’un “spectacle” dont j’attendais beaucoup ?

L’OPL coproduit, depuis de nombreuses années, avec les Jeunesses Musicales, une série judicieusement intitulée “L’orchestre à la portée des enfants”. Le succès de la formule ne se dément pas (http://www.jeunessesmusicales-bxl.be/Activitesttpublic/Concerts/concerts.html).

On ouvrait cette nouvelle saison avec un chef-d’oeuvre, le Casse-Noisette de Tchaikovski. Y a-t-il un ballet, une histoire qui parlent mieux aux yeux et aux oreilles des enfants que celui-là ? Magie, féerie, les bons et les méchants, une touche d’exotisme et de rêve, tout y est. Et une musique admirable, d’un bout à l’autre.

Hier à Bruxelles, vendredi à Liège, les musiciens de l’OPL, et leur chef Jean-Pierre Haeck, ont été à la hauteur de cette partition, parsemée de difficultés, sous des dehors “faciles”.

Mais les nombreux enfants (et leurs parents ou grands-parents) présents ont-ils compris quelque chose au “spectacle” qu’on leur a infligé ? Partisan sans doute de l’adage “Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué?”, le metteur en scène choisi par les Jeunesses musicales, s’est cru autorisé et donc obligé de réécrire complètement l’histoire dont Petipa s’est inspiré (un conte d’E.T.A.Hoffmann “Casse-noisette et le roi des souris” adapté par Alexandre Dumas). Certes, une vague trame subsiste, prétexte à digressions et proclamations politico-psychologiques qui sont à mille lieues de la “Phantasie”, du fantastique qui irriguent tout le ballet. A quoi s’ajoutaient un “jeu”, une déclamation,  datés, académiques, de la part de la comédienne pressentie.

Est-ce donc si difficile de

1. respecter le texte (et la musique !) qu’on vous confie

2. s’adresser à des enfants, à leur imaginaire, à leur spontanéité ?

J’ai eu, vendredi après la séance à laquelle j’ai assisté, le sentiment d’un ratage. Le sentiment aussi que, malgré une réunion de “cadrage” entre les co-producteurs, le chef d’orchestre et le “metteur en scène”, ce dernier n’en a fait qu’à sa tête. Une manière de désinvolture envers ceux qui ont lui confié un travail et surtout envers le public qui n’y a pas trouvé son compte.

Pour consoler les enfants, et leurs parents avec, qu’ils regardent l’une ou l’autre de ces versions (j’ai une tendresse particulière pour la version Béjart)

Avalanche

Saturday, October 24th, 2009

Le concerto pour violon de Beethoven est à la mode. La “crise du disque” (!) aidant, on voit surgir coup sur coup une floraison de nouvelles versions. Chaque label la sienne, avec “sa” star montante du violon.

Je n’ai pas eu l’envie ni le courage d’écouter toutes ces versions dues à de jeunes artistes incontestablement doués. Mais les critiques que j’ai lues ici et là, dans les revues spécialisées (Diapason de novembre) ou sur des sites ou blogs (www.resmusica.com ou www.tritrileblog.blog.com) vont toutes, malheureusement, dans le même sens. On dénonce, dans un cas, l’apathie de l’accompagnement orchestral (Nézet-Séguin avec Capuçon, Andris Nelsons avec Steinbacher… et même Paavo Järvi avec Jansen !), un jeu froid, distant, voire “clinique”… ou trop approximatif (Kopatchinskaia).

C’est sans doute injuste, et on ne peut en vouloir aux solistes eux-mêmes. Peut-être aux directeurs artistiques des maisons de disques? J’ai souvent parlé de cette oeuvre avec de grands violonistes: ils la redoutent, à juste titre. Et la plupart attendent longtemps avant de l’enregistrer, Mullova, Repin, Vengerov…

J’ai réécouté récemment la version de Nathan Milstein (qui vient d’être rééditée dans un précieux coffret EMI). La force de l’évidence !

Naïf ?

Friday, October 23rd, 2009

Je répondais hier à un journaliste qui me demandait quel était mon principal défaut… qu’il n’y en avait pas qu’un, et que ce qui est qualité un jour peut être perçu comme un défaut le lendemain. Défaut ou pas, je crois que je mourrai en état d’indignation, de révolte même.  Quitte à parler (ou écrire sur un blog !) trop vite…

Ainsi le phénomène de meute médiatique me hérisse, quel qu’en soit le sujet ou l”objet. Tout le monde - vraiment le monde entier - est tombé sur un garçon qui n’a que le tort d’être le fils de son père. Et, observant tout cela, mon premier réflexe, viscéral, est de prendre sa défense (oui, je sais, le mot est connoté !!). De ne pas participer à l’hallali général, à la moquerie, à la caricature.

Naïf? Si garder le sens de la mesure, du respect de la personne humaine, de toute personne humaine, fût-elle président de la république ou fils de président, ne jamais se satisfaire du degré zero du débat politique, c’est être naïf, alors je revendique ma naïveté.

Et puisqu’on parle du rapport père-fils, à propos de Nicolas et de Jean S., un souvenir et un constat.

Le souvenir, mon père. Il était professeur d’anglais, et j’ai un temps été élève dans le lycée où il enseignait. Lui disant un jour pis que pendre d’un camarade de classe, “gosse de riche”, odieux avec tout le monde, cherchant la bagarre à tout propos, mon père, qui avait eu ce garçon dans sa classe, me conseilla de ne pas m’arrêter aux apparences, d’essayer de voir ce qu’il y avait de bien chez ce garçon et de ne pas l’enfermer dans ce rôle de teigne insupportable. Même si je n’en pensais pas moins, j’écoutai mon père et bien m’en prit. J’ai, depuis lors, et singulièrement depuis le décès prématuré de mon père, toujours médité cette “leçon”. Ne jamais s’arrêter aux apparences, rechercher inlassablement la part d’humanité chez tous ceux dont on croise le chemin.

Un constat, celui que faisait Xavier P. sur son blog il y a quelques jours : “Je les aime plus que tout. Mes deux fils. Ils se sentent parfois abandonnés. C’est bien qu’ils puissent me le dire. Si je dois me battre demain, ce sera pour eux. Et rien ne sera jamais plus important qu’eux”. J’aurais pu signer cette phrase.