Encore un billet qui ne va pas me faire que des amis, mais pourquoi devrais-je m’interdire d’exprimer ma déception à propos d’un “spectacle” dont j’attendais beaucoup ?
L’OPL coproduit, depuis de nombreuses années, avec les Jeunesses Musicales, une série judicieusement intitulée “L’orchestre à la portée des enfants”. Le succès de la formule ne se dément pas (http://www.jeunessesmusicales-bxl.be/Activitesttpublic/Concerts/concerts.html).
On ouvrait cette nouvelle saison avec un chef-d’oeuvre, le Casse-Noisette de Tchaikovski. Y a-t-il un ballet, une histoire qui parlent mieux aux yeux et aux oreilles des enfants que celui-là ? Magie, féerie, les bons et les méchants, une touche d’exotisme et de rêve, tout y est. Et une musique admirable, d’un bout à l’autre.
Hier à Bruxelles, vendredi à Liège, les musiciens de l’OPL, et leur chef Jean-Pierre Haeck, ont été à la hauteur de cette partition, parsemée de difficultés, sous des dehors “faciles”.
Mais les nombreux enfants (et leurs parents ou grands-parents) présents ont-ils compris quelque chose au “spectacle” qu’on leur a infligé ? Partisan sans doute de l’adage “Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué?”, le metteur en scène choisi par les Jeunesses musicales, s’est cru autorisé et donc obligé de réécrire complètement l’histoire dont Petipa s’est inspiré (un conte d’E.T.A.Hoffmann “Casse-noisette et le roi des souris” adapté par Alexandre Dumas). Certes, une vague trame subsiste, prétexte à digressions et proclamations politico-psychologiques qui sont à mille lieues de la “Phantasie”, du fantastique qui irriguent tout le ballet. A quoi s’ajoutaient un “jeu”, une déclamation, datés, académiques, de la part de la comédienne pressentie.
Est-ce donc si difficile de
1. respecter le texte (et la musique !) qu’on vous confie
2. s’adresser à des enfants, à leur imaginaire, à leur spontanéité ?
J’ai eu, vendredi après la séance à laquelle j’ai assisté, le sentiment d’un ratage. Le sentiment aussi que, malgré une réunion de “cadrage” entre les co-producteurs, le chef d’orchestre et le “metteur en scène”, ce dernier n’en a fait qu’à sa tête. Une manière de désinvolture envers ceux qui ont lui confié un travail et surtout envers le public qui n’y a pas trouvé son compte.
Pour consoler les enfants, et leurs parents avec, qu’ils regardent l’une ou l’autre de ces versions (j’ai une tendresse particulière pour la version Béjart)


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Je n’ai pas assisté à ces “représentatons”, mais je comprends bien votre sentiment. Le problème majeur de la musique représentée se trouve malheureusement trop souvent dans la mise en scène inadaptée au public ou à l’oeuvre elle-même.
Le débat fait rage à l’opéra. Je suis un partisan de la “modernisation” des mises en scène, mais à la seule condition qu’elle s’applique à l’oeuvre de manière efficace. Ce qui se passe trop souvent aujourd’hui, c’est que des metteurs en scène détournent au profit de je ne sais quelle idéologie une oeuvre musicale. Ils en arrivent trop souvent, pour se mettre eux-mêmes en valeur, à ignorer la musique et son argument. Cette dérive est regrettable pour tous les publics et font penser que les “stars” du spectacle, ce sont eux et plus l’oeuvre. Ce narcissisme est vraiment regrettable car on passe à côté du vrai sens d’une oeuvre.
Celle-ci a certes un propos qui peut être politique, social, philosophique ou spirituel, mais on ne peut pas le détourner n’importe comment. C’est une forme de terrorisme culturel. Je n’ai pas peur du mot! Les oeuvres ont tant à nous dire… que dans de nombreux cas, les mises en scène nous occultent le vrai message du compositeur. Il serait temps que tout ce petit monde revienne à la raison et cesse de faire n’importe quoi!
Bonjour,
Ca c’est du franc-parler ! J’assiste régulièrement à ces séances avec une petite fille de 10 ans. Bien que n’ayant pas vu la séance en question, je dois avouer que nous n’avons jamais retrouvé l’enthousiasme et le plaisir du concert consacré aux ‘forains’ avec la participation de l’école du cirque de Bruxelles. Il y a une irrégularité certaine dans la qualité de la narration et de la mise en scène d’une séance à l’autre. D’autre part, il y a, je trouve, très peu de pédagogie et encore moins d’interactivité (il me semble pourtant me souvenir que vous annonciez des changements à ce sujet lors de la présentation du programme 2010… ?)
Bien sûr, la critique est aisée mais l’art est difficile…c’est toujours un très bon moyen de mettre dans les oreilles de nos petits une offre musicale différente et de qualité.
Des suggestions alors, ou des pistes? Quelques unes en vrac :
1) comme il n’y a que 3 ou 4 séances sur l’année, pourquoi vouloir absolumment changer de ton et de formule d’une séance à l’autre? Pourquoi ne pas trouver une formule avec une équipe d’animation extraordinaire que l’on retrouverait tout au long de l’année? Les enfants adorent les séries !
2) sans en faire du Jacques Martin, un peu plus d’interactivité soulèverait les foules d’enfants, j’en suis sûr !
3) un peu plus de pédagogie peut-être ?
4) il y a des formules musicales alternatives qui ont de manière naturelle le don d’exciter la curiosité des enfants. Je pense par exemple à Héliotrope.
bon, pour mon premier commentaire, j’espère ne pas avoir enfoncé trop de portes ouvertes !
Bonne continuation à l’OPL et à toutes les musiques qu’il promeut très bien.
Michel
Oh non, vous n’enfoncez pas des portes ouvertes ! Je suis exactement sur la même longueur d’ondes que vous, et vos suggestions sont l’évidence même. Mais nos amis et partenaires des Jeunesses musicales sont parfois difficiles à convaincre. Votre témoignage - comme beaucoup d’autres à l’issue du dernier “spectacle” autour de Casse-Noisette - va, je l’espère, faire évoluer les mentalités dans le bon sens !
Merci pour vos encouragements !