La bonne presse

De qui ces déclarations, auxquelles on souscrit sans réserve ? :

“Une presse libre et pluraliste - libre parce que pluraliste, j’insiste sur cette relation de cause à effet - est essentielle au débat démocratique”

“J’estime inquiétante l’extrême concentration de la presse, qui va de pair avec un balisage sans précédent du débat….Plus grave, les sources mêmes de la presse se raréfient : la presse régionale, qui reste le moteur essentiel de l’opinion de la France profonde (NdA : c’est le cas en Belgique aussi !), ne fait que reprendre les dépêches, voire les articles livrés clés en main par les agences qui elles-mêmes se raréfient.”

“Et qu’on ne me dise pas qu’Internet prend le relais : l’information sérieuse et la rumeur étant mises sur le même plan, la question de la fiabilité des sources reste entière. De même que trop d’impôts tuent l’impôt, trop d’informations tuent l’information”.

D’un grand journaliste, d’un patron de presse, d’un leader politique ?

C’est une des surprises d’un bouquin que j’avais ouvert avec des pincettes, craignant d’y trouver des petits secrets peu ragoûtants, en raison de la réputation sulfureuse de son auteur, Yves Bertrand, patron des Renseignements Généraux français de 1992 à 2004. Le titre accrocheur Je ne sais rien mais je dirai (presque) tout ne laissait pas supposer d’aussi pertinentes réflexions.

Sur la presse, la politique, les mouvements sociaux, l’état de la France. A observer ses contemporains par le petit bout de la lorgnette, M.Bertrand ne s’est pas contenté de consigner dans ses cahiers un “misérable petit tas de secrets”. Il se fait moraliste, un comble sans doute !

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