L’eczéma est, on le sait, une rougeur cutanée sans gravité, accompagnée de démangeaisons irritantes. L’eczéma auditif n’existe pas, mais c’est pourtant une sensation de ce type que j’éprouve à l’écoute de certaines voix masculines dites de “contre-ténor” ou de “haute contre” (l’ignare que je suis n’a jamais fait ni compris la différence !).
Lisant l’éditorial de Sylvain Fort sur www.forumopera.com ( Castrats casse-burnes ), je me suis rassuré en pensant que je n’étais pas seul à partager cette aversion.
Il faudrait sans doute appeler le bon Docteur Freud à la rescousse pour expliquer pourquoi on est si mal à l’aise face à des artistes, qui ne manquent certes pas de talent, comme les très adulés Philippe Jaroussky, David Daniels ou Andreas Scholl. Etrangement, les vieilleries d’un Alfred Deller ou l’ambiguïté assumée des Henri Ledroit ou Gérard Lesne me sont plus supportables…
Dans des répertoires identiques, je préfère toujours une voix grave de femme, un timbre plus corsé, une virtuosité moins artificielle.
Je me rappelle, il y a bien longtemps à Ambronay, une émission en public de la Radio suisse romande animée par François Hudry (Disques en Lice) sur le Stabat mater de Vivaldi. Assis à ma gauche, Gérard Lesne. Ecoutant - comme toujours dans cette émission de critique comparative de disques - des versions “anonymes”, Gérard Lesne et moi nous demandions, à propos de l’une d’elles, si c’était une voix de femme ou d’homme ! C’est dire si l’ambiguïté était totale, puisque même un expert ne s’y retrouvait pas… Il s’agissait de Nathalie Stutzmann.

Il y a quelques mois, Virgin publiait un disque d’airs de Rossini chanté par Max-Emanuel Cencic, qui a reçu plutôt de bonnes critiques.

Je n’ai pas supporté plus de dix minutes, même si la virtuosité du monsieur n’est pas en cause !
J’ai remis dans mon lecteur de CD deux incontournables dans ce répertoire, Marilyn Horne qu’on ne présente plus et Ewa Podles qui n’a pas la notoriété qu’elle mériterait.


On l’aura compris, entre les deux récentes parutions d’airs oubliés jadis chantés par des castrats :

mon choix a été vite fait, même si tout ce que Bartoli chante est loin de susciter plus qu’un intérêt poli.
















