Berlioz et Colin Davis

Je dois avouer que j’étais très excité, jeudi soir, à la perspective de voir et d’entendre en “live” un chef d’orchestre que j’admire depuis très longtemps, Colin Davis. Surtout dans un programme tout Berlioz, un compositeur qui lui doit une véritable résurrection au disque. L’intégrale Philips est restée justement fameuse et, pour bien des pièces, insurpassée.

C’est grâce à ces enregistrements que j’ai, pour ma part, découvert l’essentiel de l’oeuvre de Berlioz, hors Symphonie fantastique. Par exemple ses ouvertures, qu’on ne joue quasiment jamais au concert (à l’exception du Carnaval romain ou du Corsaire). Jeudi soir, à l’Opéra Comique, Colin Davis avait choisi une oeuvre de jeunesse, pleine d’une fougue irrésistible - et qui met à rude épreuve tous les pupitres de l’orchestre ! - Waverley, d’après Walter Scott.

Puis le sublime cycle de mélodies Les nuits d’été, sur des poèmes de Théophile Gautier, et enfin Harold en Italie, cette symphonie avec alto principal écrite par Berlioz pour Paganini.

Simon Corley a publié une critique de ce concert, que je pourrais mot pour mot reprendre à mon compte :

Simon Corley dans ConcertoNet.com

Déception ? Non, pas vraiment. Je garde mon admiration intacte pour Sir Colin. En revanche, je trouve une fois de plus dommage qu’une chanteuse francophone se montre aussi peu concernée par le texte qu’elle chante. Quand je me rappelle Susan Graham dans ces mêmes Nuits d’été, en tournée avec l’OPL en Amérique du Sud en août 2008, la perfection de sa diction française et de sa déclamation - alors que  la dame, Texane de naissance, ne parle quasiment pas un mot de français dans la conversation courante -, je m’interroge sur l’enseignement du chant en France, à des Français par des Français !

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