Je suis en train de terminer un livre qui fait froid dans le dos, après avoir vu un débat télévisé sur le sujet : Gardés à vue, de Matthieu Aron, rédacteur en chef à France Info. 900.000 gardés à vue par an en France !

Je me dis que j’ai de la chance d’avoir jusqu’à ce jour échappé à ce traitement…Alors que - mes proches le savent - je ne suis pas spécialement aimable, sans jamais être impoli bien sûr, avec les représentants de la maréchaussée qui ont parfois la bien étrange idée de m’interpeller au volant de ma voiture !
Matthieu Aron n’est pas franchement un révolutionnaire, c’est un spécialiste des affaires de justice reconnu et compétent. Son propos n’en a que plus de force. En gros, n’importe qui, en France (dans le débat auquel je faisais allusion, on a dit qu’il en était de même en Belgique ! à vérifier), peut être placé en garde à vue pour n’importe quoi. La loi pénale française, révisée en 2002, ne prévoit aucune échelle de gravité des faits susceptibles de vous faire passer 24 h au poste, les délais étant extensibles pour des crimes ou des actes de terrorisme.
Aron ne fait pas une thèse sur le sujet, il raconte des dizaines d’anecdotes recueillies auprès de citoyens ordinaires, de tous âges et de toutes conditions. Traités comme des criminels en puissance, menottés, humiliés (mis à nu, fouillés au corps), enfermés dans des réduits répugnants de saleté… pour être finalement “relâchés” sans explication ni excuses.
On croit toujours que ce genre de choses n’existe que dans les dictatures ou les pays en guerre, chez les autres en tous cas. On n’est pas très fier d’être citoyen de la patrie des Droits de l’Homme et des Libertés, quand on lit cela.
Il faut certes soutenir la police et la gendarmerie lorsqu’elles traquent les criminels, les conducteurs dangereux, les auteurs de violences, etc. Ils font souvent un “sale boulot”dans des conditions difficles.
Mais la privation arbitraire de liberté, ne serait-ce que pour 24 h, n’est ni admissible ni efficace dans 90% des cas cités par Matthieu Aron.
On n’est jamais assez exigeant lorsqu’il s’agit de défendre le bien le plus précieux de nos démocraties : la liberté.
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