Liège a vécu hier ce que des milliers d’Irakiens, d’Afghans, de Palestiniens, d’Israéliens et bien d’autres endurent régulièrement dans une indifférence quasi-générale. C’est si loin de nous, ces pays en guerre…
Comme en Suède l’an dernier, aux Etats-Unis (revoir le film Elephant de Gus van Sant), ou hier même à Florence, un tueur s’en est pris à la foule, nombreuse à la mi-journée, sur cette place Saint-Lambert, en plein coeur de Liège. Avec l’idée de massacrer, d’atteindre le plus grand nombre de gens.

Stupeur, horreur, consternation, les mots sont toujours les mêmes et ne disent pourtant pas la douleur et la colère qu’on éprouve.
Colère parce que l’auteur, condamné en 2008 à 58 mois de prison (ce qui fait, si je compte bien, près de 5 ans!) pour des faits graves notamment de détention d’armes, bénéficiait, depuis octobre 2010, d’une liberté conditionnelle. Avec un passé judiciaire extrêmement lourd. Il faudra tout de même bien qu’on nous explique qui a décidé – et sur quelles bases? – de le remettre en liberté moins de deux ans après sa condamnation.
Douleur et solidarité envers ces familles endeuillées, ces enfants, ces jeunes fauchés en plein vol, et ces dizaines de blessés qui subiront longtemps les séquelles de ce massacre.
Ce tragique événement m’a aussi révélé la puissance et la rapidité de l’information en temps réel, l’affection aussi de mes proches et d’amis parfois lointains. J’étais en effet en train de déjeuner avec le patron d’un label de disques, partenaire régulier de l’OPRL, loin du centre ville, lorsque j’ai commencé à recevoir des SMS puis des messages sur mon répondeur téléphonique, dont je ne comprenais pas le sens. Puis un message général du directeur de la production de l’Orchestre indiquant que, par mesure de sûreté, la Salle Philharmonique avait été fermée. C’est M.V. qui m’a relaté ce qui était en train de se passer, et on craignait alors qu’il y eût plusieurs tireurs disséminés dans le centre ville. J’ai dû à mon tour écrire sur Facebook que j’allais bien et que personne à l’orchestre n’avait été touché. Puissance des réseaux sociaux !