Un blog est un journal, plus ou moins intime. Qu’on évoque un sujet, une tranche de vie, une idée, on révèle toujours un peu de soi-même.
Je parlais, dimanche dernier, avec une dame que je vois très souvent aux concerts de l’OPL, nous sommes rejoints par une amie aussi chère qu’exubérante… qui lui fait l’apologie de mon blog en des termes excessifs. J’en étais gêné. L’interpellée s’étonne : “Vous publiez un blog, me dit-elle, mais c’est étonnant venant de quelqu’un qui nous semble si réservé”…
L’adjectif était lâché : réservé. Hautain, froid, distant, indifférent, de quels qualificatifs ne m’a-t-on pas taxé depuis toujours ! Si je réponds que je suis timide, je fais immanquablement rire ou sourire, “vous si à l’aise pour prendre la parole en public, serrer les mains etc…” .
Une chose est d’assumer les charges de son métier et d’essayer de le faire bien. Une autre est d’être ce qu’on est profondément et qu’on réserve aux intimes.
Cela doit s’appeler la pudeur. Un mot, une notion bien galvaudés à notre époque d’étalage des sentiments, de voyeurisme médiatique, de bling bling généralisé.
La pudeur, ce n’est pas l’indifférence ou l’égoïsme. C’est, en tous cas pour moi, une marque de respect de l’autre, des autres, une volonté de ne pas s’imposer, de ne pas s’immiscer. Et, en retour, une capacité d’écouter, de recevoir, de comprendre l’autre tel qu’il est, et pas tel qu’on voudrait le voir.
Oui, je ne me livre pas facilement, je ne déballe pas mes émotions, “mes amours, mes emmerdes” (pour paraphraser Aznavour) sur la place publique. Quand on me parle, pour me dire souvent des choses très intimes, très personnelles, je ne répète pas, je ne commente pas, je n’étale pas. Peut-être est-ce pour cela que j’ai souvent été pris pour confident (confidence = confiance) ?
Je reconnais que cette réserve, cette distance, peuvent être intimidantes, et constituer un obstacle à la communication, à l’échange avec autrui. Y compris pour mes proches.
