Certains trouveront étrange que j’évoque la figure du pianiste Aldo Ciccolini dans la rubrique “Chers inconnus”.
Ce nom n’a jamais vraiment disparu des bacs des disquaires et depuis une dizaine d’années, la carrière de ce jeune homme de 84 ans a connu une sorte de revival impressionnant. Napolitain, naturalisé français en 1971, Aldo Ciccolini a enseigné pendant près de vingt ans au Conservatoire de Paris, et a, peut-être, sans doute, négligé de faire parler de lui, la “promo”, la pub qui entourent les stars, ce n’était pas vraiment son truc.
Il a été très vite catalogué “musique française”, son intégrale Satie, des Debussy, ses Saint-Saëns, pour EMI, l’ont désigné comme une référence pour ce répertoire. Mais ses Schubert, ses Liszt, ses Schumann pour le même éditeur? Un pianiste italo-français peut-il vraiment dire quelque chose dans ces répertoires d’élection des pianistes allemands?
Heureusement un petit éditeur suisse a pris le relais de la major britannique. Et Ciccolini a pu enregistrer pour Cascavelle une intégrale - inégale mais très originale - des sonates de Beethoven et surtout des Schumann, Grieg (les Pièces lyriques) et Chopin (les Nocturnes) absolument admirables.

Pour les Nocturnes de Chopin, c’est pour moi la référence moderne.
Dans les disques récents, réalisés à Montpellier à l’initiative de René Koering, on notera une rareté, Pizzetti, et un retour à des sources jamais abandonnées par Ciccolini, les 4e et 5e concertos de Saint-Saëns.

Mais la très bonne nouvelle concernant Ciccolini, c’est la parution, prévue ce lundi, d’un coffret de 56 CD (!!) comprenant la totalité de ses enregistrements pour EMI.

On y trouvera bien des trésors, comme les Variations symphoniques de Franck gravées… à Liège dans les années 1970, avec Paul Strauss et l’OPL, une intégrale des concertos de Saint-Saëns avec Serge Baudo et l’Orchestre de Paris - qui n’a jamais vraiment été égalée - et quantité de compositeurs et d’oeuvres que Ciccolini a contribué à ressusciter, Déodat de Séverac, Massenet, et tant d’autres.


