Semaine faste pour les chefs: Colin Davis jeudi à Paris, Riccardo Muti hier soir à Liège !
C’est à son compatriote, l’actuel directeur de l’Opéra royal de Wallonie, Stefano Mazzonis di Pralafera, qu’on doit l’heureuse initiative d’avoir invité le célèbre maestro italien à donner l’opéra de Donizetti Don Pasquale en version concertante, sur la scène du Forum à Liège, deux jours avant le très attendu concert au Théâtre des Champs-Elysées à Paris.
Serge Martin présente Riccardo Muti
Muti se présentait à Liège avec l’orchestre de jeunes qu’il a formé en Italie (Orchestra giovanile Luigi Boccherini), le choeur associé au théâtre de Piacenza et une distribution de premier plan: Nicola Alaimo, formidable Don Pasquale, à la carrure de Falstaff, Laura Giordano, Norina piquante et séductrice à souhait, Juan Francisco Gatell Abre, ténor léger idéal pour le rôle d’Ernesto, le neveu de Don Pasquale, Mario Cassi en Docteur Malatesta, magnifique baryton déjà entendu en Figaro dans un récent Barbier de Séville à Liège.

On peut ne pas être fan de Donizetti, ni de cet opéra-bouffe, pourtant très bien ficelé. Mais, comme toujours avec Muti, une partition qui pourrait être banale est transcendée par une direction qui en exalte toutes les trouvailles et en masque les faiblesses.
On a toujours comparé Muti et son aîné Abbado dans le grand répertoire lyrique italien. Ils se sont succédé à la direction de la Scala de Milan. Ils ont enregistré le même répertoire. Je dois avouer que j’ai toujours trouvé Muti plus intéressant, plus inspiré, plus authentique chef de théâtre qu’Abbado.
Je donne sur http://bestofclassic.skynetblogs.be/ une liste de mes enregistrements préférés de Muti.
On notera aussi l’intérêt de toujours du grand chef napolitain pour un répertoire italien méconnu, voire oublié, Cherubini, Spontini, Martucci, Rota, Jomelli, etc.
Et, ce qui me frappe le plus chez ce chef que je suis depuis de nombreuses années, c’est sa capacité à transformer, à transfigurer même, le son, la cohésion de n’importe quel orchestre placé sous sa direction. Hôte régulier de l’Orchestre national de France, une formation qui ne brille pas toujours par sa régularité, Muti en obtient toujours des merveilles, de surcroît dans des programmes qui ne sont jamais banals.
L’orchestre symphonique de Chicago et l’Opéra de Rome ont été bien inspirés de le choisir comme directeur musical à partir de 2010. Et les Liégeois n’ont peut-être pas mesuré la chance qu’ils ont eue de recevoir hier un chef de cette classe, de cette envergure, de cette exigence musicale.









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