Posts Tagged ‘disques’

Eczéma

Saturday, November 21st, 2009

L’eczéma est, on le sait, une rougeur cutanée sans gravité, accompagnée de démangeaisons irritantes. L’eczéma auditif n’existe pas, mais c’est pourtant une sensation de ce type que j’éprouve à l’écoute de certaines voix masculines dites de “contre-ténor” ou de “haute contre” (l’ignare que je suis n’a jamais fait ni compris la différence !).

Lisant l’éditorial de Sylvain Fort sur www.forumopera.com ( Castrats casse-burnes ), je me suis rassuré en pensant que je n’étais pas seul à partager cette aversion.

Il faudrait sans doute appeler le bon Docteur Freud à la rescousse pour expliquer pourquoi on est si mal à l’aise face à des artistes, qui ne manquent certes pas de talent, comme les très adulés Philippe Jaroussky, David Daniels ou Andreas Scholl. Etrangement, les vieilleries d’un Alfred Deller ou l’ambiguïté assumée des Henri Ledroit ou Gérard Lesne me sont plus supportables…

Dans des répertoires identiques, je préfère toujours une voix grave de femme, un timbre plus corsé, une virtuosité moins artificielle.

Je me rappelle, il y a bien longtemps à Ambronay, une émission en public de la Radio suisse romande animée par François Hudry (Disques en Lice) sur le Stabat mater de Vivaldi.  Assis à ma gauche, Gérard Lesne. Ecoutant - comme toujours dans cette émission de critique comparative de disques - des versions “anonymes”, Gérard Lesne et moi nous demandions, à propos de l’une d’elles, si c’était une voix de femme ou d’homme ! C’est dire si l’ambiguïté était totale, puisque même un expert ne s’y retrouvait pas… Il s’agissait de Nathalie Stutzmann.

Il y a quelques mois, Virgin publiait un disque d’airs de Rossini chanté par Max-Emanuel Cencic, qui a reçu plutôt de bonnes critiques.

Je n’ai pas supporté plus de dix minutes, même si la virtuosité du monsieur n’est pas en cause !

J’ai remis dans mon lecteur de CD deux incontournables dans ce répertoire, Marilyn Horne qu’on ne présente plus et Ewa Podles qui n’a pas la notoriété qu’elle mériterait.

On l’aura compris, entre les deux récentes parutions d’airs oubliés jadis chantés par des castrats :

mon choix a été vite fait, même si tout ce que Bartoli chante est loin de susciter plus qu’un intérêt poli.

Schumann (suite)

Tuesday, November 17th, 2009

J’indiquais hier que, pour aborder la musique de Schumann, le Quintette pour piano op.44 est sans doute la meilleure des portes d’entrée. D’une variété, d’une richesse, d’un élan irrésistibles. Ce n’est pas pour rien qu’il a souvent été utilisé au cinéma.

Des auditeurs du week-end regrettaient de ne pas avoir trouvé le disque…avec les interprètes réunis autour d’Eric Le Sage. Et pour cause ! Puisque ceux-ci avaient organisé leur séjour à Liège - pendant dix jours - de manière à enregistrer les trios pour piano, le quatuor et le quintette. Ces chefs d’oeuvre seront donc publiés par ALPHA dans quelques mois, complétant ainsi la monumentale édition Schumann/Le Sage (20 CD !).

En attendant cette parution, on pourra se tourner vers quelques versions chères au coeur de tout mélomane.

RCA avait eu la géniale idée de faire se rencontrer le vieux Rubinstein et le tout jeune quatuor américain Guarneri. Il s’ensuivit, au milieu des années 1970, toute une série d’enregistrements de musique de chambre, que je place au sommet de ma discothèque. Ce disque en particulier qui rassemble le Quintette de Schumann et le 2e quatuor avec piano de Dvorak est une pépite.

Dans cette même collection, on trouve une sublime version du 1er quatuor avec piano de Fauré (donné dimanche par l’équipe Le Sage avant le Quintette de Schumann)

Pour Schumann, on ne passera pas à côté des versions “live” qu’a données Martha Argerich, rejointe par quelques talentueux amis. Pour qui cherche la fièvre, le feu, la fougue.

Martha Argerich, Renaud Capuçon etc.. dans le Scherzo du Quintette de SCHUMANN

A l’opposé de cette vision ultra-romantique, on écoutera avec beaucoup d’intérêt le rare enregistrement de Sviastoslav Richter et du quatuor Borodine. Si on osait le cliché, les tourments de l’âme slave prennent ici le pas sur l’essence du romantisme allemand.

Enfin, pour ne pas se cantonner aux prestigieuses versions du passé, un coup de projecteur sur un disque récent, qui met - à juste titre - en parallèle les Quintettes de Schumann et de Brahms.

Edition Boulez

Wednesday, November 4th, 2009

Anticipant sur son 85éme anniversaire (en 2010), SONY Classical fait reparaître la quasi-totalité des enregistrements de Pierre Boulez des années 60 à 80 (avant que le chef français ne devienne un artiste exclusif Deutsche Grammophon !). Dans la plupart des cas, ces enregistrements avec New York, Cleveland ou le Philharmonia, sont préférables, plus sauvages, moins “polis” que les remakes ultérieurs pour le label jaune. La présentation en coffrets de 3 à 5 CD par compositeurs, à prix très “éco”, est une aubaine.

A la différence de précédents “rhabillages”, ces coffrets ne portent pas que sur la musique symphonique. Ainsi le coffret Debussy comprend le remarquable Pelléas et Mélisande enregistré dans les années 1980. De même que le Berg comporte un Wozzeck d’anthologie, ou le Bartok un impressionnant Château de Barbe-Bleue. Raretés dont la réédition est vraiment bienvenue : des pièces chorales de Schoenberg ou des Lieder de Mahler et Wagner (formidables Wesendonck avec la voix chaude d’Yvonne Minton).

Mais reverra-t-on un jour les incunables que sont devenus une 5e symphonie de Beethoven ou des Royal fireworks de Haendel enregistrés à New York ?

Broadway

Thursday, October 22nd, 2009

Je sais que je ne suis pas le seul amateur de musique dite “classique” à admirer et aimer la comédie musicale à la mode Broadway.

Petite précision géographique autant qu’historique :

(La presqu’île de Manhattan vue du ciel)

Broadway est la seule artère qui traverse Manhattan du nord au sud en biais, et qui échappe au plan rectiligne des avenues (qui vont du nord au sud) et des rues (d’est en ouest) dessiné en 1811. On n’a pas osé détruire cet axe historique tracé par les premiers immigrants sur un ancien sentier indien.

Quand on évoque aujourd’hui Broadway et ses innombrables salles de spectacle, on est dans un périmètre restreint à Times Square, au croisement de Broadway et de la 42e rue (cf.mon billet du 15 août 2009).

J’évoque à nouveau Broadway aujourd’hui  pour saluer une publication que je recommande vivement, pour la qualité de son contenu et de ses interprètes… et son prix.

Ce coffret de 13 CD est une malle aux trésors en même qu’un hommage amplement mérité au maître d’oeuvre de tous ces enregistrements, le chef John McGlinn décédé le 14 février 2009 à l’âge de 55 ans. On n’y trouve pas moins que les intégrales de Show boat de Jerome Kern, Anything goes et Kiss me Kate de Cole Porter, Brigadoon de Loewe et Lerner, Annie get your gun d’Irving Berlin, et quantité d’extraits, d’ouvertures, de chansons de Gershwin, Kurt Weil, Kern, etc… dans leurs orchestrations originales.

McGlinn a fait pour Broadway un travail musicologique de même importance qu’un Jean-Christophe Keck pour Offenbach ou Robert Levin pour Mozart ou Beethoven. Cela peut paraître étonnant pour des oeuvres du XXème siècle ! Et pourtant le rythme de production était tel, il fallait fournir, fournir, et le matériel utilisé par les musiciens et chanteurs d’une comédie musicale était souvent mis de côté, voire détruit, sitôt le spectacle terminé.

Très bon point de ce coffret: un CD ROM contenant tous les synopsis, notices et surtout textes des chansons.

Découvertes

Sunday, October 21st, 2007
Pas d’étape dans une ville étrangère sans une visite chez les disquaires du lieu, discophagie oblige ! Constat: en Espagne, comme ailleurs, la part de la musique classique dans les grandes surfaces (FNAC ou Corte Ingles) se réduit, et les magasins indépendants disparaissent.

Mais il y a toujours de bonnes affaires et des découvertes à faire, en particulier dans le domaine de la musique espagnole qui bénéficie d’une active promotion: toute une collection de raretés (Mompou, Ginjoan, Halffter et d’autres moins connus) vendue à moins de 6 euros le CD. J’ai acheté, intrigué, un “Don Giovanni” dû à un dénommé Ramon Carnicer, et donné au festival Mozart de la Corogne en 2006 sous la direction d’Alberto Zedda, grand spécialiste de Rossini. Bonne pioche, ce Don Giovanni, qui cite discrètement Mozart, ressemble à s’y méprendre à un opera seria de Rossini.
Autre acquisition - qui n’est pas une découverte pour moi - une anthologie en 5 CD, très bien arrangée, d’airs et d’extraits de zarzuelas. Etrange que ce genre typiquement espagnol, la zarzuela, n’ait jamais franchi les Pyrénées, alors que bon nombre d’ouvrages ne sont en rien inférieurs à l’opérette française ou viennoise. Et que les plus célèbres chanteurs ibériques (tous, sans exception, de Los Angeles, Caballé, Berganza, Kraus, Domingo, aujourd’hui Villazon) en ont fait la promotion dans le monde entier. Allez messieurs les directeurs d’opéras, un peu d’audace !

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Saturday, August 4th, 2007

Je me rappelle toujours cette question d’une administratrice de l’OPL, lorsque j’étais interrogé par le jury qui devait me recruter: “Ne craignez-vous pas, venant de Paris, de vous enfermer dans un “trou” en venant à Liège?”. A l’époque, je ne connaissais pas Liège, mais je savais déjà que sa situation en Europe était idéale et que si, par hasard, je devais m’ennuyer à Liège (ce qui n’est jamais arrivé!) j’aurais la possibilité, en une heure de voiture ou de train, de me porter à Anvers, Bruxelles, Düsseldorf ou Cologne.

Pour le discophile/phage que je suis, Cologne est La Mecque: s’y trouve ce qui est annoncé comme “le plus grand magasin de disques du monde”. Lorsque “Tower records” existait encore aux Etats-Unis, ce n’était pas vrai, mais aujourd’hui SATURN (pub gratuite!) fait figure - pour combien de temps encore? - de rescapé des fermetures en chaîne des grandes surfaces du disque classique. Je vais donc profiter de ce samedi pour fouiner et faire quelques provisions, que je copierai sur mon Ipod avant de partir en vacances…