Le mélomane, le discophile, ont toujours eu besoin de guides pour se repérer dans l’univers de plus en plus vaste de la musique enregistrée. Il y eut, jusque dans les années 1990, d’excellentes publications françaises, chez Fayard ou dans la collection “Bouquins” de Laffont, notamment un Guide de la musique baroque dû à une équipe de journalistes spécialisés pilotée par Ivan Alexandre. Epuisés, disparus, ces guides, à part les exemplaires en consultation (ou les lambeaux qui restent !) dans les rayons des FNAC et autres VIRGIN.
Mais, résistant à toutes les crises, demeurent les pavés édités chaque année, en Grande Bretagne, par GRAMOPHONE d’une part, PENGUIN d’autre part.


Le premier est une compilation ordonnée des critiques parues dans le prestigieux mensuel britannique, et n’est ni très objectif ni très complet (et pourtant on sait l’admiration que j’ai pour ce magazine).
Le second a, depuis longtemps, mes faveurs, car il est, comme il est écrit sur la couverture “the best, the biggest and the most comprehensive”. Et je n’ai pas eu besoin d’aller l’acheter à Londres, puisque je l’ai trouvé à la FNAC de Liège !
Ce “Penguin Guide” 2010 a bénéficié d’une très importante actualisation des références (c’est important dans un marché du disque et du DVD aussi mouvant !). C’est une mine d’informations, et pas seulement pour le mélomane/discophile averti. Les notices (certes en anglais !) sont concises, avec juste ce qu’il faut de précisions sur les compositeurs, les oeuvres, les interprètes, et ne négligent aucun éditeur, aucun pays (un label comme Naxos est souvent “oublié” par la critique musicale, dans le guide Penguin rien de tel).
Evidemment, on est très heureux de lire page 370 (l’ouvrage en contient 1310, pas précisément un livre de poche !) :
“It is good too that the Franck Symphony should be coupled with Chausson Symphony and under Louis Langrée the interpretation of the Franck could hardly be more idiomatic, with subtle nuances of phrasing and variations of tempo consistently reflecting the players’ affection for the music and, helped by well-balanced recording, the playing has splendid dramatic bite”.
A la rubrique Chausson, page 240, le compliment s’amplifie encore :
“Louis Langrée draws a persuasive, totally idiomatic performance from his finely drilled Belgian orchestra, opting for a flowing speed in the central slow movement, marked Très lent (very slow), but never sounding at all rushed. The clarity and immediacy of the sound adds to the impact and, as in the Francks, Chausson’s syncopated rhythms come over most persuasively”.
Pour mémoire, l’enregistrement de ces symphonies est paru en 2005, et est constamment resté présent dans les éditions du Penguin guide et noté 3 étoiles.
