Posts Tagged ‘musique’

Le guide Penguin

Thursday, October 29th, 2009

Le mélomane, le discophile, ont toujours eu besoin de guides pour se repérer dans l’univers de plus en plus vaste de la musique enregistrée. Il y eut, jusque dans les années 1990, d’excellentes publications françaises, chez Fayard ou dans la collection “Bouquins” de Laffont, notamment un Guide de la musique baroque dû à une équipe de journalistes spécialisés pilotée par Ivan Alexandre. Epuisés, disparus, ces guides, à part les exemplaires en consultation (ou les lambeaux qui restent !) dans les rayons des FNAC et autres VIRGIN.

Mais, résistant à toutes les crises, demeurent les pavés édités chaque année, en Grande Bretagne, par GRAMOPHONE d’une part, PENGUIN d’autre part.

Le premier est une compilation ordonnée des critiques parues dans le prestigieux mensuel britannique, et n’est ni très objectif ni très complet (et pourtant on sait l’admiration que j’ai pour ce magazine).

Le second a, depuis longtemps, mes faveurs, car il est, comme il est écrit sur la couverture “the best, the biggest and the most comprehensive”. Et je n’ai pas eu besoin d’aller l’acheter à Londres, puisque je l’ai trouvé à la FNAC de Liège !

Ce “Penguin Guide” 2010 a bénéficié d’une très importante actualisation des références (c’est important dans un marché du disque et du DVD aussi mouvant !). C’est une mine d’informations, et pas seulement pour le mélomane/discophile averti. Les notices (certes en anglais !) sont concises, avec juste ce qu’il faut de précisions sur les compositeurs, les oeuvres, les interprètes, et ne négligent aucun éditeur, aucun pays (un label comme Naxos est souvent “oublié” par la critique musicale, dans le guide Penguin rien de tel).

Evidemment, on est très heureux de lire page 370 (l’ouvrage en contient 1310, pas précisément un livre de poche !) :

It is good too that the Franck Symphony should be coupled with Chausson Symphony and under Louis Langrée the interpretation of the Franck could hardly be more idiomatic, with subtle nuances of phrasing and variations of tempo consistently reflecting the players’ affection for the music and, helped by well-balanced recording, the playing has splendid dramatic bite”.

A la rubrique Chausson, page 240, le compliment s’amplifie encore :

“Louis Langrée draws a persuasive, totally idiomatic performance from his finely drilled Belgian orchestra, opting for a flowing speed in the central slow movement, marked Très lent (very slow), but never sounding at all rushed. The clarity and immediacy of the sound adds to the impact and, as in the Francks, Chausson’s syncopated rhythms come over most persuasively”.

Pour mémoire, l’enregistrement de ces symphonies est paru en 2005, et est constamment resté présent dans les éditions du Penguin guide et noté 3 étoiles.

Espagne

Saturday, October 13th, 2007
Avant-hier soir, l’OPL donnait à Bruxelles son concert d’avant-tournée. Tournée en Espagne qui commence lundi. A des journalistes qui m’interrogeaient jeudi matin sur l’utilité de telles tournées, qui engagent des moyens considérables, je répondais par une comparaison sportive.

Une équipe aussi prestigieuse soit-elle qui se contenterait de jouer à domicile n’aurait plus le goût du challenge. Si les Français ont gagné contre les All Blacks, n’est-ce pas en partie parce qu’ils jouaient sur un terrain étranger?

Un orchestre qui veut garder, et si possible développer, son niveau d’excellence, doit se confronter à des publics qu’il ne connaît pas, doit les “conquérir”, les convaincre. Les publics espagnols sont avides de musique classique, les salles de concert sont innombrables, les plus grandes formations européennes “tournent” régulièrement en Espagne. Pour l’OPL, malgré les petits soucis d’avant-tournée, les fatigues des voyages, c’est aussi l’occasion pour l’ensemble des artistes qui composent l’orchestre de se dépasser, de faire encore mieux qu’à Liège, d’offrir des moments uniques qui se gravent dans la mémoire collective.

La culture gratuite?

Tuesday, October 9th, 2007

Dans “Le Monde” un article au titre provocateur : “A qui profite la culture gratuite”?; en réalité le journaliste s’intéresse à la gratuité des musées, expérimentée en France au niveau national, et réalisée à Paris dans les musées qui dépendent de la Ville. Si je résume, l’idée d’accès gratuit aux collections permanentes d’un musée est séduisante intellectuellement et politiquement…payante ! Mais elle n’a pas, semble-t-il, modifié la sociologie de ceux qui fréquentent les musées.

La culture gratuite? C’est une questin à laquelle je suis confronté en permanence en tant que responsable culturel, une question-piège à vrai dire, faussement simple, à laquelle on ne peut pas répondre simplement.

Bien sûr, j’entends ceux qui s’étonnent que, les pouvoirs publics nous subsidiant largement, il faille encore payer pour assister à un concert. Les mêmes d’ailleurs ne posent jamais la question de l’accès gratuit aux stades ou aux matches,

Deux poids, deux mesures?

Je ne veux pas développer plus longuement, mais je serais curieux d’avoir ici vos témoignages, vos avis…

Projets

Wednesday, September 26th, 2007

Je viens de passer l’essentiel de ces deux derniers jours à Paris pour évoquer et construire des projets pour et avec l’OPL. Je ne vais évidemment pas les révéler ici; il s’agit de perspectives 2009 ou 2010 ! Donc très proches… lorsqu’il s’agit de montages complexes. C’est l’occasion de mesurer le chemin parcouru depuis bientôt huit ans que j’ai la charge de cet ensemble : aujourd’hui l’OPL n’est plus considéré comme un honorable orchestre de province (qualificatif qui n’est pas forcément flatteur pour le microcosme parisien!), mais comme une grande formation qui compte à l’échelle européenne, une “valeur sûre” notamment dans la “défense et illustration” du répertoire français (au sens large) et contemporain en particulier.

Pas très difficile me répondra-t-on, dès lors que les grandes formations parisiennes ont délaissé ce “créneau” !

Il n’empêche que si le festival MUSICA de Strasbourg a, aussitôt après un premier concert en octobre 2006, immédiatement réinvité l’OPL à faire l’ouverture de son édition 2007 (c’est ce vendredi au Palais des congrès de Strasbourg) et nous redemande en 2008, ce n’est pas un hasard.

L’art de communiquer

Saturday, September 8th, 2007

Je viens de passer une grande partie de la semaine à des entretiens avec des candidats à la fonction de “chargé du développement des publics”, poste nouveau, qui nous a valu plus d’une centaine de candidatures ! Entretiens intéressants avec des personnalités très diverses, mais une fois de plus, j’ai constaté que peu nombreux sont ceux qui sont animés d’une véritable passion, passion de la musique certes, mais passion de communiquer, de partager, de convaincre.

Or on ne convainc pas de nouveaux publics, ni même les mélomanes fidèles, si on n’est pas porteur d’un enthousiasme, d’un désir profond. On ne réussit pas non plus à communiquer, si on ne se met pas à la portée de ceux à qui on s’adresse (c’est pourtant le B-A-BA de la communication !). Exemple d’actualité: ce soir s’ouvrent les Nuits de Septembre, à Liège, avec un programme qui, normalement, doit attirer un large public (Peer Gynt de Grieg, et Pelléas et Mélisande de Sibelius), un formidable jeune chef finlandais, Hannu Lintu, et une chanteuse bien connue à Liège, Céline Scheen. Et pourtant j’ai de bonnes raisons de penser que nous ferons une “petite” salle. La raison? La campagne de presse a été intense, journaux, radios, télé locale ont abondamment “couvert” le sujet, mais la preuve est faite, une fois de plus, qu’on ne vend pas des concepts (les 50 ans du festival, une thématique très vague et qui n’accroche pas l’attention…). 

Recrutement

Thursday, July 26th, 2007

L’orchestre recrute régulièrement, conséquence naturelle de départs en préretraite ou retraite. Toute une batterie de concours est organisée à la rentrée pour plusieurs postes de musiciens, et selon les instruments, ce sont plusieurs dizaines de candidats qui auditionnent devant les jurys. C’est la règle dans tous les orchestres.

Mais on observe un phénomène plus étrange lorsqu’il ne s’agit pas d’emploi de musicien : nous avons fait paraître une offre pour un “chargé du développement des publics”, dont le contenu est très explicite. On ne peut avoir aucun doute sur la nature de l’emploi ni sur les conditions de candidature… si on prend la peine de lire attentivement l’offre en question. Or, sur la quantité - impressionnante - de candidatures reçues à ce jour, près des deux tiers sont hors sujet.

J’entends bien que la perspective de travailler dans une entreprise culturelle peut séduire des personnes qui souhaitent réorienter leur parcours professionnel ou que la seule nécessité de trouver un emploi incite certains à postuler à tout ce qui se présente…Mais il y a, en filigrane, le plus souvent, l’idée que n’importe qui peut travailler dans le secteur culturel, et qu’il suffit d’avoir quelques connaissances de base et un peu de bonne volonté pour “faire l’affaire”.

A l’inverse, je suis rassuré de voir que l’OPL attire - aussi bien pour les concours de musiciens que d’autres postes - des candidats de qualité qui ont une image positive de l’orchestre.

En beauté

Friday, July 13th, 2007

L’OPL achève sa saison en beauté…et dans la discrétion, à l’abri des oreilles du public (son dernier concert public a eu lieu la semaine dernière au festival d’Aulne). Comme quasiment chaque année à la même période, l’orchestre enregistre. L’année dernière, dans une chaleur étouffante, c’étaient la Symphonie concertante de Jongen et la 3eme symphonie avec orgue de Saint-Saens, un enregistrement vraiment magnifique (aujourd’hui disponible partout… je l’ai vérifié !). En cette fin de semaine, Pascal Rophé et Marc Coppey “mettent en boîte” le concerto pour violoncelle de Dutilleux “Tout un monde lointain” et ce qu’on peut aussi qualifier de concerto “Epiphanie” de Caplet. L’entente avec l’équipe de prise de son est parfaite, dans le Caplet parfois malaisé de mise en place, musiciens et soliste sont concentrés au maximum. La directrice artistique de l’enregistement est pour beaucoup dans cette belle atmosphère de travail.

Je veux rappeler ici combien ces personnages de l’ombre sont essentiels pour la réussite d’un enregistrement, et aussi bien Aline Blondiau, ici, que Jean-Marc Laisné pour plusieurs disques récents de l’OPL, sont exemplaires dans leur rapport avec l’orchestre et le chef, puis dans le délicat travail de montage et de réalisation finale du disque.

La semaine prochaine, les musiciens prennent des vacances bien méritées; les miennes attendront le mois d’août.

 

Aimez-vous Brahms?

Wednesday, May 9th, 2007

Enfin les choses sérieuses: le début du festival Brahms de l’OPL, avec Louis Langrée, Vadim Repin, Benedetto Lupo qui remplace Nelson Freire malade et Nicholas Angelich.

Ce soir, séance d’écoute de la 1ere symphonie. Un truc pour spécialistes? pour mélomanes avertis? Sûrement pas. Le but n’est pas de critiquer tel ou tel disque, de classer les interprètes, mais toujours de voir combien une partition peut susciter d’interprétations différentes, parfois radicalement opposées. C’est un truisme de rappeler que la musique n’existe pas, ne vit pas sans interprètes, et donc le rôle des artistes, chef, solistes, orchestre, est considérable.

Pour préparer cette séance, j’ai écouté ou réécouté une quinzaine de versions…J’en proposerai beaucoup moins, mais de très contrastées à l’écoute du public. Louis Langrée, de son côté, a beaucoup étudié l’évolution de l’interprétation depuis l’époque de Brahms. La séance promet d’être passionnante. Et surprenante, puisque nous réservons à l’auditoire une incursion musicale…inattendue.

Ils ont voté

Wednesday, April 25th, 2007

A Liège on connaît déjà les résultats des deux tours, pardon des deux soirées de présentation au public de la nouvelle saison 2007/2008 de l’OPL. Taux de satisfaction en très forte hausse, abstention quasi nulle. Pourquoi jouer les modestes, nous avons tout lieu d’être heureux d’abord de cette nouvelle saison (cf. www.opl.be) et de l’accueil qui lui a été réservé par le public et la presse.

Je suis tout de même toujours surpris que nous soyons les seuls à présenter nos saisons de manière festive et surtout musicale. L’orchestre y participe et joue, et cette fois nous avions réservé quelques surprises: l’accordéoniste du groupe Soledad, le flûtiste à bec Patrick Denecker, Philippe Pierlot avec sa viole de gambe, ou encore Anne Froidebise faisant résonner les superbes orgues de la Salle Philharmonique. De courtes séquences vidéo illustrant les répertoires, les artistes, l’organisation de la saison apportent un “plus” indéniable. Et la rencontre, le dialogue avec le public sont des moments forts.

 

J - 3/4

Friday, April 20th, 2007

Pas de politique aujourd’hui, reste à (bien) voter dimanche… Mais pour l’OPL ce lundi 23 et ce mardi 24 avril sont des dates importantes; c’est, en effet, en quatre temps, que sera dévoilée la prochaine saison: les musiciens, le public (en deux soirées) et la presse . C’est évidemment un événement attendu par tous, en premier lieu par les musiciens. C’est pour toute l’équipe qui a préparé la programmation, puis l’organisation, la communication, d’une saison, un rendez-vous capital avec nos “clients”: habitués ou novices, mélomanes avertis ou “débutants” vont-ils être “accrochés” par le contenu et le contenant 2007/2008?

D’autant qu’à Liège nous avons une petite spécialité, très peu répandue semble-t-il: la présentation de la saison ne se réduit pas à une conférence de presse et à l’envoi d’une brochure à notre “fichier clients”. Elle donne lieu à deux soirées “multimedia”, avec la participation de tout l’orchestre, du directeur musical (qui donneront, cette fois-ci, le finale de la 3e symphonie avec orgue de Saint-Saëns, et le finale de la “Nouveau Monde” de Dvorak), films vidéo, dialogue sur scène avec le public. Et bien sûr, des surprises… que je ne vais pas révéler..

Et ensuite le verdict: si on aime, on s’abonne ou on se réabonne tout de suite et en masse. C’est une élection à un seul tour de scrutin, mais on peut sans grand risque, prédire le résultat: l’OPL est toujours vainqueur !