Je connais une fidèle lectrice de ce blog (ma mère !) qui ne manquera pas d’être surprise à la vue de ce titre.
Séjournant à Turin durant ce week-end de Toussaint, j’ai visité, outre une ville magnifique que je ne connaissais pas, plusieurs lieux historiques auxquels est attachée la dynastie de Savoie, l’une des plus anciennes d’Europe (puisque remontant à Humbert aux Blanches-Mains au XIème siècle !).
Suivant un amical conseil, je me suis rendu à la Basilique de Superga, située en promontoire sur la colline qui domine Turin et le Po. C’est ici que sont inhumés 63 membres de la famille de Savoie.

Mais ce n’est pas ici que repose la dernière Reine d’Italie, Marie-José, décédée en 2001, mais bien à l’Abbaye de Hautecombe en Savoie. En revanche, son souvenir est très présent au Château de Reggia di Venaria, à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de Turin. Palais et jardins ont été magnifiquement restaurés et rouverts au public en 2008. J’y reviendrai, tant la présentation muséographique m’en a semblé exemplaire.
Revoir quelques beaux portraits de Marie-José d’Italie, tante de l’actuel Roi des Belges Albert II, et fille d’Albert Ier et d’Elisabeth (cette fameuse Reine Elisabeth qui a donné son nom au Concours musical non moins fameux !), a réveillé en moi quelques souvenirs.

Dans les années 1980, j’ai eu plusieurs fois l’occasion d’approcher cette femme, demeurée d’une grande beauté et d’une élégance rare malgré l’outrage des ans. Elle demeurait, comme ses enfants, dans les environs de Genève, où elle avait trouvé refuge après l’exil forcé de 1946 (la proclamation de la République en Italie) et sa séparation d’avec Umberto II. Comme sa mère, elle adorait les arts et la musique en particulier. Et avait créé un concours international de composition musicale qui portait son nom. La Radio suisse romande, où je travaillais alors, assurait l’appui logistique et la garantie artistique dudit Concours. Et les oeuvres primées étaient naturellement toujours créées en présence de Marie-José.
Mais il lui arrivait fréquemment d’assister incognito à de nombreux concerts, notamment de jeunes artistes qu’elle admirait et soutenait discrètement. Incognito, il faut le dire vite, tant cette grande dame passait difficilement inaperçue…

