Certains lecteurs de ce blog m’ont gentiment fait le reproche de ne plus aborder les sujets politiques, réflexe de prudence ou désintérêt momentané? Ni l’un ni l’autre, sans doute ne m’inspirent-ils pas beaucoup en ce moment…
La presse hebdomadaire française des semaines passées a fait ses gros titres sur la mi-mandat de Nicolas Sarkozy. A vrai dire, je ne me suis pas précipité sur les éditoriaux ou les articles consacrés à l’événement, pour autant que c’en soit un !

La tonalité générale - même au Point qui n’a pas toujours été défavorable à l’actuel président français ! - est partout la même: Sarkozy plonge dans les sondages, il a perdu la main, l’hyper-président prestidigitateur ne fait plus illusion, etc.
L’analyse la plus complète et la moins polémique, je l’ai trouvée dans un hebdo économique plutôt classé à gauche Challenge ( Le demi-bilan de l\’hyperprésident ).
On ne peut pas se contenter d’imprécations, de slogans ou d’irritations épidermiques quand on doit juger le bilan et l’action de Sarkozy. Ses pires détracteurs se trouvent dans la masse de ceux qui l’ont encensé, adulé sans réserve. Il n’y a pire procureur que celui qui a été déçu. N’ayant pas fait partie de la catégorie des inconditionnels de la première heure - c’est le moins qu’on puisse dire ! - je ne tomberai pas dans le panneau du TSS “tout sauf Sarkozy”.
Bilan économique, bilan politique, bilan social : les réalités et les chiffres parlent d’eux-mêmes. C’est pas la gloire, mais ça aurait pu être pire. Lire les papiers du Point, du Nouvel Obs ou de Challenge.
Ce qui est plus inquiétant, c’est l’absence totale - et malheureusement durable ! - de perspective d’alternative politique. On ne va quand même pas reprocher à Sarkozy d’être plus malin que ses adversaires et de pousser son avantage en usant de toutes les vieilles ficelles du jeu politique (qui avait remis Le Pen dans le jeu pour diviser la droite, dans les années 1980, sinon Mitterrand ?). Mais on n’a pas le souvenir d’avoir jamais assisté à pareille déliquescence de ce qui pourrait, devrait constituer l’opposition, et donc l’alternance.
Le parti socialiste français ? Pulvérisé. Même si les barons locaux ont quelques chances de bien se tenir aux prochaines élections régionales de mars 2010. Un programme? une équipe cohérente, crédible, soudée? un(e) candidat(e) sérieux pour 2012 ?
La mouvance écologiste ? Un résultat flatteur aux dernières européennes, certes, mais quelle perspective politique? Qui pour l’incarner, notamment à la présidentielle de 2012 ?
Bayrou et le MODEM ? Au centre de nulle part…
Quant à la gauche de la gauche, même Arlette Laguiller n’y retrouverait plus ses petits. Entre Besancenot, la nouvelle porte-parole de Lutte Ouvrière, Mélenchon, les sous-tendances des restes du parti communiste, les chevènementistes, et j’en oublie sûrement, on désespère Neuilly et Billancourt tout à la fois.
Attablés en famille hier soir, nous évoquions la prochaine échéance, les élections régionales du printemps 2010, et, pour la première fois depuis longtemps, nous étions les uns et les autres incapables de dire pour qui, pour quoi, nous irions voter, ou même si nous irions voter…




